AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
MAJ
La MAJ de novembre est terminée, vous pouvez retrouver toutes les nouveautés ici  Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1 1885538628
GROUPES DE PRD
On recrute en priorité des CODEURS, ANALYSTES et des JOURNALISTES n'hésitez pas à les rejoindre au plus vite o/
-50%
Le deal à ne pas rater :
-50% sur la Sélection de Jeux PS4 Gamme PlayStation Hits (9,99€)
9.99 € 19.99 €
Voir le deal

Partagez
 

  Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1

Aller en bas 

Qui sera le gagnant de l'épreuve 1?
Participant 1
 Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1 Empty9% Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1 Empty
 9% [ 1 ]
Participant 2
 Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1 Empty18% Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1 Empty
 18% [ 2 ]
Participant 3
 Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1 Empty18% Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1 Empty
 18% [ 2 ]
Participant 4
 Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1 Empty18% Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1 Empty
 18% [ 2 ]
Participant 5
 Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1 Empty0% Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1 Empty
 0% [ 0 ]
Participant 6
 Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1 Empty0% Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1 Empty
 0% [ 0 ]
Participant 7
 Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1 Empty36% Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1 Empty
 36% [ 4 ]
Total des votes : 11
 
Sondage clos

AuteurMessage

Modératrice • Modo Blablatrice • Modo Animatrice
_____________________

Moony
Modératrice • Modo Blablatrice • Modo Animatrice

Date d'arrivée sur PRD : 01/06/2009
Messages postés : 8910
Prénom : Enora
Ton âge : 31
Profession / études : suis au Chomage (Streameuse, dev, gameuse, roi du monde et pouet)
Les logiciel(s) utilisés : Photoshop CC, Sublime text 3, Notepad++, Wamp, IntelliJ, Netbeans, Atom, VS Code, Premiere CC, Audition CC, Illustrator CC...


Mon CV PRDien
Dédicaces:
My role player game characters:

Voir le profil de l'utilisateur
 Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1 Empty
Message(#) Sujet: Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1  Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1 EmptyLun 12 Oct - 19:06

Concours d'écriture 2020

Votes
Bonjour à tous ♥

Comme certains ont pu le voir, pendant les deux dernières semaines, des membres se sont prêtés à la petite expérience du concours d'écriture de PRD. La première épreuve a été bien accueillie par nos participants et j'ai l'honneur de vous présenter leur écrits aujourd'hui.

Je vous remets les contraintes :
Citation :
— type de texte : Un texte de 1500 mots maximum
— thème : Halloween : Vous essayez d'invoquer un démon, mais vous n'avez plus de sel pour le cercle d'invocation alors vous décidez de le remplacer par du sucre. (situation initiale de StalkingAzeroth sur reddit)
— contrainte : Écriture de texte avec une situation initiale

Quelques explications : Votre texte doit prendre en compte la situation initiale, vous devez expliquer comment votre personnage en est arrivé là et surtout ce qu'il se passe après cette situation. Vous pouvez écrire au pronom que vous voulez, mais aussi avec le personnage que vous voulez ainsi que le point de vue que vous voulez.

Vous l’avez compris, le but de cette épreuve est de vous faire travailler l’imagination quand arrive le temps d’écrire avec une situation prédéfinie définie. Nous voulons voir comment vous arriverez à aborder cet exercice, comment vous ferez pour imaginer la suite de ce début d’histoire et de présenter un personnage en peu de mot au final.

Vous avez jusqu'au 24 octobre 2020 pour voter pour le ou les textes qui vous ont plus. Vous avez bien évidemment le droit de voter pour plusieurs textes Smile




PARTICIPANT 1


Plongée dans les placards de ma cuisine, je cherche vainement ce fichu ingrédient qui me fait défaut. Mes pensées s'éparpillent, mais l'une d'elles ne cesse de me percuter comme pour me faire revenir à la raison ''Comment en suis-je arrivée là ?'' La question est bonne, je l'admets. Je pourrais vous raconter toute la réflexion qui m'a amené à prendre certaines décisions, mais finalement, il n'y en a qu'une seule qui compte : j'ai carrément perdu les pédales. Arrivé à l'université, mon oncle m'a dit de me trouver un hobby. Franchement, qui de nos jours à un hobby ? Et pour quoi faire ? J'ai laissé tombé au départ, me disant que tout ça, c'était pour me sociabiliser. Il faut dire que je n'ai rien de sociable. Les gens, c'est cool, mais ça fait du bruit, ça bois, ça pose des questions auxquels t'as pas envie de répondre du genre ''Pourquoi c'est ton oncle qui s'occupe de toi ?'' En quoi ça les regarde franchement ? Entre ça et le fait qu'on trouve des gens réellement bizarre sur les campus, j'ai préféré m'abstenir, jusqu'à lui. Lui, c'est mon prof de mysticisme, un cours optionnel qui m'a donné envie d'aller voir ce que ça donnait. Curiosité maladive que voulez-vous. J'ai fini par apprécier ce cours. J'en suis venu à même l'adorer. Jusqu'à ne plus pouvoir m'en passer. C'était comme l'une de ces drogues qu'on goûte et qui finalement nous rend carrément accro à cause de l'effet qu'elle procure. Enfin bref, je vous raconte ça, mais voilà. Quoi qu'il en soit, j'ai commencé à parlé avec certaines personnes, toutes un peu allumées du bocal je dois bien avoué, mais pour l'asociale que je suis, c'était plus amusant de les écouter.

Et puis, il y a eu ce projet de groupe. Celui où on a tiré nos groupes au sort. Celui où je me suis retrouvé avec tous ces jeunes bizarres -encore plus que ceux avec qui j'ai finis par traîner- Au départ, on était parti pour explorer l'Irlande et ses merveilles. Toutes ces histoires fantastiques et fabuleuses qui vous donnent envie d'y croire. Et l'un d'eux a suggéré un truc : la sorcellerie dans le monde. L'idée était bonne aussi. Après tout, un cours sur le mysticisme, on y trouve bien de la magie. Personnellement la magie, je n'y crois pas réellement, mais d'un autre côté, c'est bien d'étudier les différentes croyances. Après un vote, on est parti sur ça et bien évidemment est venu le moment de mettre en pratique tout ça. Et ils ont choisi quelque chose d'étonnant, je dois bien l'admettre : l'invocation d'un démon. Invoquer un démon... Cela implique de croire en l'enfer me suis-je demandé, mais en allant à la boutique ésotérique et en achetant un bouquin sur le sujet, je me suis rendu compte qu'en fait, les démons ne faisaient pas tant parti de l'enfer, mais qu'ils avaient leur propre monde, dissocier en plusieurs cercles démoniaques. La curieuse en moi a été séduite par l'idée et après avoir trouvé une incantation, je me suis mise à rassembler les ingrédients pour tester ça dans mon appart. Pas que j'imagine pouvoir invoquer un démon, mais quand même. Avec la craie, j'ai dessiné le cercle d'invocation. Ensuite j'ai cherché les bougies pour représenter les différents points cardinaux. Puis, bien évidemment les bols pour les quatre éléments histoire d'alimenter le cercle et l'incantation.

