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TRAPPED [FLOOD ON]

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J'ai rejoint la planète PRD le : 28/12/2016 J'ai posté un total de : 466 Messages. Sinon je m'appelle : Mathilde et j'ai : 18 ans. Dans la vraie vie, je : suis étudiante en psychologie (L1) Les logiciel(s) que j'utilise sont : Sony Vegas Pro 13.0, le bon vieux photofiltre et photoscape


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Message(#) Sujet: TRAPPED [FLOOD ON] Dim 21 Jan - 17:05

Post d'informations
Bonjour. Tout d'abord, je tiens à préciser qu'étant une vraie bille en codage, les mises en page utilisées appartiennent entièrement à 2981 12289 0, une codeuse qui fait un travail fantastique. N'hésitez pas à aller jeter un oeil.


21.01.18
Je me suis tâtée avant de me décider à poster mon histoire par ici. L'idée est encore toute fraîche et l'écriture se fait petit à petit avec les cours, mais je peux d'ores-et-déjà vous donner un petit avant-goût avec le résumé et la préface. L'histoire est également disponible sur Wattpad si des personnes sont intéressées pour suivre ou commenter via cette plateforme. Je ne me clame pas écrivaine en herbe. Il est possible qu'il y ait quelques fautes et si vous les voyez, n'hésitez pas à m'en faire part, je ne me vexerai pas.
Bonne lecture à vous

Préface
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4

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Message(#) Sujet: Re: TRAPPED [FLOOD ON] Dim 21 Jan - 17:10

Préface
Voler. Que cela doit être plaisant. Sentir le vent caresser notre visage. Ce doux frisson nous parcourir de la tête aux pieds. Imaginer l'immensité du monde sous nos pieds. Cela doit être fantastique. Fantastique de pouvoir voler vers d'autres horizons sans se demander ce que l'on laisse derrière nous, parce que l'on sait qu'on pourra y retourner un jour.

Naïla avait toujours rêvé de voler. Elle faisait partie de ces demoiselles passant son temps au bord d'une fenêtre à imaginer des tas de petits scénarios plaisants et farfelus. Ses parents lui reprochaient d'ailleurs souvent ça. En tant qu'héritière légitime du trône, elle devait passer plus de temps à aller à la rencontre du peuple plutôt que d'imaginer des histoires sur leur vie, en les observant au loin. Pourquoi ce palefrenier passait son temps à vérifier autour de lui comme-ci on le suivait ? Pour qui cette dame d'auberge cachait-elle de la nourriture pendant que tout le monde avait le regard ailleurs ? Quelle était l'histoire de cet homme devenu chevalier ?

Oui, Naïla imaginait, écrivait, inventait, créait... Mais parfois, il arrive que quand on vit dans un petit monde bien à nous, la réalité vienne frapper à notre porte. Et ce jour-là était arrivé.

VLAM. La porte en bois de sa chambre s'ouvrit brutalement, claquant contre les murs en pierre. Le Conseiller de ses parents ne tarda pas à faire irruption dans la pièce. La jeune femme se leva et lui adressa son habituel sourire, avant de faire la révérence. Mais très vite, la joie cachée à la commissure de ses lèvres s'estompa jusqu'à totalement disparaître de son visage. Robin était réputé pour être la personne la plus enjouée de Maluntis, mais aujourd'hui il affichait une mine pâle. Son regard noisette était figé. Il semblait tétanisé par la peur.

Naïla a toujours apprécié Robin. Elle le voyait un peu comme son meilleur ami et comme un second père pour elle. Ses cheveux commençant à virer vers le blanc, elle n'avait jamais osé lui demander son âge. Principalement à cause de ses parents. Elle les voyait déjà lui reprocher d'être indiscrète et de mettre leur conseiller dans une position peu plaisante. Alors, la jeune femme n'avait jamais rien demandé depuis dix-huit ans, par peur de le gêner et de perdre une petite étincelle de complicité qui avait émergé entre eux. Mais aujourd'hui, elle était véritablement inquiète pour lui et ne se priva pas pour lui poser des questions.

- Que se passe-t-il ? dit-elle en l'observant fermer la porte et placer sa chaise en bois pour la coincer. Vous m'inquiétez, Robin.

Puis, des bruits métalliques se firent entendre dans les escaliers menant à sa chambre. Elle ne les connaissait que trop bien pour avoir assisté à des combats. Il s'agissait d'épées rentrant en collision.

- Ce sont les ennemis de vos parents. Ils ont attaqué le château.
- Et père et mère ?

En voyant la mine désolée du Conseiller familial, Naïla recula de quelques pas, portant sa main à sa bouche. La seconde de libre se porta sur le mur qui lui permit de se maintenir debout. Elle fut totalement sous le choc, comme-ci on sa respiration venait de cesser brutalement. Elle n'avait pas le temps d'analyser tout ce qui venait de se produire que Robin l'attrapa par le bras et la dirigea vers sa fenêtre. Elle l'entendit lui dire qu'il manquait de temps, mais son esprit resta encore ailleurs. Elle repensait à son père et à sa mère. Elle ne les reverrait donc jamais ? Cette idée avait du mal à s'intégrer à son esprit. Ce fut comme si tout ce qui se produisait autour d'elle était une scène figée. Jusqu'à ce que des coups dans la porte se fasse entendre.

Revenant à la réalité qui lui ordonnait de fuir pour sa vie, elle observa, debout sur le rebord de sa fenêtre, le vide qui était en dessous d'eux. Ses parents, voyant son enthousiasme quand elle était plus jeune, lui avaient légué la chambre au-dessus du fleuve principal de Maluntis. Un fleuve qui passait par de nombreuses villes, reliant une bonne partie du Royaume, sans doute. Sa mère était toujours terrifiée à l'idée de la voir tomber dedans à force d'être trop penchée par la fenêtre pour observer la nature. Et aujourd'hui, elle allait le faire. De manière spontanée et volontaire. Fermant les yeux, prise par le vertige, elle fit un pas en avant, tenant le bras de Robin, et sentit son corps tomber en chute libre.

Elle volait. Naïla pouvait sentir le vent parcourir son visage et son corps entier. Elle imaginait bien l'immensité du monde sous ses pieds, car la chute parut longue et interminable. Elle avait bien ce frisson qui la parcourait de la tête aux pieds. Mais un frisson de terreur. Oui, elle volait. Mais elle volait pour sauver sa vie. Cela aurait pu être magique comme moment. Sauf qu'elle perdit ses ailes ce jour-là et qu'elles eurent raison de sa chute vers le néant. Était-ce donc cela ? Le froid glacial de l'eau envahissant tout son corps, figeant ses muscles un part un ? Volait-elle vers d'autres horizons pour revenir ici plus tard ou était-ce la fin ?
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Message(#) Sujet: Re: TRAPPED [FLOOD ON] Mar 23 Jan - 9:24

Chapitre 1
Deux longues années s'étaient écoulées depuis l'attaque de son Royaume. Les ennemis faisaient partie de la famille Sturla, l'un des territoires avoisinant le leur. Elle n'avait jamais eu connaissance de la cause de ces tensions, mais Robin lui avait expliqué beaucoup de choses ces derniers mois. Fut un temps où l'héritier de cette famille avait tenté d'épouser sa mère, Marjorie, qui avait mis fin à son rêve en épousant son père, qui devint le Roi de Malundis. Avide de pouvoir, Harold Sturla ne digéra pas le fait qu'elle ait refusé sa demande et vit s'éteindre tout espoir d'élargir son champ d'influence. Cette haine et ce désir de vengeance, il les a transmis à son fils, Evrard, réputé pour mettre tout en œuvre pour réussir. Stimulé par les défis, il a donc attaqué leur Royaume afin de faire naître la fierté dans le regard paternel de la famille. Du moins, c'est ce que les deux fugitifs pensaient à l'heure actuelle. Le peuple n'était jamais très au courant de ce qui se passait dans le château. Et puis, Naïla et Robin s'étaient retirés au sud du territoire, bien loin du centre et de la tête du Royaume. Alors, quand les informations arrivaient à eux, l'effet de bouche-à-oreille avait tendance à déformer les événements et, parfois même, cela s'apprenait que quelques semaines plus tard.