Et quand je suis arrivé à la ressource finale.... Eh bien, figurez-vous que mes placards en étaient vides. C'est pour ça que je cherche frénétiquement comme une idiote. Et bien évidemment, comme il est presque minuit -il paraît que les incantations sont plus fortes à ce moment-là- et bien, je ne peux pas aller en acheter au magasin. Et c'est là, que mon regard tombe sur le sucre. Après tout, sucre ou sel, quelle différence ? Il n'y a aucune contre-indication à changer un élément par un autre non ? Bah, advienne que pourra. Et me voilà, mon cercle de sucre enfin mis en place autour de mon pentacle. Je me place dans le second cercle de sucre censé me protéger au cas où le premier cède ou un truc du genre. Un soupir s'échappe de mes lèvres. Je me sens complètement idiote et pourtant, une poussée d'adrénaline me pousse à continuer. Les lumières sont éteintes, j'allume les bougies dans le sens que le livre me donne, je me pose dans mon cercle et je commence à incanter.

« O vos saeculum daemonium ab alio, apparere sponte in hoc circulo. » (Ô toi, démon d'un autre siècle, apparaît librement dans ce cercle.)

Je m'entaille la main et fait couler quelques gouttes de mon sang sur le cercle. Ce dernier fait quelque chose d'étrange, au lieu de s'étaler, il reste figé, comme si le temps venait de s'arrêter. Sans trop m'en préoccuper, je reprends l'incantation.

« Ex parte mea post te velim concedere. » (Prend ta place à mes côtés et exauce l'un de mes souhaits.)

Un léger frisson descend le long de ma colonne. Un souffle léger vient éteindre les bougies un instant. Mon corps se fige, aux aguets. Mon cœur s'accélère, il aimerait sortir de ma poitrine. L'adrénaline fuse dans mes veines et puis finalement, tout s'arrête. Je reste, quelques minutes, indécise et je ricane de ma propre stupidité. Depuis quand me suis-je mise à croire cela ? Secouant la tête, je me relève pour nettoyer tout ce bordel, quand un rire glacial retentit autour de moi. Effectuant un demi-tour sur moi-même, je regarde dans chaque recoin de la pièce, mais n'y décèle personne. L'angoisse gagne petit à petit mon être. Ce n'est pas possible. Je n'ai pas pu convoquer un démon. Je m'approche à pas de loup de la lumière et lorsque je l'atteins, cette dernière inonde mon salon, me prouvant qu'il n'y a rien. Pourtant, le rire retentit de nouveau et quelque chose me frôle. Je me tourne, tant que bien mal, à droite, à gauche. Mon cœur s'emballe sans que je ne puisse rien faire. J'aimerais appeler, mais le froid me paralyse et chaque cri que je tente de pousser reste coincé dans ma gorge. Mon cerveau tourne à plein régime alors que mon œil capte quelque chose sur ma gauche, mais le temps que je me tourne, tout a disparu. Bordel, c'est quoi ce délire ?

« Sérieusement, c'est pas drôle ! »

Je m'efforce d'élever la voix, mais c'est d'une voix étranglée par la peur que je parle. La sensation de froid me submerge alors rapidement, une main griffue se pose sur mon épaule alors qu'une autre se pose sur ma bouche. Je tente de me débattre, mais rien n'y fait, c'est comme si je n'avais plus assez de force. Un souffle glacial glisse le long de mon cou, et le rire retentit alors de nouveau dans mes oreilles, profond, vibrant d'un pouvoir que je ne possède pas.

« Petite fille, petite fille. On aurait dû te parler de l'importance capitale du sel. Il n'y a que ça, qui nous retient. »

Qui les retient ? Où ça ? La lumière se fait enfin. À l'intérieur du cercle bon sang. C'est pour cela qu'il faut du sel. Je sens alors sa main démoniaque glisser le long de mon corps, m'enlevant toute force sans que je ne puisse rien y faire.

« Désormais, tu m'appartiens. »

Et alors qu'un cri solitaire s'échappe de mes lèvres, mon appartement disparaît devant mes yeux, comme s'il n'avait jamais existé.



PARTICIPANT 2


– Pxtain, Gérard, un p’tit effort ! Qu’est-ce tu fous ? T’es pas fichu de faire une étoile ? C’pas compliqué pourtant !

Il se gratta la tempe et regarda autour de lui un signe de ce qu’il devait faire. Sur les pages de son livre, l’étoile renversée l’appelait au milieu de son cercle d’invocation. Il sentait qu’il n’était pas loin de réussir, qu’il ne restait qu’à dessiner les branches, les pointes, et répéter les quelques mots qui suivaient pour mettre un terme à toute cette histoire. Il pourrait invoquer un démon, envoyer Albert en enfer et tirer un gros trait noir sur la plus grosse erreur de sa vie.

– Ah ! Mais t’es trop cxn, ma parole ! J’y crois pas ! Pas foutu de dessiner, pas foutu de faire les courses, non plus ! Du sel, du gros sel, c’est compliqué ? Bah ! faut croire que oui, puisque Monsieur Gérard est pas fichu d’acheter du sel. Tu vas faire quoi, avec tes trois grains, là ? Tu veux invoquer un démon ou un p’tit doigt ? Allez, t’as plus qu’à remballer et réessayer le mois prochain, hein… t’es vraiment pas doué, mon vieux…

Gérard regarda la liste des ingrédients. Il avait pensé à tout, à tout. Il était persuadé d’avoir acheté du gros sel. Il s’était même procuré des plumes de pigeons, au prix de quelques coups de bec qui lui grattaient les bras. Les queues de rat avaient été plus faciles à trouver, il s’était contenté d’acheter des pièges à souris. Mais le sel… il était sûr d’avoir acheté du sel.

– Fais pas genre, l’abruti. Soit t’es vraiment le plus gros idiot que j’ai rencontré de toute ma vie, soit t’as Alzheimer, mon pauvre. La sénilité qui guette. Fallait s’en douter, hein, t’es plus tout frais, après tout. P’t-être que t’auras pas besoin d’invoquer un démon, suffit d’attendre la fin et pouf ! les enfers s’ouvriront sous tes pieds. Hahaha ! C’est bon, j’déconne, détends-toi, Gérard, y’a pas mort d’homme.

Gérard baissa les yeux sur le sacrifice utilisé pour invoquer le démon. Il grimaça un peu face à la blague de mauvais goût qui força Alfred à se tortiller de rire par terre. Toute cette histoire lui tapait affreusement sur le système. Il rêvait d’en finir une bonne fois pour toutes, mais que pouvait-il faire sans sel ? Il ne tiendrait pas le mois suivant… Il finirait par faire un meurtre.

Il zieuta, à nouveau, le sacrifice au milieu de la pièce.

Il finirait par refaire un meurtre.

Décidé, il referma le grimoire et le posa sur la table, à côté des queues de rat qu’Alfred poussait, de temps en temps, comme pour s’assurer qu’elles ne gigotaient plus. Gérard se détourna du cadavre et du reste du rituel pour rejoindre la cuisine du petit appartement. S’il n’avait pas de sel, il pouvait sûrement remplacer par autre chose. Il ne voulait pas croire que les démons aient attendu l’invention du sel pour pouvoir être invoqués sur Terre ! Il devait y avoir quelque chose !