Une rumeur était pourtant certaine à ce jour : les actes qui furent commis par la famille Strula à la Capitale et dans quelques villages contrôlés. En effet, après leur départ, ils tuèrent tous les hommes du peuple refusant de devenir esclaves et ont mis à leur merci toutes les femmes. Les enfants furent envoyés ailleurs pour apprendre à devenir de bons petits soldats obéissants. Rien que l'idée d'imaginer l'atrocité qu'était devenu son Royaume, tant chéri autrefois, lui donnait la nausée.
Mais aujourd'hui, tout allait changer, car Naïla avait un objectif. Un seul. Récupérer ce qui lui appartenait avec l'aide de son compagnon de route, Robin. Pour cela, ils avaient un plan bien construit. Ils allaient remonter peu à peu vers le nord pour rejoindre la Capitale, tout en libérant les petits villages, ici et là, où les femmes étaient enchaînées et maltraitées. Harold et Ervrard sauront qu'elle est en vie, mais avec de fins stratagèmes, ils arriveront à libérer les villages sans même avoir à se battre contre les hommes de l'armée des Sturla. Ainsi, les hommes pourront retrouver leur liberté et il leur sera difficile de récupérer des villages entiers. Après tout, un village libéré est un village qui portera, sans nul doute, les armes contre une éventuelle attaque de leur ennemi.

- Nous avons un temps d'avance sur eux. Si on tue chaque homme ennemi du village, l'information quant à l'attaque ne sera pas diffusée. En revanche, même si un soldat parvint à s'échapper, il lui faudra des semaines pour arriver à la Capitale et des semaines pour eux pour y retourner afin de le récupérer, expliqua Robin, penché sur une carte, désignant les villages à attaquer.
- Comment un homme aussi sage et rusé que vous a fini Conseiller du Roi et pas dirigeant des armées ? demanda la jeune femme, d'un doux sourire, curieuse d'en savoir plus.
- Oh, Lady Naïla, votre valeureux père me l'a bien proposé, mais diriger des armées, ou même diriger tout simplement, ce n'est pas mon fort.
- Combien de fois dois-je vous dire que vous n'avez plus à vous apprêter à des « Lady » en ma présence ? rajouta-t-elle en laissant un rire s'échapper de ses lèvres.
- Je le sais bien, mais l'habitude, sans nul doute.
- Je ne suis plus fille du Roi à présent. Nous sommes personnes, ici. Rappelez-vous ça. Je pense que nous avons vécu tellement d'aventures que nous avons fini les accoutumances.
La jeune héritière a toujours été caractérisée par sa générosité en tout point. Et même encore aujourd'hui, en dépit des événements, elle continue à donner plus pour les autres que pour sa propre personne. Après tout, si elle devait reprendre le trône un jour, elle devait le mériter et ne pas laisser tous ces pauvres paysans dans la misère.

Depuis leur fuite, il fallait savoir que Naïla en avait vu des vertes et des pas mûres. Elle était tombée malade durant deux semaines à la suite de leur chute dans l'eau glaciale d'automne. Ce fut une véritable angoisse pour Robin qui craignait de la perdre aussi futilement. Elle avait également dû revoir toute sa conduite. Elle ne pouvait pas passer dans les villages en faisant des révérences, ici et là, et en parlant comme une noble. Naïla avait dû apprendre à se fondre dans la masse et à ne jamais rester trop longtemps au même endroit. Par chance, tous les villages n'étaient pas contrôlés par les Sturla, ce qui lui avait permis de trouver un peu de répit. Mais le plus dur vint ensuite.
La jeune femme dût apprendre à se battre, que ce soit à l'épée, à l'arc ou à mains nues. Et il était facile d'imaginer à quel point cela était ridicule entre ses mains. Tout le monde savait que les filles nobles n'avaient pas le droit de toucher à une arme. Et ça n'avait jamais été le désir de Naïla, de toute manière. Mais, elle fut étonnamment surprise en voyant Robin qui semblait avoir fait ça toute sa vie. Ce fut une longue épreuve, mais, à ce jour, elle pouvait dire fièrement qu'elle y était parvenue. Robin lui disait même qu'elle était bien meilleure chasseuse que son père et qu'il aurait été heureux de la voir accomplir tant de bonnes choses. A vrai dire, quand elle repensait à eux, elle avait toujours cette pointe au cœur qui lui faisait terriblement mal. Mais elle avait appris à vivre avec, parce qu'elle savait que cela ne disparaîtrait jamais. Ce vide serait toujours là au fin fond de son cœur. Elle les aimait et cela était difficile d'essayer d'oublier quel effet cela faisait quand sa mère venait lui peigner les cheveux quand elle était jeune en chantonnant, bouche close, de petites chansons. Ou quand son père venait la rassurer quand l'orage la terrorisait. C'était difficile d'oublier l'amour qu'ils se portaient chacun, réciproquement. Ce lien que l'on appelait la « famille »,elle se demandait si elle pourrait le revivre un jour. Peut-être à travers ses propres enfants, même si elle ne se voyait pas être mère pour le moment. Pas tant qu'elle n'aurait pas mis en dehors de son Royaume ces vermines qui s'y étaient installées.

- Nous devrions commencer par ce village. Ils sont peu nombreux, d'après ce qu'on m'a enseigné plus jeune sur l'histoire de Malundis. Cent habitants, voire un peu plus aujourd'hui. Je pense que les soldats des Sturla ne seront pas très nombreux. Nous devrions nous y rendre et se confondre dans le paysage pour observer leur mode de fonctionnement. Et une fois que nous aurons compris, nous envisagerons quelle attaque mener.
- Je suis fier de vous, Naïla. Vous évoluez d'une façon étonnante et je suis certain qu'ensemble, nous arriverons à reprendre votre Royaume des mains de l'ennemi.
- Il y a juste un point qui me tracasse : comment reprendre la Capitale sans la moindre armée ? Ils doivent avoir des milliers d'hommes.
- Je pense que vous oubliez un détail très important. Les trois quarts des soldats sont de votre peuple, de votre Royaume. Pensez-vous vraiment qu'ils vont attaquer leur Reine légitime au dépit d'un imposteur qui fait régner la terreur ?
- Et si cela ne marche pas ? Si cela ne se passait pas de cette façon ?
- Nous envisagerons à ce moment-là, Naïla. Mais ne vous en faites pas, nous libérerons ce Royaume, quoi qu'il en coûte. Nous élaborerons un plan si stratège que l'on narrera vos exploits dans des livres durant des siècles.

La jolie brune adressa un doux sourire à Robin. Il avait les mots pour rassurer. Même si de son côté, elle restait assez pessimiste quant à la facilité de cette conquête. Il était un homme bon et elle ne voulait le perdre dans cet affront pour rien au monde. C'est pour cette raison qu'elle réfléchissait toujours aux moyens les plus sûrs pour l'éloigner de tout ça.
Naïla ne s'en rendait pas forcément compte, mais d'après lui, elle avait mûri si rapidement qu'il ne remarquait plus la jeune fille rêveuse, posée sur le rebord de sa fenêtre, deux ans auparavant. Il voyait en elle une véritable guerrière, une stratège, une conquérante, alors qu'elle se voyait comme une fille démunie et brisée qui se lançait à cœur perdue dans une quête au lieu de fuir dans un territoire voisin.

- Sthrone, nous voilà donc, conclut-elle penchée sur la carte de Malundis

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Message(#) Sujet: Re: TRAPPED [FLOOD ON] Lun 12 Fév - 18:06

Chapitre 2
- Vous aviez raison, Naïla. Ils ne sont que dix hommes. Tout au plus.
- Ce n'est pas tout ce que nous avons comme informations. En marchant dans le village, j'ai entendu une conversation entre deux marchands qui parlaient d'une réunion de la garde, ce soir, concernant les nouvelles règles à mettre en place sur le village de Sthrone.
- Vous voulez dire qu'aucun garde ne sera là pour surveiller les habitants ?
- C'est ce que j'ai pensé, voyez-vous. Je trouvais ça étrange qu'ils fassent autant confiance au peuple. Mais d'après ce que j'ai compris, ils ont bien trop peur de se rebeller. Et deux gardes patrouilleront dans le village.
- Quel est donc le plan ?

Un sourire s'étira sur les lèvres de la jolie brune. Voyant la mine interloquée de Robin, elle commença à expliquer ce qu'elle avait en tête. Et cela risquait fort bien de le surprendre. Oui, la fille naïve et constamment perdue dans ses pensées avait grandi et elle ne pouvait espérer reprendre son Royaume à coup de rêves et d'espoir. Non. Elle devait frapper. De manière vive et forte.


Robin avait montré son scepticisme face à son plan, mais Naïla avait tâché de le rassurer du mieux possible. Il s'inquiétait quant aux conséquences de ses actes. Au début, elle pensait qu'il parlait des Sturla qui seraient en rogne, mais elle comprit bien vite qu'il avait peur des effets sur elle-même. Il avait peur qu'elle ressorte changée. Pourtant, elle ne comprenait pas très bien pourquoi. Le sang, elle l'avait déjà vu couler. Maintes-et-maintes fois. Que ce soit de la main de son père qui punissait les traîtres ou bien des hommes que Robin avait tué pour leur permettre de gagner le sud de Malundis. Cela ne changerait pas grand chose que, pour une fois, ce soit de sa propre main. Il l'avait entraîné au combat. Pourquoi l'aurait-il fait si la possibilité de prouver de quoi elle est capable ne se présentait jamais ?
Quoi qu'il en soit, ils trouvèrent un point d'accord sur leur rôle à jouer lors de cette nuit. Robin avait insisté pour s'occuper des deux hommes en patrouille, étant plus rassuré de ne pas la voir se livrer à un combat. Elle connaissait son côté furtif et discret. Il ne faisait aucun doute qu'il allait réussir haut la main la tâche qui lui avait été confiée.

Naïla, de son côté, portait une cape azur en soie, achetée d'occasion dans le village, qu'il venait de quitter pour libérer Sthrone, où elle s'était réfugiée durant presque deux longues années avec Robin. Elle enfila sa capuche, afin de couvrir son visage, comme bien souvent lorsqu'elle se promenait. Au risque d'être reconnue par quelqu'un, même si elle en doutait fortement. Après tout, elle était très éloignée de la Capitale.
Il lui fallut un moment pour atteindre la salle de réunion des membres de la garde royale. Sots qu'ils étaient, il avait fallu qu'ils choisissent une petite bâtisse en bois. Néanmoins, il fallait l'avouer, dans les petits villages tel que Sthrone, il était bien rare de trouver des habitations élaborées, tout simplement parce qu'ils en avaient pas les moyens. Naïla en savait quelque chose. Cela faisait deux ans qu'elle n'avait plus le confort de drap soyeux sur sa peau. Elle dormait par terre, parfois même sur de la paille, afin d'avoir un peu plus de confort l'hiver durant. Il fallait qu'ils économisent pour manger et préparer le combat qu'ils allaient mener. Ils n'avaient pas le temps de payer pour du confort, alors qu'ils entreprenaient de partir sans cesse ailleurs.
La jeune femme se pencha vers la façade en bois. Légèrement abîmée, elle put trouver un petit trou dans une planche en bois, lui permettant ainsi de voir ce qu'il se passait à l'intérieur. Elle remarqua la présence d'un esclave qui servait les verres de vins aux soldats. Mince. Elle ne l'avait pas vu venir. Son plan risquait de tomber à l'eau. Naïla ne se voyait pas sacrifier la vie d'un pauvre innocent. Ce n'était pas dans sa nature. Ses parents lui ont toujours inculqué de bonnes valeurs. Elle ne pouvait pas tout laisser s'envoler en tuant un esclave pour atteindre huit soldats.
Finalement, la solution vint d'elle-même. Un esclave sortit pour prendre de l'eau passa non-loin d'elle. Naïla l'interpella discrètement et l'amena vers le faible espace entre les deux planches pour le questionner.

- Cet homme, là, vous le connaissez ?
- Hum... Oui...
- Il a de la famille ? Des amis ?
- Je ne suis pas certain d'être en droit de vous donner des informations de ce genre.

Naïla lui fit signe de patienter et fouilla dans sa petite bourse avant d'en sortir deux pièces d'or et de les poser dans la paume de l'esclave. Il sembla tout abasourdi, mais également plus apte à parler, ce qui rassura la jeune femme.

- Sa femme est morte en accouchant l'hiver dernier. Il est l'un des rares à avoir eu l'autorisation de garder son fils, à la condition que son père lui apprenne à forger avec nous.
- J'aurai besoin de votre aide. Il faudrait que vous interveniez dans cette réunion, pour lui dire que son fils est souffrant.

Voyant que l'homme ne semblait toujours pas prêt à en dire plus, la jeune femme lui proposa de doubler la mise. Elle sortit deux nouvelles pièces d'or et les posa au-dessus des autres. L'homme accepta, sentant sans nul doute un peu de désarroi dans sa voix.
Tout se passa extrêmement vite par la suite. Il entra dans la pièce et annonça, faussement paniqué, que le fils de l'esclave avait un problème. L'un des gardes accepta d'un hochement de tête qu'il s'en aille et les deux quittèrent la pièce.

Ce fut un total soulagement pour Naïla qui put enfin entreprendre ce qu'elle avait en tête. Elle s'avança vers la porte et glissa avec difficulté une planche en bois, afin d'y bloquer la sortie. Le plus difficile fut de le faire silencieusement et malgré le peu de force qu'elle avait. Une fois la première étape réalisée, elle attrapa une torche qui permettait d'éclairer les axes principaux et s'avança vers les tas de paille qu'elle avait formé tout autour de la bâtisse. Elle mit le feu à un, puis un second, jusqu'à ce qu'elle réalise un tour complet.
Reposant la torche à l'endroit où elle l'avait trouvé, elle observa avec satisfaction la grange en bois brûler. Il fallut quelques minutes pour que tout s'embrase totalement. Ce qui l'avait inquiétée, c'était surtout les tambourinements des hommes à la porte. Et si elles avaient cédé sous leur poids ? Heureusement, elle ne le saurait jamais. Les cris déchirants des hommes parvinrent à ses oreilles et un frisson glacial la parcourut de la tête aux pieds. C'était elle qui avait fait ça. Elle avait orchestré ce massacre. D'un côté, elle était rassurée que tout se soit passé comme prévu, mais de l'autre, elle ne put s'empêcher de fixer cette porte et les vies qui venaient de s'éteindre, leurs corps caressés par les flammes dans toute la férocité dont elles pouvaient faire preuve. Dans son imagination, elle imagina cette porte s'écrouler et un des hommes en sortir enflammé avant de mourir à ses pieds. Cette vision d'horreur lui glaça le sang et elle décida que le spectacle était terminé. Les gens commençaient déjà à se regrouper pour se demander ce qui avait bien pu se produire, ici. Son cœur tambourinait dans sa poitrine. Elle n'avait jamais tué de son plein gré et voir ce dont elle était capable la terrifiait. Et si assassiner devenait une habitude pour elle ? Si elle avait bien plus à perdre à récupérer son Royaume qu'à ne rien tenter du tout ? Si sa propre humanité était en jeu ? Cette quête risquait de la changer à jamais. Mais elle devait le faire. Pour elle. Pour sa famille. Pour tout ceux qu'elle avait perdu au combat.
Quoi qu'il en soit, son plan avait fonctionné. Mais elle ne se faisait pas de faux espoirs. Ce n'était que le premier village. Il en restait tant d'autres et des plus peuplés que celui-ci. Si elle avait réussi à tuer sans encombres et sans toucher d'innocents ce jour-là, elle doutait du fait que cela soit aussi facile les fois suivantes. Et elle avait bien raison. Robin lui disait constamment que c'est lorsque l'on commençait à dormir sur ses deux oreilles que l'ennemi décidait d'attaquer. Cela signifiait également qu'en ayant trop confiance en elle-même et en ses capacités, elle risquait d'échouer ; que rien n'était gagné d'avance. Et il avait bien raison. Ils avaient libéré un village, mais ils en restaient tant d'autres.



Le lendemain matin, Robin et Naïla avaient donné rendez-vous aux villageois totalement sous le choc face à l'incendie qui avait eu lieu. Ils avaient laissé la nuit aux habitants pour se remettre de leurs émotions et diffuser l'information.
Naïla était quelque peu nerveuse. Elle n'avait jamais prononcé un discours en public. Elle se contentait de rester assise quand son père ou sa mère le faisait. Mais aujourd'hui, elle devait prendre ses responsabilités. Il était difficile d'imaginer comment elle avait pu passer, en l'espace de deux années, d'une fille naïve et rêveuse à une femme entreprenante et courageuse. Aussi étrangement que cela puisse paraître, elle n'avait jamais totalement arrêté de rêver. A présent, son rêve était de reconquérir Malundis. La jeune héritière faisait en sorte de voir ça un peu comme les livres qu'elle avait pu lire dans sa chambre, sur des mythes et des légendes. Elle tentait de se voir comme la conquérante de l'un de ces récits, celle qui allait libérer son Royaume des forces maléfiques qui le contrôlaient. Malheureusement, c'était la réalité. Et elle s'en rendait bien compte après cette nuit-là.
Jouant avec ses ongles, elle se balançait nerveusement d'un pied à gauche, s'apprêtant à monter sur une place en pierre qui était présente dans la plupart des villages pour les grandes annonces. Robin l'observa du coin de l’œil et se mit doucement à rire. Naïla tourna la tête sur le côté et le foudroya du regard. Oui, elle avait tendance à être sur les nerfs quand elle angoissait, à ne plus tenir en place et c'est ce qui amusait grandement son cher ami.