– Tu vas faire quoi, avec ça ? Invoquer le démon des gâteaux trop bons ? T’as raison, va ! balance de la farine et de la levure, pendant qu’t’y es, l’affreux, qu’on ricane un coup ! P’t-être que tu réussiras à lever un monstre, comme un soufflet dans un four ! Ha ! Bon, ça risque de retomber aussi vite, j’te préviens.

Gérard s’était emparé d’une boîte de sucre glace. Il ne trouva même pas de sucre en poudre, seulement du sucre glace. À croire que les éléments étaient tous réunis contre lui. Si ça, ça fonctionnait… franchement… il voulait bien mourir sur-le-champ. Mais il était trop désespéré pour ne pas tenter le coup.

– T’en fais pas, l’vieux. Je dirai rien à personne. Vas-y, glace donc ton gros gâteau !

La boîte dans une main, le grimoire revenu se poser dans l’autre, Gérard se demanda s’il ne pouvait pas se servir du sucre pour étouffer Alfred. Au moins, il en serait débarrassé et il ne serait plus question d’invoquer qui que ce soit. Bon, il resterait toujours le cas de la victime abandonnée sur le plancher de l’appartement, mais il pourrait aviser ensuite.

– Fais pas l’cxn, Gérard. J’te surveille, tu t’souviens ?

Gérard regarda Alfred.

Alfred regarda Gérard.

Une queue remua sur la table et le corps d’Alfred se tendit d’un seul coup pour bondir sur sa proie. Tout le matériel tomba à terre, dans un nuage de sucre glace que Gérard échappa, surpris par l’attaque. Le grimoire s’écrasa dans une flaque de sang et un feulement puissant résonna dans le petit appartement.

Quand le calme revint dans la pièce, Gérard cachait son visage dans ses mains et respirait fort pour essayer de rester serein. Il ne devait pas s’énerver, pas s’énerver, pas s’énerver…

– Bah ! t’en fais pas, Gérard, tu réessaieras la prochaine fois. Puis tu rateras. Encore. Hahaha ! T’es vraiment trop cxn, Gérard !

Les doigts ouverts sur son visage, Gérard baissa les yeux sur le corps du sacrifice, le sang qui imbibait les pages de son grimoire, les plumes de pigeons qui brûlaient à cause des bougies sur lesquelles elles étaient tombées et les queues de rat, jalousement gardées sous les grosses pattes du chat.

Alfred releva deux grands yeux verts sur Gérard et miaula.

– Viens, Alfred, c’est l’heure de rentrer manger ta pâtée.

Gérard s’empara du chaton et quitta l’appartement. La prochaine fois, pour sûr, il prendrait du sel et se débarrasserait du petit démon qui le menait par le bout du nez avec sa gueule d’ange…

Ou il achèterait, peut-être, un petit pull rose à enfiler à Alfred pour l’humilier comme il le fallait. Si ça, ça ne le forçait pas à fermer sa gueule de chat… Gérard songerait peut-être à le donner à la SPA ou le perdre en forêt.

Et il souhaiterait beaucoup de courage au prochain abruti qui le recueillerait, trompé par sa bouille de chaton innocent.



PARTICIPANT 3


De tous les enseignements prodigués par son vieux maître, pourtant tout juste bon à sentir la poussière, Yann n’aurait dû retenir que ce conseil : « bien avant de t’engager dans toute entreprise, mon petit, il faut toujours vérifier ton matériel : car, s’il est défectueux ou insuffisant, tu risquerais de t’exposer à des conséquences dramatiques ». Mais voilà : le vieux croulant était mort, son corps pourrissait salement dans un trou et rien n’empêcherait l’impétueux Yann, désormais adulte, de montrer à cette grabataire Académie qu’il était un fringant sorcier capable de prendre leur relève.
Sauf que, manque de chance, les astres seraient alignés d’un instant à l’autre et Yann manquait de sel pour son cercle d’invocation. Tout le reste était prêt : les deux chandelles de suif humain engoncées dans leurs chandeliers d’ébène taillés en forme de croissant, le vase de cuivre contenant les entêtants parfums et encens, le crâne dégoûtant d’un parricide, les quatre clous rouillés du cercueil d’un supplicié inconnu ou, encore, le criard chat noir nourri pendant cinq jours de chair humaine… et de tous les ingrédients pour le rituel, le seul qui devait lui manquer était le sel !
Alors, dans sa longue robe noire, planté devant le placard troué de sa cuisine, Yann avait troqué des cristaux translucides salés contre des cristaux opalins sucrés. De toute façon, les démons n’avaient aucun goût : ils n’y verraient que du feu.
Mais voilà que, l’excitation montant dangereusement dans sa poitrine, Vénus, Saturne et la Lune s’alignaient les unes sur les autres. Seul dans cette grande cave de bois perdue dans la forêt, le jeune sorcier oublia le cri des chouettes, les croassements des crapauds et le feulement du chat noir enfermé dans son sac de jute. Il laissa un moment cette énergie céleste s’immiscer dans chaque partie de son corps, livrant aux étoiles toutes ses failles, même les plus infimes. Un nouvel homme ressortirait de cette lugubre soirée.

Lentement, automatismes d’une éducation imposée depuis l’enfance, Yann se releva pour effectuer les gestes simples de son rituel. D’abord, il dessina autour de lui le cercle de sucre, omettant volontairement le chemin de sortie. Puis, il disposa les quatre clous le long de son tracé pour former les pointes d’une étoile à cinq branches. Les indications lui dictaient cependant de préalablement les enfoncer un à un dans sa chair : dans sa première paume, il ne réussit pas à réprimer un hoquet de douleur ; mais, lorsqu’il arriva à la dernière plante des pieds, la douleur l’avait tellement transcendé qu’il ne la ressentait plus. Complétant la figure céleste, il déposa face à lui le crâne du parricide, monstre fixant l’inhumain, et derrière lui le vase ouvert aux enivrantes odeurs. Ne restaient que les chandelles, allumées d’un vulgaire claquement de doigt, éclairant ainsi de leurs flammes vacillantes les côtés du maître de séance.
Pour terminer : le chat, rageant et crachant à l’approche de son funeste destin. Le pauvre animal battait la toile de ses griffes arrachées, mordait avec ses dents limées, hurlait dans une langue qu’on ne lui comprenait pas : son tourment s’arrêta d’un craquement rapide, quand le sorcier, peu désireux de s’embêter avec les récalcitrants, le posa sur le crâne humain et lui ouvrit ses entrailles. Il lut les haruspices prédicateurs d’une fin éclatante : les filets écarlates s’échappant du corps encore chaud et s’élançant vers les clous, puis entre les clous, mêlant sangs animal et humain, jusqu’à se rejoindre pour clore cet infâme rituel et complétant le pentacle rituel.
« Veni mihi. »
Le cadavre du chat se tordit un bref instant avant de se transformer un en craquement sinistre : la peau se tendit, les chairs s’arrachèrent et les os se brisèrent. Et puis, le silence : disparu, l’animal, et devant Yann se tenait à la place un lutin au charisme aussi ridicule que sa taille.

« C’est une blague ?, s’exclama le sorcier brusquement sorti de sa transe.
- À quoi t’attendais-tu en remplaçant le sel par du sucre ? Baphomet lui-même ? Quelle idée ! L’imbécile ! Tu ne ferais même pas ça pour l’eau de tes pâtes ! »
Une voix aiguë et nasillarde, des intonations moqueuses insupportables, et l’arlequin haut de trois pieds commençaient déjà à virevolter dans ce qui, malgré les apparences, constituait bien une cage pour lui. Le démon pestait : Yann jurait qu’il entendait les feulements ridicules du chat noir. Ce qui allait bien avec les fines moustaches aux milles brins de l’arlequin bigarré, ses ongles crochus ou encore ses pupilles verticales.
Le sorcier fut secoué d’un rire nerveux. Le poltergeist se retourna avec un regard courroucé.
« Pourquoi ris-tu autant, l’avorton ?, reprit-il à son attention.
- Tu ressembles beaucoup à un chat qui, la dernière fois que je l’ai vu, se chiait dessus, parvint à articuler Yann entre deux éclats.
- Pour qui te prends-tu ? »
Le démon, en un éclair, s’était tellement rapproché que leurs nez se frôlaient : il était assez proche pour le transpercer, assez puissant pour le tuer, assez agacé pour ne pas se retenir, mais rien n’y fit. Un long statu quo s’installa. L’invocateur se félicita de la réussite son rituel de soumission, qui interdisait tout simplement à l’entité de le toucher, ou de lui faire le moindre mal. Le sorcier ne se départit pas de son sourire, tant ce qui devait initialement être une catastrophe s’avérait finalement être une comédie bien absurde. Et lui procurait dans ses entrailles une ensorcelante sensation de bien-être, mélange subtil de pouvoir et de contrôle, dont il se demandait bien comment il avait faire pour vivre sans toutes ces années.

« Sais-tu seulement qui je suis ?, reprit l’apparition maléfique.
- Non. Je t’en prie, donne-moi ton nom, démon. »
Son vis-à-vis hésita un instant puis rompit le contact visuel. Il fut contraint de revenir d’un bref mouvement des phalanges, ce qu’il exécuta dans une pirouette artistique. Soit. Si tel était son choix.
« Je suis le Janus des Romains, commença lentement le démon, à nouveau très proche de son invocateur. Celui qui rappelle aux grands conquérants qu’ils ne connaîtront jamais la paix. »
Un instant, ses yeux gardaient la verticalité féline de leurs fentes : les pupilles noires avaient laissé place à un inquiétant ballet rouge de sang, dans lequel Yann vit tour-à-tour le massacre d’une légion romaine dans une forêt, des chevaux affolés abattus par des flèches, ou encore des hommes enivrés mais fauchés par les mitrailleuses. Il entendit des os se faire broyer, les derniers râles des chevaux ou encore les pleurs des blessés étouffant dans la boue. Mais l’instant d’après, les yeux du démon s’arrondirent, et l’horreur de la guerre laissa place aux rires grivois et aux humeurs légères. À des images qui feraient frémir le plus prude des sorciers, mais Yann n’en était pas : au contraire, ça l’amusait.
« Tu imagines m’impressionner ?, provoqua-t-il, s’installant plus confortablement entre les lignes de sang séché. Qui es-tu d’autre ?
- Je suis Gwynplaine, continua le démon en jouant de ses mains. Cet Homme qui rit et qui rappelle toujours aux puissants que la richesse côtoiera toujours la misère, qu’importe qu’ils veuillent la voir. »
Un instant, son index jouait et se tordait dans des positions et des travers impensables, imitant des craquements divers et tous plus répugnants les uns que les autres : et dans sa tête, il entendit des noms divers, comme « phalange », « crâne », « fémur », « orbites »,… D’ailleurs, les orbites craquaient-elles ? Son estomac, soudainement vide, se souleva et commença à lui provoquer d’intenses nausées et d’insoutenables maux de tête : le monde autour de lui se mit à tourner. Mais l’instant d’après, un doigt cerclé de bagues d’or et de pierres précieuses coinça son menton et le sortit malheureusement de sa torpeur.
« Qui encore ?, s’enquit Yann, assoiffé d’envie de savoir et d’émotions.
- Je suis le Joker des mortels d’aujourd’hui, conclut le démon confiant. Celui qui trompe dans le rire pour mieux détruire dans la terreur… »
Un instant, son visage verdâtre se détendit totalement et sa peau devint plus lisse que la peau d’un bébé ; et son sourire, soudain grimé d’un rouge pétant, s’affichait dans une parade ridicule. Celle des clowns provoquant le rire de spectacles tristes, miroir de leurs propres existences dans la solitude, que Yann ressentit un instant et haït immédiatement. Mais l’instant d’après, la déformation de ses traits se produisit avec fluidité et monstruosité, effrayante, dérangeante. Le sorcier frissonna de terreur et d’excitation, les deux se mélangeant pour ne plus donner qu’une envie, une dépendance : le désir d’à jamais ressentir l’étrange, le grotesque, le burlesque.
Et la terreur.
« Le sucre est si dangereux : si l’on ne fait pas attention à sa douceur et sa légèreté, il ne se laissera jamais oublier... N’est-ce pas, l’imbécile ? »
- Denuo… Encore une fois… »
Et Yann baisa le doigt décharné et trompeur du démon.



PARTICIPANT 4


L'homme effleure la mince tablette de bois, observant les quelques pots d'épices disposés sur cette dernière – safran, clous de girofles, gingembre… Son regard défaitiste accroche la salière, qu'il saisit délicatement entre ses doigts. Faisant abstraction de l'idée que le contenu de la petite boîte d'argent est presque épuisé – la saison actuelle rendant la route du sel, la fameuse salzstraße, impraticable et une tempête particulièrement rude levée depuis trois jours l'empêchant de se rendre à la ville la plus proche abritant l'un de ces greniers servant à entasser l'or blanc –, il en soulève cependant le couvercle d'un léger mouvement du pouce, laisse échapper un soupir. Il ignore ce qu'il espérait cependant, se doutait qu'aucun miracle ne naîtrait de sa nécessité ; et d'ailleurs, il ne tient pas tant que cela à utiliser les cristaux maritimes pour son but, en dépit du fait qu'une connaissance savante lui a récemment écrit dans une missive qu'il s'agissait de la meilleure façon de parvenir à ses fins et qu'il a déjà de lui-même lu certains passages dans ses livres au sujet de cette pratique. Il n'en demeure pas moins que les salières, premier élément que l'on place sur les tables lors des repas, sont liées au Divin et que les grains qu'elles contiennent, qu'ils soient sous forme de petits cristaux ou réduits en fine poudre, représentent l'alliance entre le Seigneur créateur de l'univers et son peuple. Utiliser cette substance sacrée pour conjurer le Malin ne serait-il donc pas contre-productif, sinon indigne de la condition humaine et plus encore, de la sagesse que les gens des bourgades alentours lui accordent ? La mélancolie, le désespoir, prennent pourtant le dessus et son regard balaie de nouveau l'étagère pour trouver une alternative convenable. Le choix se porte sur le sucre, tout aussi précieux et coûteux que le sel mais contenu en quantité suffisante pour tracer le pentacle – et puis, l'idée lui vient presque naturellement que puisqu'ils les deux éléments sont opposés en saveur, ils peuvent aussi bien rivaliser sur le plan symbolique… Résolu, il repose sur la tablette d'ébène sa prise précédente devenue d'autant plus inintéressante qu'elle ne lui offrait de toute façon pas assez de matière pour réaliser son invocation et attrape la seconde boîte d'argent dont le contenu lui paraît bien plus adapté, jetant un dernier coup d'yeux à l'horloge. Quelques minutes à peine le séparent de Minuit – il est temps. Soulevant la planche de sapin placée sur des tréteaux du même bois lui servant de table, il l'adosse contre le mur et repousse les deux éléments qui la maintienne habituellement en place contre elle afin de gagner un espace supplémentaire pour tracer le pentacle nécessaire à son but. Saisissant une pincée de sucre, il la disperse avec précaution sur le sol tout en récitant les incantations apprises dans un livre au cours des derniers jours, puis refait la même manœuvre en traçant cette fois le cercle autour de la figure précédemment réalisée, l'achevant au moment ou le premier coup de minuit résonne.