- Il n'y a rien de drôle, Robin ! Si ça se trouve, ils vont me huer, voire me détester.
- Non, Naïla. Ils vous écouteront.
- Et pourquoi feraient-ils cela ?
- Vous êtes leur héritière légitime. Celle qui les a libérés de leurs chaînes.

A demi-rassurée, elle prit une profonde inspiration et monta en haut de la petite estrade. Tous les visages se braquèrent sur elle. Son sang ne fit qu'un tour, alors qu'un silence pesant se forma. Tous les habitants attendaient le discours qu'elle allait prononcer. Mais, étonnamment, ce fut des sourires qu'elle remarqua sur leur visage. Ils étaient donc heureux de ce qu'elle avait fait cette nuit ? Leurs réactions la poussèrent à commencer son discours.

- Je pense que vous vous demandez tous qui je suis et pourquoi j'ai tué ces soldats, cette nuit. La vérité est que ce Royaume nous a été arraché durant bien trop longtemps. Ce Royaume est nôtre. Et les Sturla, ainsi que leur armée qui vous a enchaînés durant tout ce temps, devraient le savoir.

Des cris d'affirmation se firent entendre dans la foule, avant que Naïla ne poursuive.

- Mais pas aujourd'hui. C'est pourquoi je vous demanderai à tous et à toutes de ne communiquer d'aucune façon ce qui vient de se produire cette nuit à des personnes extérieures au village. Au risque que les Sturla ne décident de riposter.
- Qui êtes-vous au juste ? interrogea un paysan dans la foule, suivi de l'accord des autres.

Naïla tourna son visage vers Robin, d'un air de questionnement sur le fait de révéler sa véritable identité. Il hocha simplement la tête, lui donnant la confirmation de suivre ses propres décisions. Les deux se comprenaient en un regard, désormais. Cela en était presque effrayant. En un regard, ils pouvaient savoir si une conversation tumultueuse avait eu lieu dans la journée, s'il y avait un problème ou une rencontre hasardeuse. Ils se comprenaient comme dans un livre ouvert. Pas étonnant que son père ait choisi Robin comme Conseiller. Il était doué pour ça. Naïla prit une grande inspiration avant de reprendre la parole.
- Je suis Naïla de Malundis, héritière légitime du trône et je suis en vie.

Un brouhaha se fit entendre, jusqu'à ce qu'elle reprenne la parole.

- C'est pour cette raison que je vous demande à tous et toutes de bien vouloir garder le secret sur ce qui a pu se produire, cette nuit, dans le village de Sthrone, pendant que je reprends ma route vers le nord.

Les villageois ne tardèrent pas à lui promettre de le faire et plièrent le genou devant elle. Ne comprenant pas vraiment ce qui était en train de se produire, Robin lui fit comprendre qu'ils lui prêtaient allégeance. Ce n'était pas réellement ce que la jeune femme attendait en libérant ce village. Elle ne voulait pas être leur Reine. Elle voulait simplement libérer le Royaume de ces imposteurs.
Descendant de son estrade, elle commença à marcher parmi les villageois qui lui serrèrent la main de temps à autre. La journée fut assez exténuante pour l'héritière qui passa son temps à discuter sur ce qui avait eu lieu durant ces deux dernières années à Sthrone. Elle assista aux retrouvailles touchantes de certaines familles et fut même invitée à séjourner dans l'auberge du village pour la nuit à venir et toutes celles dont elle souhaiterait. Elle fut même un peu gênée quand des habitants lui offrirent à manger et des vêtements. Elle tenta de les refuser, mais en vain. Si Naïla avait appris une chose durant le long périple loin de chez elle, c'était que les personnes du peuple avaient à peine de quoi subvenir à leur besoin. Ce fut pour cette raison qu'elle tenta tant bien que mal de refuser tous ces présents. De toute manière, elle n'en saurait que faire.
Ce qui la toucha le plus, ce fut l'homme qui avait fait partir l'esclave de la salle de réunion qui vint la voir. Il s'excusa d'avoir pris ses pièces d'or et tenta de lui rendre. Ce fut un échec total, puisque Naïla insista pour qu'il les garde, en lui disant que cela ne serait pas arrivé sans son aide. En échange, il insista pour lui offrir une épée forgée par ses propres mains et celle de son partenaire qu'il avait fait partir de la salle de réunion. Il s'agissait d'une lame fine et légère qui correspondait parfaitement à la carrure d'une femme. Elle se sentit obligée de remercier en l'invitant à se joindre à elle pour le dîner, partageant un agréable moment avec le peuple de Malundis, avant de reprendre sa quête.
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Message(#) Sujet: Re: TRAPPED [FLOOD ON] Lun 12 Fév - 18:07

Chapitre 3
L'escale à Sthrone dura plusieurs jours avant que Robin et Naïla ne fassent route vers le nord. Un groupe de villageois leur avait indiqué la direction à prendre pour rejoindre un second village peu peuplé, également. Ils leur avaient même donné quelques informations concernant les soldats et leur façon d'agir. Chose qui aida énormément les deux fugitifs dans leur quête.
Cependant, Naïla avait oublié à quel point la distance entre deux points pouvait être longue. Elle se souvenait avoir marché durant des semaines lors de leur fuite pour atteindre la frontière de Malundis. Mais, étant restée des mois dans un village, elle ne s'était pas aperçue de l'immensité du Royaume. Ou, du moins, elle l'avait oublié. Jusqu'à ce jour. Ses jambes lui quémandaient sans cesse de s'arrêter. La forêt était dense. Naïla avait l'impression de croiser encore et toujours le même décor, comme-ci ils tournaient en rond. Des immenses chênes. Des feuilles mortes jonchant le sol, émettant un bruit de froissement sous leurs pas. Des oiseaux sifflotant au-dessus de leur tête. Et encore des arbres dont il était impossible d'apercevoir le sommet. Le paysage se ressemblait. Il se reproduisait, encore et encore. Naïla commença même à se demander s'il existait une fin. La poitrine de la jeune femme se levait et s'abaissait plus rapidement lorsque le terrain était en montée, avant de revenir à la normale quand il redevenait plat. L'ennui les guettait. Si bien que cela faisait plusieurs heures qu'elle manipulait l'épée qu'on lui avait offerte afin d'avoir une bonne prise en main.

- Vous devriez regarder où vous marchez, Naïla.
- Ne vous inquiétez pas. Ce n'est pas comme-ci le terrain était si bosselé.

Elle ne le vit pas, mais dans son champ périphérique, elle put conclure qu'il agitait la tête d'un air amusé et désespéré à la fois. Mais très vite, la réalité la rappela à l'ordre et sa cheville se prit dans un branchage qui recouvrait la parcelle terreuse. Il ne fallut pas bien longtemps à la jeune femme pour tomber au sol, même si sa honte était, actuellement, plus bas que terre. Elle se redressa vivement et essuya sa robe. Sa tenue était typique des villageoises de Malundis, bien qu'un peu amélioré sur certains points. Après tout, elle ne pouvait pas se balader avec une magnifique robe en soie et espérer passer inaperçue. Qu'est-ce que ce tissu pouvait lui manquer parfois. Il était tellement doux et agréable sur la peau. A la place, elle portait donc une chemise blanche, au col en « V », allant des épaules au milieu de la poitrine. Un bandeau de toile permettait un bon maintien de celle-ci. Des jarretières remontaient sous son bliaud noir, jusqu'à ses genoux, lui permettant de résister au froid nocturne. Elle préférait garder des couleurs humbles pour ne pas se faire remarquer lors des déplacements, notamment en forêt.
Pour revenir à sa descente vers le chemin de la honte, les éclats de rire de Robin ne tardèrent pas à atteindre ses oreilles, alors qu'elle lui adressa un regard faussement mécontent. Naïla n'arriva pas bien à le tenir puisqu'elle finit également par se mettre à rire quand Robin tomba à son tour, de la même manière qu'elle, au moment où ils reprirent leur marche.

- Nous appelons cela le karma, très cher, dit-elle, amusée.

Au coin de ses lèvres, de petites fossettes étaient visibles. Toute sa vie, on lui avait sans cesse répéter qu'elle tenait cela de son père. Mais qu'elle avait la douce innocence de sa mère lorsqu'elle avait son âge. Et cela était forcément plaisant à entendre, à l'époque. Toutefois, aujourd'hui, elle y repensait avec une pointe de nostalgie dans le cœur. Au fond, Robin était un peu comme son second père, mais il ne remplacerait jamais le sien. Il était un peu la figure à laquelle elle s'était toujours référée lorsque le Roi était occupé avec le Conseil ou avec des déplacements. Elle se souvenait, vaguement, lorsqu'elle était beaucoup plus jeune, les soirs où il venait lui raconter des histoires. Notamment, quand elle était chagrinée de ne pas voir son père près de son chevet. Elle avait une relation fusionnelle avec lui. Mais incomparable avec les vrais liens du sang.

Très vite, l'exultation qui s'était manifestée face à leur maladresse s'estompa dans la nature lorsque des voix se firent entendre au loin. Robin la prit par les épaules et l'attira contre un chêne, lui faisant signe de se taire en posant son index sur ses lèvres. Il fut remarqué et interpellé par les hommes vers lesquels il se dirigea. Inquiète, Naïla commença à sortir sa lame de son étui, prête à rejoindre le combat s'il y en avait un. Son cœur commença à s'accélérer. Elle pouvait le sentir tambouriner dans sa tête. Un silence pesant s'était installé. Si Robin était mort ?
Des rires se firent entendre. De vrais éclats de voix. Pas ceux que font les hommes lorsqu'ils ont commis un acte malveillant. Fronçant les sourcils, elle sortit de sa cachette lorsque Robin l'appela en lui disant qu'il n'y avait rien à craindre. Elle le vit prendre les deux hommes dans ses bras, leur offrant quelques tapes dans l'épaule à chacun.

- Qu'est-ce que tu fais, ici ? Nous te pensions mort lors de l'attaque de la Capitale.

Naïla les regarda avec incompréhension. Les arrivants avaient tout l'air de chasseurs. Ils portaient chacun un arc et un carquois de flèche sur leurs épaules. Ils semblèrent avoir l'âge de Robin. Elle leur donnait presque la quarantaine, mais elle n'était pas réellement sûre. Définir l'âge de quelqu'un n'avait jamais été son fort. Parmi eux se trouvait un homme d'une demi-tête de moins que Robin, alors que l'autre semblait d'une taille gigantesque de là où elle se situait. Il était rare de voir quelqu'un d'aussi grand et d'aussi imposant. Il devait mesurer un peu moins de deux mètres, mais Naïla n'en était pas réellement sûre de là où elle observait. Le premier était brun aux yeux bleus. Il portait une tunique marron qui était bien trop large pour lui. Sûrement une tenue d'occasion. Mais avec le froid hivernal qui commençait à s'installer, mieux valait-il porter des habits peu plaisants, mais agréablement chauds. Le second avait déjà les cheveux totalement gris et les yeux noisette. Il semblait avoir un peu plus d'argent que son compagnon puisqu'il portait une cape à l'intérieur en poil de bête. Celle-ci semblait être également d'occasion, mais de bien meilleure qualité.
Naïla ne put analyser plus longtemps les deux chasseurs qu'un troisième vint se joindre à la partie. Un homme de la vingtaine, les cheveux noirs, frisés. Il abordait un visage des plus sérieux, comme-ci il avait été façonné ainsi. Pas un seul sourire quand il salua Robin. Elle en conclut rapidement que son père était l'homme le plus grand des deux. Ils avaient la même forme de nez et la bouche plissée. Lui aussi portait une cape du même type que son paternel, mais la sienne semblait être neuve. Le patriarche de la famille semblait être plein de sollicitude à l'égard de son fils. Aîné, unique, ou autre... elle n'en savait rien. D'ailleurs, il ne la remarqua pas quand il prit la parole.

- Ton piège a fonctionné, Robert.
- C'est ton fils, Humphrey ? Il a tellement grandi, s'exclama Robin d'un air enjoué. La dernière fois que je t'ai vu, Aeden, tu ne devais pas être plus haut que la taille de ton père.
- C'est Robin, se sentit obligé d'expliquer le dit-Humphrey à son fils.

Et le visage sérieux de l'homme disparut. Il arqua les sourcils d'un air surpris et se mit enfin à sourire en le serrant dans ses bras, comme de vieux amis. L'hypothèse, selon laquelle il avait le visage entièrement figé, telle une statue, s'envola. Et ce fut, apparemment, à cet instant là qu'ils remarquèrent sa présence. Ou, du moins, qu'ils firent enfin attention à elle. Non pas qu'elle demandait toute l'attention du Royaume, mais uniquement des explications pour comprendre à qui elle avait affaire.

- Tu ne nous avais pas dit que tu avais une fille, Robin ? Petit cachottier.
- Ce n'est pas vraiment ma fille.

Il chercha son regard un instant, comme pour la laisser poursuivre. Elle le comprit instantanément. Il lui laissait la possibilité : soit de dire qui elle était réellement, soit de mentir. C'est ce qu'elle appréciait chez Robin. Il lui laissait toujours le choix. Ce fut pour cette raison que leur complicité s'était si rapidement créée.

- Je suis une fille qu'il a aidé au château quand il s'est fait attaqué, il y a deux ans. Je serai morte s'il ne m'était pas venu en aide.

Ce n'était qu'un demi-mensonge. Son père lui avait toujours inculqué de bonne valeur, mais depuis sa fuite, elle devait sans cesse mentir et cela devenait compliqué. Donc elle avait décidé de ne révéler que partiellement son identité. Ce que les hommes semblèrent gober puisque Robert lui tapa dans son épaule en souriant.

- Ça, c'est le grand gaillard que l'on connaît.

Naïla était encore dans une totale incompréhension. Ce qui lui fit se poser des questions sur les origines de Robin. Elle n'avait pas l'habitude de voir des personnes se tutoyaient avant son départ du château. C'était des conventions à la Cour. Elle avait toujours dit « vous » pour désigner son père, comme sa mère. Et c'est là qu'était la majeure différence entre la Cour et les villages de Malundis. Elle essayait de s'y conformer, mais elle avait encore beaucoup de mal. Un jour, la jolie brune avait tenté de le faire avec Robin, mais cela sonnait tellement ridicule entre ses lèvres qu'elle n'avait pas tenté de changer ses habitudes. Finalement, elle décida de prendre la parole et s'adressa à eux comme elle l'aurait fait avec n'importe qui, sans trop se poser de questions.

- Excusez-moi, mais d'où vous connaissez-vous ?
- Ceci est une longue histoire à raconter en manger au coin du feu, lança Robin en souriant.
- La nuit va bientôt tomber. Trouvons un endroit où passer la nuit et on te racontera, annonça Humphrey en lui lançant un clin d’œil, l'air de dire qu'elle n'avait pas à s'inquiéter, que ses questions auront bientôt des réponses.


Naïla ne comprit pas réellement pourquoi ils faisaient autant planer le mystère sur leur rencontre. Elle était persuadée que ce n'était pas quelque chose d'extraordinaire. Mais elle mit, tout de même, « les mains à la pâte » et s'en alla chercher du bois. Aeden l'accompagna sous les ordres de son père. Comme-ci elle risquait sa vie à s'éloigner de quelques pas du campement ! Ce dernier se construisait, d'ailleurs, peu à peu. Un silence pesant régna entre les deux, jusqu'à ce qu'elle se décide de le rompre.

- Donc, vous avez déjà vu, Robin ?

Un simple « hum » atteignit ses oreilles. Bon... Jusque-là tout allait bien.

- Il a l'air d'être proche de votre père.

Le même son que précédemment arriva à ses oreilles. A croire qu'il avait un trouble de la production langagière et qu'il ne savait dire qu'une syllabe : « hum ». Naïla roula des yeux avant de s'accroupir pour ramasser des branches au sol. Avec le froid nocturne qui régnait sur les collines et les forêts de Malundis, mieux valait-il se préparer à affronter la température. Mais, elle ne put cogiter plus longtemps sur la quantité de bois nécessaire pour la nuit qu'un bruit dans les buissons l'interpella. Elle redressa le visage vers le lieu en question, toujours accroupie, jusqu'à ce qu'un lièvre ne sorte brutalement de là où il était caché. Naïla prit peur et laissa tomber les rondins de bois sur le sol. Mais il sembla bien plus terrifié qu'elle puisqu'il partit en courant. Une micro-seconde plus tard, une flèche vint se planter dans le sol, là où la petite bête était avant sa fuite. Aeden s'approcha et l'arracha de la terre, la regardant avec un regard dur. Personne ne l'avait jamais regardé ainsi, jusqu'à aujourd'hui. Elle se sentit mise à nue. Comme-ci elle venait de commettre une bêtise, mais qu'elle ignorait laquelle. Finalement, ce fut le garçon de son âge qui rompit le silence. Naïla fut même surprise de constater qu'il avait bien une langue et, encore mieux, qu'il savait s'en servir. A bon escient ? Elle n'en était pas certaine.

- Tu es totalement sotte, ma parole ! Tu viens de faire partir ce qui aurait pu nous servir de repas pour ce soir. La plaie ! lâcha-t-il d'une voix pleine de venin.
- Je vous demande pardon ? répliqua-t-elle, déconcertée par tant de mépris soudain.
- Je disais que tu étais idiote. Encore plus quand tu vouvoies des personnes de ton âge. Tu étais, sans aucun doute, bien blanchie dans ton château, entourée de nobles. Mais là, tu es dans la vie réelle, celle du peuple. Alors tu devrais arrêter de faire ta princesse qui a peur d'un rien. Cela fait peine à voir.

Et il s'éloigna, sans un mot de plus. Naïla n'eut même pas le temps d'en dire plus, de répliquer qu'il avait déjà commencé à s'éloigner. Elle fut totalement abasourdie par tant de mépris soudain. Comment la vie a-t-elle fait pour corrompre cet homme et le rendre si détestable ? Déconcertée, il lui fallut un moment pour retrouver ses idées et elle le rattrapa en lui saisissant l'avant-bras pour l'obliger à se stopper et à l'écouter.

- Je préfère être une princesse totalement idiote qu'une sale merdaille, comme toi, que nous voulons constamment gifler.

Elle fut presque effarée de son propre langage. Elle n'avait jamais utilisé de langage aussi familier que « merdaille ». Ses parents interdisaient cela, à l'époque. Ce n'étaient pas des mots convenables pour des personnes de leur rang. Mais elle l'avait entendu lors d'une prise de tête entre deux villageois durant une escale. De plus, en se montrant aussi vulgaire, elle l'avait tutoyé. Cela pouvait se lire sur son visage qu'elle n'avait pas l'habitude de parler ainsi. Et, étrangement, Aeden finit par dégager un sourire. Puis, après quelques secondes de sérieux, elle entendit le premier rire sortir de sa bouche. De petites rides d'amusement se formèrent au coin de ses yeux, même si Naïla ne comprenait pas vraiment ce qu'elle avait pu dire de tellement amusant. Il l'avait fait sortir de ses gongs et, maintenant, elle regrettait de s'être emportée. Elle avait l'air encore plus stupide qu'elle ne l'était déjà. Même si elle devait avouer qu'elle voulait le rejoindre dans son amusement. D'un côté, le voir se lâcher lui donnait envie de sourire ; de l'autre, elle ne digérait toujours pas ses commentaires déplacés à son propos. Elle prit donc une décision qu'elle considérait comme sage et s'éloigna pour ramasser les branches que ses doigts avaient laissées échapper.
Naïla, imaginative comme elle était, commençait à se dire qu'il la trouvait sans doute encore plus stupide qu'auparavant à jurer à tout va et à utiliser un langage qui n'était pas du tout en cohérence avec qui elle était. Quel imbécile ! Elle le trouvait détestable. Pourtant, son instinct lui disait que son air renfrogné était dû à quelque chose, un événement dont elle ignorait l'origine. Bien-sûr, elle aurait pu tenter de le savoir, mais la jeune femme n'avait aucune envie de se lier d'amitié avec Aeden. Et si, pour commencer, elle tentait déjà de penser à autre chose ? Quelle brillante idée !

Robert, l'ami de Robin, était le plus discret d'entre eux pour le moment. Il ne parlait que très peu. Néanmoins, en apercevant Naïla perdue dans ses pensées, il dût apercevoir une pointe de nervosité et d'incompréhension sur son visage. En effet, il ne tarda pas à s'approcher d'elle et à lui murmurer des paroles à voix basse.

- Tu ne devrais pas te remuer les méninges pour Aeden. Il n'a jamais été très agréable depuis que je le connais. En même temps, il n'a pas eu une enfance facile.
- Vraiment ? Et serait-ce une raison valable pour se déchaîner contre une personne qui n'a rien demandé ?

Elle jeta un bref regard vers lui. Il était en pleine discussion avec Robin. Tous les deux semblaient parler de quelque chose de très sérieux. Elle connaissait très bien son partenaire de route et elle pouvait jurer percevoir une pointe de nostalgie dans ses yeux. Peut-être de la tristesse ? Mais cela n'avait que très peu de sens, vu qu'il tapa amicalement dans l'épaule d'Aeden. Ce dernier sembla sentir son regard sur eux et il releva la tête dans leur direction. Instinctivement, elle réagit comme une enfant -ou une « imbécile », selon le point de vue d'une certaine personne- et tourna la tête vers Robert, comme-ci rien ne s'était produit. Peut-être n'avait-il pas tout à fait tord, en fin de compte ?

- Non. Bien-sûr que non. Mais je pense que tu devrais lui laisser du temps. Les nouvelles rencontres n'ont jamais été son fort. Depuis qu'il est petit, il est plus souvent avec Humphrey et moi-même qu'avec des personnes de son âge.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Ce n'est pas mon rôle de raconter cette histoire. Peut-être le fera-t-il un jour. La patience est mère de toutes les vertus. N'oublie jamais ça.

Il acheva sa phrase avec un clin d’œil plein de sous-entendus. Étrangement, elle eut l'impression qu'il parlait d'une chose bien plus grande que la simple enfance d'un inconnu qui attend d'être racontée. Naïla eut comme une pointe au cœur. Ce genre de sensation qui se créait quand nous sommes pris par surprise, pris de cours. Elle aurait pu jurer que Robert avait créé cette réplique en référence à sa quête. Ses derniers mots et son clin d'oeil ne faisaient qu'accentuer ses interrogations. Son visage devint plus sérieux. Ses sourcils se plissèrent. Elle allait lui répondre. Malheureusement, la jeune femme eut à peine le temps d'ouvrir la bouche qu'une voix parvint à ses oreilles un peu plus loin.

- Le feu est prêt. Vous venez avant que la viande ne soit trop cuite ?

Ce fut Humphrey qui s'adressait aux deux petits groupes qui s'étaient formés. Déconcertée, elle n'osa pas mettre sa couverture en jeu en lui posant la question qui lui brûlait les lèvres. Sans doute était-ce dû au hasard. Sans doute ne le saurait-elle jamais. Pour le moment, une chose était certaine : ce repas réserverait bien des surprises et des découvertes. Mais bien-sûr, elle l'ignorait pour le moment.
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Message(#) Sujet: Re: TRAPPED [FLOOD ON] Mar 13 Fév - 8:39

Chapitre 4
Naïla avait presque oublié que Robin avait eu une vie avant d'être Conseiller. Difficile quand on l'a toujours connu sous ce statut. Pourtant, son histoire et son parcours furent bien plus différents que ce qu'elle pensait jusqu'ici. Son père en avait même une très grande expérience d'après ce qu'on lui raconta ce soir-là.

Le suspens dura un moment. Les anciens compagnons de Robin avaient pris leur temps pour faire cuire les lièvres chassés au cours de la journée. Elle sentit même quelques regards gênants de la part d'Aeden durant le repas. Il ne devait pas beaucoup l'apprécier. Et elle se demandait même pourquoi. Elle n'avait rien fait de spécial et il avait le don de la déconcerter entièrement. Mais l'héritière de Malundis avait des défauts. Elle le savait. Elle avait la fâcheuse tendance à être obstinée. Quand elle avait une idée en tête, elle ne la lâchait pas. Cela la rendait parfois un peu paranoïaque sur les bords. Et puis, elle se vexait facilement. Sa remarque de tout à l'heure lui restait au fond de la gorge, comme-ci un nœud s'était formée. La sensation était gênante et très désagréable. Le fait d'ignorer la raison de ce mépris la tracassait. L'obstination, avait-elle dit. Ce n'était pas bien surprenant.
Pourtant, toutes les pensées sombres s'évaporèrent de son esprit à l'instant même où Robert commença à s'adresser à elle. Ce fut un peu comme les oreilles des animaux qu'ils traquaient pour se nourrir. Elles se mirent en position d'écoute, la rendant plus attentive que jamais à ce qu'il s'apprêtait à dire.

- Nous vivions dans un village non loin de la Capitale lorsque nous étions plus jeunes, Humphrey, Robin et moi. J'avais déjà mon fils, Aeden, âgé de sept ans, à l'époque. Et Robin, lui... commença-t-il à dire avant de se stopper et de jeter un regard vers son compagnon de route, comme pour avoir son accord de poursuivre.
- … Et moi, j'avais ma femme et ma fille, continua-t-il dans la lancer de Robert.

Les sourcils de Naïla s'arquèrent directement, prise de surprise. Robin avait eu une femme et une fille, avant de devenir Conseiller de son père. Celle-là, elle ne l'avait jamais imaginé. Mais elle n'était pas étonnée non plus. Il était un homme assez séduisant et plein de charme. Il pouvait courtiser n'importe quelle fille de Malundis s'il le souhaitait. Pourtant, c'était un côté de sa personnalité qu'elle n'avait jamais eu l'occasion de voir. Alors, l'imaginer avec une fille et une femme... Cela lui faisait tout drôle. Il fallait l'avouer.

- « Avais » ? Que s'est-il produit ?

Naïla percevait très bien de la nostalgie et du chagrin dans le regard de Robin. Elle s'en voulut de lui avoir posé la question. Mais au moment où elle allait rebrousser chemin sur son envie d'en savoir plus, il commença à parler.

- Le Roi est venu au village ce jour-là. Il devait faire une annonce sur la place publique, mais des rebelles s'en sont mêlés et une tuerie a commencé. J'ai amené le Roi et les femmes de Humphrey et de Robert en sécurité. J'ai demandé à ma femme de rester avec eux pendant que je partais chercher Aeden et Lucy, mais elle ne m'a pas écouté. Quand la mutinerie s'est enfin terminée, j'ai retrouvé ma femme, Mélissandre, égorgée et ma fille morte à cause d'une chute. C'est ce jour-là que le Roi a vu mes compétences en tant que Conseiller. Lorsque j'ai dirigé le village pour protéger la Couronne. Malheureusement, même si c'était une proposition inespérée, ce fut également le pire jour de ma vie. Le Roi m'a beaucoup aidé à surmonter cette épreuve, ainsi que Robert et Humphrey.

Naïla fronça les sourcils en écoutant son récit. Elle se posait de nombreuses questions, mais au risque de le blesser, ses lèvres restèrent closes. De plus, la tristesse se faisait sentir dans sa voix, légèrement tremblante. Elle posa sa main sur son dos et le frotta doucement, comme pour lui montrer qu'elle, elle ne le laisserait pas. Étrangement, elle se demandait même s'il ne faisait pas un transfert sur elle-même de sa fille. Ce ne serait pas étonnant avec une telle perte. Elle devait avoir le même âge qu'elle lorsqu'elle a quitté ce monde. Sans doute cela expliquerait-il le fait qu'il soit constamment en train de vouloir la protéger de ce qui l'entoure. A tout prix.
Le questionnement ne dura pas plus longtemps puisque Robin lui adressa un doux sourire et passa son bras autour de son épaule pour la serrer contre lui, avant de rajouter qu'il allait un peu mieux aujourd'hui, qu'elle ne devait pas s'en faire. Quand elle se décolla enfin de lui, elle put remarquer le regard absent d'Aeden. Plus suspicieux encore, il sembla même savoir quelque chose. Il avait cet air coupable que Naïla tentait constamment de cacher quand elle était plus jeune, alors qu'elle s'apprêtait à annoncer une bêtise à ses parents. Le grand brun dû sentir le regard insistant qu'elle lui portait, étant donné qu'il l'observa d'une manière froide, voire glaciale. Ce fut comme un défi. Ou du moins, Naïla le prit comme tel. Alors, elle ne décrocha pas son regard du sien. S'il essayait de l'intimider et de la faire regarder ailleurs, il n'en était pas question. Elle n'allait sûrement pas faire la même erreur que tout à l'heure.
Ce fut Humphrey qui les coupa dans leur élan de provocation lorsqu'il se mit à chantonner, suivi de Robin et de Robert. Son regard se balada sur eux, alors qu'un doux sourire s'étira sur ses lèvres. Elle ne connaissait pas les paroles, mais la mélodie fut plaisante à entendre.



Le sommeil les gagna après un doux moment de plaisir qui remit un peu de joie dans l'atmosphère. Tous tombèrent rapidement dans les bras de Morphée. Tous, sauf Naïla qui se retournait encore et encore, à même le sol. Ce n'était pas le bas confort qui l'empêchait de dormir, mais plutôt les intenses réflexions qui échauffaient un peu trop son esprit à son goût, si bien qu'elle avait peur d'en devenir totalement folle. Elle repensait à l'histoire de Robin. Comment avait-elle pu ignorer cela alors qu'elle le connaissait depuis une dizaine d'années ? Pourquoi son père ne l'avait jamais mise dans la confidence, tout comme sa mère aurait pu le faire ? Pour quelle raison n'avait-elle jamais été au courant de cette attaque au village ? Ces questions tournaient encore et encore dans sa tête. Si bien que son esprit commençât à être totalement embrumé et n'arrivait plus à réfléchir correctement. Ce fut une sensation étrange, comme une sorte d'essoufflement mental. Il fallait qu'elle prenne l'air, qu'elle pense à autre chose. Ce fut pour cette raison que Naïla se redressa silencieusement, vérifiant que tout le monde dormait à poings fermés. Juste au cas où, elle attrapa son épée, avant de s'éclipser sur la pointe des pieds. La jeune femme marcha deux-trois minutes, avant de s'arrêter face à un paysage totalement épatant.
Elle se trouvait en haut d'une fosse. A cinq mètres en dessous de ses pieds se trouvait un immense lac, surplombé d'une cascade. La lune reflétait à la surface et permettait une meilleure vision de la zone. Au-dessus de sa tête se trouvait des milliers d'étoiles, certaines brillants plus que d'autres. Le tout était animé par les hululements d'une chouette et la mélodie de quelques criquets cachés dans les buissons. En avoir le souffle coupée était la seule réaction raisonnable possible. Elle était ébahie.
Afin de contempler ce qui s'offrait à elle, Naïla décida d'escalader l'arbre à côté d'elle. Elle monta raisonnablement, de manière à ne pas risquer sa vie en tombant. Quand la hauteur souhaitée fut atteinte, elle se contenta de s'asseoir sur la branche en question et laissa ses jambes pendre dans le vide. Le vent vint parcourir son visage et fit légèrement flotter sa chevelure. Ce paysage lui rappela sa vie à la Capitale. Elle eut, durant un court instant, l'impression d'être assise sur son rebord de fenêtre, contemplant la rivière dans laquelle elle a sauté pour sauver sa vie. Un souvenir désagréable vint chasser la beauté du paysage, alors qu'elle secoua la tête, comme pour chasser ces idées. Malheureusement, ce fut un autre élément perturbateur qui la coupa dans sa contemplation. Une voix sèche et froide.

- Qu'est-ce que tu fais là-haut ? Tu es totalement inconsciente, ma parole.

Inutile de se poser plus de questions. Aeden... Un soupire s'échappa de ses lèvres. Il manquait plus que lui. Elle baissa sa tête vers lui et répondit aussi agréablement.

- Je peux savoir ce que ça peut te faire que je sois là-haut ?

Le tutoiement se fit presque naturellement avec le grand brun. Son ton désinvolte rendait les choses beaucoup plus simples. En même temps, elle n'avait pas la moindre envie de faire des efforts pour se faire apprécier. Il semblait n'apprécier personne, pas même sa propre personne. Elle se contenta de se suspendre par les mains pour descendre à la branche inférieure, ce qui provoqua une réaction presque instantanée de la part d'Aeden.

- Non, mais tu n'es pas bien ! Tu es réellement sotte, je ne me suis pas trompé à ton sujet.

Agacée par ses propos, Naïla se contenta de reproduire le même geste, descendant un peu plus vers le sol. Ce qui eut le don de déplaire fortement à l'homme qui décida de riposter. Il se baissa et ramassa l'épée qui lui avait été offerte à Sthorne et qu'elle avait posé au sol avant d'escalader ce grand chêne. Les sourcils de la demoiselle se froncèrent avant qu'il ne la mette au-dessus de la fosse où se trouvait le lac.

- Descends correctement ou je la balance dans l'eau.

Les yeux de Naïla s'écarquillèrent soudainement. A quoi jouait-il, bon sang ? Qu'est-ce que cela pouvait lui faire qu'elle puisse tomber de trois mètres ? Cela lui déplut fortement et elle rejoignit le sol en moins de temps qu'il n'en fallut pour le dire.

- Rends-moi ça !

Elle avança sa main pour attraper l'épée qui lui appartenait, mais il la bascula dans son autre main, dans son dos. Naïla le frappa violemment à l'épaule, malgré sa faible force. Cela sembla étrangement l'amuser, ce qui augmenta deux fois plus la hargne de la jeune femme. Elle commença à le pousser, mais l'homme la stoppa en saisissant son avant-bras. Son autre main lâcha la lame qui tomba au sol avant que ses yeux deviennent ronds. Naïla n'eut pas le temps de comprendre ce qui produisait chez lui une telle réaction qu'il tomba en arrière, dans le vide. En revanche, elle prit rapidement conscience qu'il avait toujours sa main serrant son avant-bras. Très vite, son corps bascula avec le sien et une chute s'ensuivit. Son cœur se compressa dans sa poitrine. Mais ce ne fut pas la même sensation désagréable que celle qu'elle avait eu lorsqu'elle avait dû sauter par l'ouverture de sa chambre. Naïla eut véritablement la sensation de voler, mais comme la première fois, l'eau la rappela à l'ordre. Tout son corps s'en retrouva rapidement imbibé. Elle n'était pas gelée comme autrefois, mais suffisamment froide pour laisser échapper un petit cri de surprise lorsqu'elle revint à la surface.
Il lui fallut quelques instants pour reprendre ses esprits et entendre Aeden émettre le même bruit qu'elle. Quand il sortit sa tête de l'eau, sa réaction fut immédiate : elle le gifla, quoiqu'elle était persuadée que le ralentissement de son mouvement était dû à l'eau.

- Tu es vraiment qu'un sale crétin !
- Et toi une princesse inconsciente.
- Ça ne serait jamais arrivé si tu m'avais laissé en paix en haut de mon arbre !
- Pour que tu perdes la vie en tombant ? Bien. La prochaine fois, je te laisserais seule.

Naïla fit rapidement le rapprochement avec Lucy, la fille de Robin. Elle était sans nul doute une amie à Aeden, étant du même âge. Peut-être n'avait-il pas digéré la raison de son décès ? Cela lui mit rapidement les idées en place et elle ferma la bouche, au lieu de riposter à son pic. Mais son obstination reprit le dessus.

- Lucy était ton amie, n'est-ce pas ?
- Je ne veux pas parler de ça.

La jeune femme ne répondit pas, le regardant s'éloigner à la nage vers la rive. Elle tenta de le suivre du mieux qu'elle pouvait, mais les habits féminins étaient déjà lourds de base, alors y rajouter de l'eau ne l'aidait pas réellement. Sans doute eut-il pitié d'elle puisqu'il fit demi-tour et la tira par la taille.
Finalement, ils regagnèrent le sable fin qui se colla à son bliaud. Cela serait fort plaisant à faire enlever. Elle se contenta de toussoter, essoufflée, alors qu'Aeden s'allongea sur le dos. Sa poitrine se gonflait et se dégonflait à un rythme plus animé que la normale. Elle l'observa quelques secondes, avant de se sentir obligée de dire les mots qu'elle ne voulait pas prononcer à son égard.

- Merci.
- Je n'allais pas te laisser te noyer. Elles sont toutes comme ça les dames de la Cour ?
- Et ils sont tous aussi bougon que toi les hommes du peuple ?

Naïla le foudroya du regard, d'un air de défi, et le grand brun ne tarda pas à se mettre à rire. Son visage sévère ne tarda pas à se décontracter et elle se mit à sourire à son tour. Elle le détestait, mais cela avait quelque chose d'agréable de le voir sourire. Elle avait l'impression d'être une privilégiée. Chose qu'elle n'avait plus la sensation de connaître depuis bien longtemps déjà.

- Bon, déshabille-toi.

Voyant la mine à demi-choquée de Naïla, il se mit à laisser échapper un nouveau rire, bien qu'aussi faible que le précédent. On pouvait apercevoir qu'il ne se lâchait pas totalement prise. Mais voir que la jeune femme était aussi innocente et naïve l'amusait drôlement.

- Je parlais d'aller te chercher des vêtements. Je suppose que tu en as pris d'autres dans ton sac de voyage ? Tu risques de tomber malade à rester trempée ainsi.

Les sourcils de Naïla se froncèrent. Tout s'était éclairé en un instant au moment où Aeden avait fait un mouvement de tête vers sa tenue. Elle baissa son regard vers son bliaud, avant de se rendre compte que celui-ci lui dessinait parfaitement les courbes de son corps. Embarrassée de sa posture, elle croisa les bras sous sa poitrine en s'asseyant, acceptant son offre d'un simple hochement de la tête. Il leva les yeux au ciel, mais la jeune femme ne l'avait pas assez observé pour savoir s'il s'agissait d'amusement ou d'exaspération face à sa pudeur. Il s'éclipsa, laissant la demoiselle seule. De toute manière, elle ne craignait pas grand chose ici. A moins que quelqu'un ne se décide à faire un saut de cinq mètres pour les rejoindre.

Naïla profita de son absence pour se cacher dans les buissons et retira son bliaud en commençant par détacher la ceinture. Elle fit de même avec ses dessous. De toute manière, elle risquait de tomber plus malade qu'autre chose à les garder. Puis, pendant un moment, elle commença à douter qu'il revienne. Et s'il lui faisait une plaisanterie de mauvais goût ?
Heureusement pour elle, il ne la planta pas et revint quelques minutes plus tard avec son sac à la main, l'épée dans l'autre. Cette attention toucha particulièrement la jeune femme, mais elle ne lui fit pas parvenir cette information. Elle refusait qu'Aeden puisse penser qu'elle l'appréciait.

- Naïla ?
- Je suis là.

Elle sortit une main, cachée derrière son buisson qui cachait suffisamment son corps. Très rapidement, elle sentit une lourdeur sur ses doigts et elle en conclut qu'elle venait de récupérer ce qui lui appartenait. Commençant à avoir froid, Naïla l'ouvrit rapidement et attrapa ce dont elle avait besoin.
Quand la jeune femme sortit du buisson, une chemise blanche était recouverte d'un surcot sans manches vert et à lacets. Cela était utile contre le froid. Elle portait un bas moulant parfaitement ses formes et une paire de bottes en cuir mou montant jusqu'en dessous de ses genoux. Elle n'était pas très à l'aise sans robe, il fallait le dire. En plus de ça, le port de bas pour une femme était très mal vu dans certaines régions du Royaume. Certaines femmes se déguisaient même en hommes à Malundis, d'après ce qu'elle avait pu constater. L'image avait une part très importante dans la vie de chacun, mais Naïla n'avait pas le choix. Elle n'allait pas récupérer son Royaume avec une robe qui s'accroche à chaque branche qui passe par là. Néanmoins, sa gêne fut totalement dissipée lorsque Aeden la détailla du regard d'un air presque surpris. Elle ne lut pas le jugement dans son regard, mais plutôt une satisfaction, étrangement. Naïla se demandait à quoi il pouvait bien penser, alors qu'il détourna le regard pour retirer son haut trempé. Elle fit de même et en profita pour tresser ses cheveux, les laissant tomber sur son épaule, tout en lui laissant son intimité.
- Nous pouvons retourner avec les autres. Laissons les vêtements sécher, ici, sur une branche. Nous les récupérerons demain.

Naïla hocha positivement la tête et regagna le chemin du campement qui s'était créé à ses côtés. Le trajet se fit dans le silence le plus total. Cette aventure, bien qu'étrange, l'avait vidé de son énergie. Tout son corps demandait le sommeil pour se ressourcer. Elle ne se fit pas prier et s'allongea sur le sol, recouvrant son corps de sa cape azur pour lui tenir un peu plus chaud. Aeden lui adressa un hochement de tête, comme pour lui souhaiter une bonne nuit. Elle fit de même avant de se mettre dos à lui et de fermer les yeux, se laissant tomber, à son tour, dans les bras de Morphée.

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Message(#) Sujet: Re: TRAPPED [FLOOD ON] Mer 14 Fév - 15:03

Je viens t'embêter :langue:

J'aime pas mal, c'est bien écrit, ça se lit bien ! Et j'apprécie le fait qu'on voit que ça marque l'héroïne, de prendre des vies, quand bien même c'est pour atteindre un but qu'on peut tous comprendre. Car dans pas mal de livres ou même de films/séries, on voit des gens qui n'étaient pas "habitués" au combat, et qui gèrent sans souci le fait de tuer des gens ! Rolling Eyes

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Message(#) Sujet: Re: TRAPPED [FLOOD ON] Mer 14 Fév - 15:17

Merci @cacahuète Smile
Ton commentaire me va droit au coeur. Après, si tu le souhaites, j'ai une page facebook ou je tiens au courant des nouveautés et les chapitres arrivent plus tôt sur Wattpad (à titre d'information)
En tout cas, merci, c'est adorable

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Message(#) Sujet: Re: TRAPPED [FLOOD ON]

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TRAPPED [FLOOD ON]

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