Lui que la malchance poursuit à longueur de temps et qui n'a pas souvenir d'avoir connu le moindre bonheur ou succès y compris dans sa jeune enfance est surpris de voir le cercle s'illuminer d'un halo doré qui grandit de secondes en secondes jusqu'à ce que résonne le douzième coup. La lueur diminuant laisse apparaître un… Ange ? C'est du moins ce qu'il en déduit en constatant la présence d'ailes immaculés surplombant les épaules et la tête de l'être invoqué – et ce dernier se présentant sous le nom de Gabriel ne tarde pas à le conforter dans ses certitudes. Dépité, l'infortuné recule d'un pas en se demandant à quel moment de l'invocation il a commis un échec sans pour autant oser détacher son regard de l'apparition céleste. Ce dernier semble comprendre son désarroi cependant – ou être capable de télépathie, ce qui serait une piste plus probable –, puisqu'il prononce quelques mots, d'une voix étrangement douce pour un être qui se sait indésiré. ❝ Les incantations étaient bonnes et le sucre n'a pas tant d'importance. Simplement, le pentagramme doit être tracé à l'intérieur du cercle et non le cercle autour de lui. ❞ L'homme défaitiste incline la tête de façon mécanique, à la manière d'un enfant tentant de retenir une leçon importante, une autre preuve sans doute qu'il n'est pas si sage ni érudit que les gens des alentours pourraient le songer. À travers la fenêtre de la cuisine, il parvient à capter du regard la lune cuivrée qui perce à travers les nuages à cet instant précis pendant une poignée de secondes, avant que le vent ne repousse les nimbostratus pour la camoufler de nouveau. Pendant une seconde, l'homme se retrouve de nouveau désemparé à l'idée qu'il lui faudrait attendre la prochaine lune de sang pour recommencer ses incantations et que d'ici là, le malheur le poursuivrait de nouveau. Une autre seconde pourtant et une nouvelle idée se dessine sous son crâne – peut-être que lui pourrait… mais il n'a pas le temps de laisser échapper un mot que l'Ange, sondant de nouveau ses pensées, l'interrompt directement. ❝ Non. Cela m'est impossible, puisque ce n'est pas moi que vous souhaitiez voir venir ❞ Ses ailes se déplient, le cercle d'invocation se teinte de nouveau d'un aura ambré et chaleureux à observer – mais l'homme est trop centré sur ses propres émotions pour y faire attention. L'invoqué sourit, cependant. ❝ Je suis simplement venu vous prévenir au sujet du cercle et du pentagramme. C'est notre rôle à nous les Anges, de prévenir. Pour le reste… Une prochaine fois peut-être, si vous avez le cœur à m'invoquer tout en faisant les incantations. ❞ Le halo se développe, inondant de nouveau la pièce et faisant disparaître le gardien avant de s'éteindre. Un nouveau soupir s'échappe des lèvres du malheureux, dont le regard se perd à travers la pièce, redevenue sombre à l'exception d'une simple chandelle enfoncée sur un porte bougie en laiton. Affligé, l'homme s'abandonne de nouveau à ses misérables pensées, se maudit de n'avoir pas mieux retenu les instructions données par la missive de son ami ou les livres dans lesquels il avait pioché son savoir à ce sujet et de devoir attendre la prochaine éclipse de lune pour faire une nouvelle tentative de conjurer le Diable.

Longtemps, il reste là, adossé appuyé contre un mur de sa cuisine, ne prenant ni la peine de remettre les tréteaux et la planche en place pour reconstituer la table, ni de balayer le sucre dispersé sur le sol, incapable de trouver le sommeil. Son regard fixe l'étendue céleste sans la moindre autre interruption que des battements de paupière irréguliers, ses pensées se heurtent les unes contre les autres – n'aurait-il pas rêvé, halluciné ? – et il lui faut attendre la première lueur de l'aube pour reprendre un semblant de conscience. Et, presque aussitôt après, alors que ses iris accrochent les rayons colorés de l'aurore, l'individu pessimiste se reprend totalement. Son regard délavé se détourne du lever du soleil, aperçoit le pentacle de sucre tracé au sol et il lui semble qu'il en prend connaissance pour la première fois, que la nuit qui vient de s'écouler n'est qu'une chimère, un rêve désormais vague et lointain. Des mots retentissent sans cesse dans son crâne malgré tout, agitant ses pensées comme s'il possédait une fourmilière en guise de cortex – le pentagramme doit être tracé à l'intérieur du cercle et non le cercle autour de lui. – mais il se révélerait bien incapable de se rappeler qui les a prononcés si quelqu'un venait à lui poser la question.

L'homme capte à ce moment précis le livre d'incantations posé dans un coin de la pièce, s'agenouille pour le prendre doucement en main sans se remémorer pour autant comment l'ouvrage est arrivé là. L'idée qu'il souhaitait invoquer le Malin lui revient brusquement en tête mais il n'a aucun souvenir d'avoir tenté de le faire cette nuit en particulier. Il se redresse cependant, va ranger le grimoire dans son bureau. De nouveau, à travers une autre fenêtre, l'homme peut observer la nuit s'éteindre. Un autre soupir s'échappe d'entre ses lèvres tandis qu'il constante qu'une nouvelle journée commence et qu'il ne connaîtra sûrement pas le bonheur au cours de celle-ci.

Faust hausse les épaules, à moitié résigné, à moitié désemparé. La prochaine fois, il réussira.
La prochaine fois, Méphistophélès apparaîtra.



PARTICIPANT 5


Je ne savais même plus comment j’en étais arrivée là. Non, en fait, après réflexion, je m’en souvenais très bien : tout ça, c’était à cause de James. Cet idiot avait débarqué chez moi sans prévenir, sous prétexte qu’il s’ennuyait à mourir, et qu’il n’avait plus rien dans son frigo. Comme toujours, j’avais été trop gentille, et l’avais laissé entrer. J’aurais dû lui claquer la porte au nez, oui, parce que maintenant, j’étais en train de taper « comment invoquer un démon » sur Internet. J’avais commencé par lui allumer la télé, ouvrant Netflix pour lui proposer de regarder une série. Il s’était installé sur le canapé en bougonnant, affirmant qu’il ne connaissait rien du catalogue du géant américain. J’avais coupé court à ses lamentations, affirmant que je voulais regarder la dernière saison de Lucifer. Là avait été ma deuxième erreur. En entendant ce nom, cet abruti s’était brusquement relevé comme frappé par un éclair de génie — chose qui était presque impossible, puisqu’il ne réfléchissait jamais plus de deux secondes. « Et pourquoi on essaierait pas d’invoquer un démon tiens ? » Oh mais oui, quelle idée des plus judicieuses ! Pas croyante pour un sous, j’avais accepté en me disant qu’après, il finirait bien par me laisser tranquille.
Et j’en étais donc là, les sourcils froncés sur l’écran de mon téléphone. « Alors, alors ? » Je levai les yeux vers mon ami, qui trépignait, un sourire un peu stupide accroché au visage. « Ils disent qu’un sacrifice est nécessaire ; c’est ton idée, je te laisse te dévouer. » Un sourire espiègle éclaira mes traits, alors que James se contentait de me tirer la langue comme un véritable enfant. « J’te crois pas. » Etonnant, venant de quelqu’un qui paraissait croire dur comme fer aux démons. Soupirant, je finissai par lire les quelques mots énoncés par l’article du site sur lequel j’étais — satanismeentreamis.com, c’était franchement rassurant et sans le moindre doute de source sûre, évidemment. « Pour invoquer un démon, rien de plus : tracer un cercle autour d’une étoile, le tout dessiné sur le sol à l’aide de sel très fin. » La quantité recommandée ? Trois kilogrammes. Comme si j’avais en stock un paquet de trois kilos de sel. Haussant les épaules, je m’exclamais à l’intention de James « Tant pis, je vais faire ça avec du sucre. » Il me jeta un regard presque effaré, sous mon œil exaspéré. Je n’avais pas réalisé qu’il semblait vraiment prendre ça très au sérieux. Personnellement, je n’en avais pas grand-chose à faire ; peut-être que le démon qui allait surgir de ce cercle serait d’accord pour m’aider à me débarrasser du lourdeau qui tournait en rond dans mon salon, poussant tous les meubles pour nous offrir un peu plus de place. Fouyant dans les placards, je finis par y trouver quatre sachets de sucre, et même si l’un d’entre eux étaient déjà entamés, j’en avais au moins pour cinq kilos. Désireuse de mettre fin à cette mascarade au plus vite, je m’empressais de dessiner le symbole demandé, d’une main un peu maladroite. « C’est pas très droit », commenta James en reniflant. Il fixait d’un regard presque dédaigneux mon étoile un peu bancale. « Encore un commentaire comme ça et je te jette par la fenêtre. » N’écoutant même pas sa réponse, je traçai finalement le cercle, avant de me placer au milieu. « Bon, c’est quoi la suite déjà », que je marmonnai en rallumant mon téléphone. Bon, il fallait apparemment des bougies, mais faute d’en avoir, je m’étais contentée d’allumer quelques lampes. « Ouais bon ça fera l’affaire. » James ne semblait toujours pas apprécier que je change à ma guise toutes les indications données, mais c’était pas comme si je m’attendais à un quelconque résultat concluant. Surtout en voyant le genre d’incantation que j’étais censée prononcer. « Sérieusement ? Franchement, je vois pas en quoi je pourrais invoquer un démon avec ce truc. On dirait une pauvre formule magique sortie tout droit du premier Harry Potter. » James m’offrit le plus beau des regards dévastateurs. « On critique pas Harry Potter. » Mais quand avait-il prévu de grandir celui-là ? Il avait la moue boudeuse d’un gamin de 4 ans. Secouant la tête devant tant d’absurdité, je finissais par prononcer d’une voix claire et posée, cette fameuse phrase qui était censée tout changer. « Ô grands esprits du monde souterrain, pardonnez ma curiosité et mon entrain, joignez-vous à moi l’espace d’un instant afin que nous conspirions dans la plus grande délectation. » Un froncement de sourcils moqueur plus tard, j’avais à peine le temps de cligner des yeux qu’une explosion de fumée englobait en un instant l’entièreté de mon salon. Prise d’une toux insupportable, je m’apprêtai à quitter le cercle, mais fut vivement repoussée à ma place initiale. « Surtout pas ! T’es folle, tu veux tout gâcher ? » Vraiment, James était trop habitué à regarder des films en tout genre. Il était temps qu’il pense à garder un peu plus les pieds sur te-… « Par Satan, qui est l’idiot qui a remplacé le sel par le sucre ? Mon frère a cru faire une syncope et a décidé que c’était à moi de me coltiner le voyage ! Je vous préviens, je suis déjà pas d’humeur ! » Bordel, c’était qui ça ? J’aurais dû m’en douter : James avait dû ramener l’un de ses potes en études théâtrales pour me faire une blague. Franchement, c’était pas si mal que ça. Ils s’étaient super bien débrouillés. « Je comprends mieux pourquoi t’as autant insisté James, sympa la blague, pour une fois c’est réussi ! » A travers la fumée, j’arrivai à voir le sourire un peu moqueur de mon ami. Depuis quand savait-il seulement le faire d’ailleurs ? « Tu comprends vraiment rien Cam, pour une fois que c’est moi le plus malin ici. » Mais qu’est-ce qu’il racontait à la fin ? « James ? Est-ce que c’est bien vous ? » Vous ? Cet idiot se faisait vouvoyer, voire même respecter, par un gars sorti de nulle part ? Mais qui c’était à la fin ! « Bon, là, il serait vraiment temps de m’expliquer ! » Si seul le silence me répondit dans un premier temps, la fumée ne mit pas longtemps avant de finalement disparaître assez pour me laisser l’occasion d’observer autour de moi. « C’est quoi ce paquerette de délire ? » Face à moi, les mains dans les poches, James fixait avec un grand sourire l’inconnu qui nettoyait son costume noir de jais en grommelant contre son sort. « Ravi de te revoir cher ami. Alors Satan n'était pas disponible ? - Pas disponible, vous vous fichez de moi ? Depuis quand vous changez le sel en sucre pour vos invocations ? - Oh voyons, pardonne mon amie, c'était son premier essai. Pas très concluant, je te l'avoue. » J'étais pour sûr en train de complètement délirer. En l'espace d'un instant, l'idiot le plus idiot de tous les temps était passé d'un gamin un peu trop naïf à un homme sûr de lui et même charismatique. Et il discutait avec… est-ce que ce gars avait des cornes noires ? « Est-ce que je viens vraiment d'invoquer un paquerette de démon ? » D'un même mouvement, tous deux se retournèrent vers moi, et James semblait particulièrement amusé par la situation, qu'il maîtrisait sur le bout des doigts visiblement. « Effectivement, je comprends mieux. » marmonna ce qui, en toute logique, devait être… un démon. « Ne lui en veux pas, elle n'était pas spécialement au courant de mon précieux passe-temps. » Son… quoi ? « James, une explication, ce serait possible ? - Cam, un petit tour aux Enfers, ça te dit ? »



PARTICIPANT 6


Plongée dans le grimoire, tu murmure doucement ce qu'il te faut alors que tes mains bougent dans tous les sens afin de parvenir à tout comprendre. Tu jettes un regard à ton cercle et tu reviens au grimoire. Sauf que soudain, tu fais un arrêt sur image. Du sel. Il te faut du sel. S.E.L. Sauf que t'en as pas, de sel, justement. Tu soupire et grogne alors que tu te redresse, te frottant la tête. Tu réfléchie à toute vitesse, cherchant une solution... voir même un moyen alternatif à ta situation. Soudain, un sourire de dément te monte aux lèvres alors que tu t'exclame de joie. Du sucre, t'as qu'à utiliser du sucre. Après tout c'est blanc aussi, même si légèrement plus gros et ayant pas le même goût. Mais le démon là, il va pas goûter au truc, tu l'utilise pour l'invoquer. Hochant la tête pour toi même, tu te dirige vers ta cuisine et prends le gros pot de sucre avant de retourner dans le grenier.

Tu trace doucement ton cercle avec le sucre, suivant le tracé de ton sang initialement placé sur le sol. Une fois fait, tu ferme le grimoire encore ouvert puis t'installe en tailleur au centre. Fermant les yeux et penchant la tête en arrière, tu te met à prononcer les paroles d'invocation que t'as lue plus tôt. Un silence s'installe autour de toi, tu pourrais entendre une mouche voler si tu y prêtais attention. Mais, concentrée sur ton invocation, tu fais pas gaffe.

Une fois terminée, tu ouvre les yeux lentement, un après l'autre, te crispant automatiquement sans pouvoir l'empêcher. Sauf que bah rien. Y'a rien autour de toi. Tu te renfrogne et referme les yeux, recommençant l'invocation. Tu te dis que t'as ratée une étape, que t'as peut-être mal prononcée un terme ou trébuchée sur un mot. Mais à la fin toujours rien. Alors, de frustration, tu te lève, brise le cercle, éteins toutes les bougies et récupérant le grimoire, tu sors de la pièce. Tu n'as donc pas vu le cercle d'ombre se créer au centre du pentacle avant de forme une vague silhouette et de s'évanouir dans l'air.

Bougonnant, tu t'installe sur ton lit et te replonge dans la lecture du grimoire. T'as du ratée un truc, c'est pas normal que ça ait pas fonctionné. Mais rien à faire, tu trouve pas de solution. Tu te dis donc que c'est ta bêtise de ne plus avoir de sel chez toi et de remplacer le sel par le sucre qui à fait rater le truc. Dépitée, tu ferme le grimoire et t'allonge. Seulement tu n'arrive pas à fermer les yeux. Une sensation bizarre, une boule au creux du ventre. Des frissons d'angoisses, une sueur froide. Tu te sens observée alors que y'a personne dans la pièce. Tu secoue la tête de toute tes forces en te disant que c'est rien et tu réussie à fermer les yeux.

Tu te réveille le lendemain matin et te rends dans la salle de bain. T'ouvre la porte, soupire en fermant les yeux et les frottant et arrivée devant le miroir, tu les ouvres. Un horrible cri franchit ta gorge devant ton apparence. Tu as des marques partout. Le visage, les épaules, les bras, les mains. Tu peux pas voir le reste vu que tu es couverte, mais t'es presque sûre d'en avoir aussi. T'as aucune douleur pourtant et vu la profondeur ça devrait te faire mal, mais tu ressens rien. Tu ne comprends pas, un doute t'habite. Comment ? Pourquoi ? Qu'est-ce qui t'es arrivée ? Tu repense à ton ami à quatre pattes, puis à cette invocation ratée de la veille. Tu te dis que c'est peut-être à cause de ça que ces marques sont apparut. C'est peut-être le signe d'une invocation ratée. Tu cours donc jusqu'au PC et te renseigne, buvant littéralement des dizaines et des dizaines de sites. Mais rien, aucune explication. Désespérée, tu ne sais plus quoi faire. D'un côté tu as l'impression de ne pouvoir faire à confiance à personne, qui pourrait croire ce qui t'arrive ? Mais de l'autre, t'as envie d'en parler à quelqu'un. De raconter ton histoire, car tu ne sais pas ce qui t'arrive et t'as peur que ça empire sans que tu aie pu le dire à quelqu'un.

Tu décide donc de laisser une lettre, racontant ton histoire.

"Bonjour à celui ou celle qui lit ces lignes. Je m'appelle Sophie, j'ai 23 ans et si j'écris ceci c'est que je pense être en danger. Mon compagnon est mort il y a de cela six mois. J'ai été triste, dévastée. Mon chat était toute ma vie. C'était un cadeau de ma maman avant qu'elle ne décède d'un cancer et j'y tenais particulièrement. J'ai donc décidée dans un accès de folie d'invoquer un démon afin qu'il puisse m'accorder la résurrection d'Ambrose contre quelques années de vie. Sauf que ça s'est mal passé, l'invocation a ratée. Et aujourd'hui je me suis réveillée avec des marques sur tout le corps. Elles empirent, elles prennent petit à petit l'emprise de ma peau, faisant disparaître celle-ci pour ne laisser que les stries rouges criardes. Ceci sera donc peut-être la dernière trace de mon existence. S'il vous plait, si vous lisez ces lignes, prenez garde, ne jouez pas avec la magie. Elle peut être bonne, mais également dangereuse si mal exécutée. Ne remplacez pas les ingrédients par d'autres, ils sont important, ils ne sont pas là pour faire parti du décor. Je vous fais mes adieux, soyez prudents".

Tu soupire, une larme tombant sur ta joue. Tu regarde ta main désormais exempté de peau. Entièrement rouge, comme si ta chair s'était ouverte pour laisser à découvert ton sang et tes veines. Tu le sais, tu ne vas pas rester en vie encore bien longtemps. C'est pourquoi, dans un dernier souffle, tu laisse la lettre sur ta table de chevet et va te coucher au centre de ton lit, là où Ambrose est décédé. Puis, alors qu'une dernière larme coule sur ta joue, tu t'éteins doucement, expirant ton tout dernier souffle.

Dans l'un des coins de la chambre sort une ombre. Elle a un sourire malsain sur les lèvres et regarde avec délectation la forme humaine allongée sur le lit. Avant de se diriger vers elle, l'ombre se dirige vers le bureau et, d'un geste de la main, met le feu à celle-ci, afin qu'aucune preuve ne soit retrouvée. Puis, un dernier rictus sur son visage fait d'ombre, elle s'approche de Sophie et met sa main sur son corps. Une volute bleuté s'échappe alors du corps, se débattant de toutes ses forces. Son âme ne veut pas être dévorée, mais l'ombre ricane et ferme le poing. La volute bleuté se raidit alors et l'ombre ouvre grand la bouche, aspirant celle-ci. Le corps de Sophie tombe alors en cendre sur le lit. Puis, d'un geste de la main, l'ombre éparpille celles-ci. Alors qu'elle disparaît, le silence mystérieusement tombé la veille s'éteins doucement, les bruits revenant progressivement. L'ombre s'en est allé, l'âme de Sophie avec elle.



PARTICIPANT 7


31 octobre 1596,
dans un petit village des colonies d’Angleterre.

« Notre Père, qui est aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation
mais délivre-nous du Mal. »

« L’Amen » obligatoire s’échappe des gorges telle la plainte d’un oiseau mourant. Le tien n’est que murmure; tu sens le regard sévère de ton père peser sur tes petites épaules. Tu trembles, petite créature, alors que ton regard se fixe sur les flammes des bougies, celles qui peignent les murs de l’église de leurs couleurs chaudes et mystérieuses, celles qui font danser l’ombre du prêtre sur le sol comme un arachnide. La cire blanche qui dégoûte lentement sur le sol t’hypnotise, jeune enfant, te rappelant la couleur de la peau des malades, le voile qui couvre leurs yeux lorsque finalement ils cessent leurs gémissements. Tu en avais vu souvent, leurs corps mous remplissant d’abord les fossés près de la forêt, puis petit à petit débordant dans les rues du petit village colonial.

Une main se serre fort sur ton bras, trop fort. Tu dois porter attention Angus, ton père te répétait sans cesse. Quelque part dans le sermon quotidien du prêtre se trouvait la clé de votre salut, un indice de Dieu pour vous sortir de la malédiction, c’est ce qu’ils disaient tous. Pourtant les derniers jours d’octobre mouraient avec, chaque jour, un peu plus de victimes. Ils avaient tout essayé; les jeûnes, les offrandes, les prières. Ils avaient accusé des femmes de sorcellerie, qu’ils avaient brûlées une à une, espérant mettre un terme à cette maladie étrange qui guettait tous et chacun au cœur des ombres tel un chien affamé. Mais rien n’y avait fait. Les corps tombaient un peu plus nombreux chaque jour, alors que les coffres de l’église se remplissaient. Père Mattheus croyait que la piété des croyants sous la forme de pièces sonnantes et trébuchantes allait acheter leur salut.

Tu avais vu dans son jeu, jeune Angus. Le regard des enfants est souvent moins aveugle que celui des grands. Des murmures qui n’échappent pas aux petites oreilles, des sourires qui n’avaient rien de catholique. Quand tu avais demandé un soir, en revenant de l’étable, pourquoi Père Mattheus amassait des sous au lieu de soigner les malades, c’est la main de ton paternel que tu avais reçue en réponse sur ton visage douloureux. On ne questionne pas les gens de l’Église, voulait-elle dire.
Tu passes des doigts hésitants sur ta joue, là où une ombre violette s’y étend désormais. Tu trembles, petit Angus, mais pas une trace de peur en toi. Plus maintenant. Ce soir, tout s’arrangerait, et plus personne n’aurait besoin d’avoir peur. Pas de visages sans vie, pas de bûchers, pas de pleurs, pas de mensonges. Ce soir, le prêtre disparaîtrait, et le village irait mieux.

L’horizon avait déjà englouti le soleil lorsque les villageois retournèrent chez eux, leurs regards reflétant la même terreur que l’on voit dans ceux des moutons attendant la hache. Les pleurs étouffés d’une femme attirent ton attention l’espace d’un instant, mais ton père tire sèchement ta manche pour que tu avances. Tu as le temps d’apercevoir Père Mattheus à ses côtés, lui murmurant ce que tu devines des mots rassurants. Il lui glisse une petite fiole à la main. Demain, tu le sais, elle sera retrouvée morte, et on la blâmera de n’avoir assez donné pour son salut. Mais toi, toi petit homme que nul ne soupçonne, tu connais la vérité.
Ce n’est qu’après avoir couché les chèvres dans leur enclos, couché dans ton petit lit grinçant, que tu attends le bon moment. Dès les ronflements de père remplissant la maisonnée, tu te lèves sur la pointe des pieds, les bruits de tes pas et des gonds mal huilés couverts par le familier grondement tonitruant. C’est dans la grange que tu t’installes, déposant sur le sol tes matériaux scrupuleusement amassés sur plusieurs semaines : cinq bougies, deux allumettes, un morceau de charbon, et du sucre, comme il avait été difficile de trouver du sel dans la maison, les prix du marché étant montés en flèche avec l’épidémie. Quelle différence cela faisait de toute façon ? Ça avait la même couleur, même texture. C’était pratiquement pareil. Tu dessines sur le sol un pentagramme à cinq branches, les cinq bougies placées aux extrémités, comme tu l’avais vu dans un livre qui expliquait les dangers de la sorcellerie. Toutes ces histoires de sorcières ne te faisaient plus peur. Celles que le village avait brûlées avaient l’air gentilles, et tu étais certain qu’elles ne méritaient pas le sort qu’on leur avait réservé. S’il y avait une seule personne de mue par le mal dans ce village, c’était le Père Mattheus. Il fallait que ça cesse, et même toi, du haut de tes dix ans, tu arrivais à le comprendre.

Tu suivis toutes les instructions au mieux de tes souvenirs de ce qui était décrit dans le livre, balbutiant des mots en latin que tu ne comprenais pas. Il y eut un silence, un silence tellement long que tu faillis abandonner et rentrer te coucher, mais les flammes finirent par gagner soudainement en puissance, tellement que la chaleur te fit reculer. Le bétail s’était rangé dans l’extrémité opposée de la grange, bêlant à tue-tête leur peur viscérale. Les flammes gagnent tellement en intensité que pour un moment tu deviens complètement aveugle, tes pupilles réduites à des têtes d’épingle, tentant tant bien que mal de percer à travers le mur blanc qui t’agresse, mais rien n’y fait. Ton corps frêle tombe sur le sol, attiré comme un aimant vers le centre du pentagramme, et tout devient noir.

***

Ta tête bourdonne, te fais mal. Lorsque tu te réveilles, un petit garçon est penché au-dessus de toi, et te souris, t’envoie la main. Un petit garçon avec les mêmes cheveux, les mêmes yeux, le même visage que toi. Seul le violet est absent de ses joues. Avec ta propre voix, celui-ci te chuchote :

« Je suis venu exaucer ton souhait; celui où tout se termine. »


Un sentiment de malaise profond t’envahit, et tu voudrais crier, mais rien ne sort. Tu tentes de regarder tes mains, mais seules les flammes remplissent ton champ de vision. Pire, tu essayes de courir chercher de l’aide, mais tu ne peux franchir le cercle de sucre. Le petit garçon rigole et te tournes le dos, s’éloigne avec le corps qu’il t’a volé, la tête encore chaude de l’une des chèvres à la main. Une traînée de liquide noir précède ces pas que tu ne contrôles plus. Le seul chemin possible pour ton âme est vers le bas; tu vois sous tes pieds un puits de feu et de lave, des cris horribles mêlés à des rires s’échappant des enfers. Tu assisteras bientôt aux cris impuissants de tes parents, puis du reste du village. Tu verras tout ce que tu connais sombrer dans les flammes, la maison, l’église, les corps des malades réduits à de simples cendres.

Pauvre Angus, si tu savais.
Si tu savais le mal que tu venais de libérer sur terre.


_______________________________________________
En présence réduite jusqu'à début Novembre ♥️
Night Neko a évolué en Moony


The Blind Society est en pause.

Revenir en haut Aller en bas
 
Concours d'écriture 2020 || VOTES POUR L'ÉPREUVE 1
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
» PUB RPG DESIGN « :: Coin Divertissement :: Animations & Concours :: Concours-
Sauter vers: