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Golden Jail (NaNoWrimo 2017)

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Épices d'automne
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J'ai rejoint la planète PRD le : 02/04/2014 J'ai posté un total de : 205 Messages. Sinon je m'appelle : Laurine et j'ai : 21 ans. Dans la vraie vie, je : passe le temps en chantaaaaant Les logiciel(s) que j'utilise sont : PhotoFiltre et c'est tout parce que j'suis qu'une noob


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Message(#) Sujet: Golden Jail (NaNoWrimo 2017) Mer 15 Nov - 7:18






Golden Jail


Blablabla hello cher lecteur ! Tout d'abord, sache que le nano est un réel challenge pour moi : je suis du genre à ne pas écrire beaucoup de mots, ni à réussir à être très régulière dans ma fréquence de rédaction, j'ai donc voulu me lancer un défi avec ce petit concours. En gros, si j'arrive à poster les trois parties en temps et en heure, j'ai déjà un peu gagné dans ma tête héhé.
Résumé c'est une histoire, un petit bout de vie, celle d'une jeune femme qui apprend à vivre après des années d'enfermement. C'est une personne différente qui évolue dans notre monde et c'est surtout sa vision déformée d'elle-même, du bien, du mal, de l'amour face à l'incompétence des professionnels qui l'entourent.
Personnages il y a Olivia, petit bout de femme âgée d'une vingtaine d'années qui sourit à la vie depuis qu'elle a retrouvé sa famille, mais qui conserve une part d'ombre, de nombreuses séquelles. Et puis il y a Thomas, bibliothécaire d'une trentaine d'années au caractère versatile. Pour tous, il n'est qu'un gentil voisin, mais en réalité, c'est un dangereux sadique.
Inspirations j'essaye de ne pas ressembler à d'autres œuvres, mais je suis obligé de citer le film Split de M. Night Shyamalan, la série Thirteen de Marnie Dickens ainsi que la fanfiction Captive de Pisha84.

Partie I > 989 mots
Partie II > 901 mots
Partie III > 975 mots
Total > 2865 mots



Dernière édition par thenightcall le Ven 1 Déc - 16:08, édité 4 fois
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Message(#) Sujet: Re: Golden Jail (NaNoWrimo 2017) Jeu 16 Nov - 6:01






Golden Jail


C'était la même chose tous les matins depuis de longs mois. Un rituel bien rodé, répétitif et lassant, mais qui se voulait rassurant. On lui avait conseillé cette méthode au centre pour reprendre doucement possession de sa vie. De petites astuces comme respecter les mêmes horaires pour se rassurer, manger toujours la même chose au petit déjeuner et ne jamais oublier de préparer sa tenue la veille, avant d'aller se coucher. Des conseils barbants, qu'elle jugeait futiles et adaptés aux enfants, aux handicapés mentaux alors qu'elle ne pouvait s'empêcher de les appliquer inconsciemment. Désormais il y avait le bus de 7h13, la musique de 11 minutes 06 secondes et le minuteur de sa brosse à dents qui définissaient à eux trois son timing matinal, comme s'il lui était impossible de décider à elle seule du rythme à adopter. Et c'était totalement ça : elle en était absolument incapable. Ses précédentes années de vie lui avaient été imposées, oppressant son libre arbitre, anéantissant ses potentielles initiatives. C'était donc un combat journalier que d'apprendre à décider pour soi-même.
Elle embrassait ses parents avant de passer la porte le matin, les écouteurs ancrés dans ses oreilles. C'était rassurant la musique, apaisant même. Surtout lorsque l'on avait écouté seulement Chopin pendant huit ans. Petit à petit, elle rattrapait le temps perdu : ces musiques qu'elle ne connaissait pas, ces films qu'elle avait ratés, ces faits médiatiques dont elle ignorait l'existence... Mais malgré toute sa bonne volonté, Olivia détonnait où qu'elle aille. Ne serait-ce que par son style vestimentaire étonnamment enfantin, son air mutin, que par ses yeux étrangement vides.
Heureusement, on lui épargnait le regard des autres. Reprendre l'école n'avait jamais été une option, c'était tout bonnement impossible de fréquenter la foule à nouveau, d'accuser les questions indiscrètes des plus curieux ou bien de subir la séduction innocente des garçons de son âge. A la place, Olivia se rendait à la bibliothèque municipale, étudiant à son rythme pendant quelques heures, avant de devoir se rendre au centre deux fois par semaines, pour son rendez-vous psychologique. Son pas était toujours traînant, sa moue boudeuse lorsque venait le moment de parler de ça. De ce qu'elle avait vécu. Les mots étaient impossibles à trouver, tout se mélangeait : les souvenirs, les rêves, les cauchemars... On la regardait toujours d'un air compatissant, comme une pauvre petite créature. On la qualifiait de survivante, on complimentait son courage, sa rage de survivre sans que jamais elle ne puisse croire à ces mots. Victime ou bourreau ? Horreur ou bonheur ? La jeune femme était incapable de définir ce qui avait rythmé sa captivité durant toutes ces années. Tout comme elle était incapable de décrire le visage de son kidnappeur aux enquêteurs, ni sa voix, son odeur, sa maison ou encore le lieu de son enlèvement. Les professionnels expliquaient aisément cette absence de mémoire - une amnésie dissociative sûrement – sans jamais déceler la vérité : Olivia n'arrivait simplement pas à le dénoncer lui. Elle ne voulait pas. Cela faisait-il d'elle un monstre ? Une complice ? Sûrement.

Lundi 09 octobre n'était qu'un jour de plus dans cette vie monotone. L'automne apportait quelques couleurs chaleureuses aux trottoirs, attirant son regard distrait. Depuis combien de temps n'avait-elle pas vu le défilement des saisons déjà ? Beaucoup trop d'années pour commencer à compter. Comme tous les matins de la semaine, elle appliquait son rituel en se rendant à la bibliothèque de bonne heure, sachant qu'elle y trouverait calme et solitude entre les rangées. Généralement, on la retrouvait dans le rayon des romans d'aventures, d'histoires fantastiques puisqu'elle prenait grand soin d'éviter tous écrits romantiques, dystopiques ou encore policiers. Fuir le quotidien était une nécessité.
Pourtant, ce jour-ci ne se déroula pas aussi aisément que les précédents.
Tout à coup, la brunette percuta brusquement une personne au détour d'une rangée, entre les romans jeunesse et ceux d'horreur. La collision ne fut pas violente, ne lui occasionnant aucune douleur, mais la jeune fille s'arrêta net, haïssant le moindre contact physique qui n'était pas à son initiative depuis son retour à la vie normale. Bégayant quelques excuses maladroites, elle osa à peine relever le menton, espérant rapidement se débarrasser de l'inconnu pour retourner dans sa bulle salvatrice.

« Et moi qui pensais que tu préférais les auteurs du XIXe, lui glissa la personne avec une grande douceur. »

Son timbre familier lui provoqua un frisson immédiat, la figeant sur place, glaçant son sang. C'était un mélange d'immense peur, le dégoût d'être surprise dans ce moment d'intimité, mais aussi... d'un étrange sentiment de reconnaissance. C'était lui. Il l'avait retrouvée.
Croisant son regard bienveillant, Olivia recula malgré elle de quelques pas, sans tenir compte de cette main qu'il lui tendait afin de lui rendre le livre qu'elle venait de laisser échapper sur le sol. Elle laissa ce geste sans réponse, ne le quittant pas des yeux. Il avait osé, il était de retour dans sa vie. Après tout ce temps. Après presque un an sans signe. Après deux déménagements. Connaissait-il déjà son adresse ? La regardait-il marcher dans la rue ? Étudier à la bibliothèque ? Depuis combien de temps savait-il ? Lui en voulait-il ? Les questions se bousculaient dans sa tête, tandis que son visage affichait une mine hébétée, le front plissé, la bouche légèrement entrouverte.

« Thomas, souffla-t-elle presque aphone, comme pour avoir confirmation qu'il ne s'agissait pas d'un mirage, d'un tour que lui jouait son esprit torturé. »

A la fois paniquée et surprise, Olivia jeta alors de frénétiques regards autour d'elle, constatant le calme de ce lieu d'études à une heure si matinale. Son instinct lui intimait de prendre la fuite, de crier, d'alerter les quelques lecteurs silencieux, mais elle n'en fit rien. Immobile, elle semblait dans l'attente. Dans l'attente de cet homme, son geôlier, son soi-disant cauchemar ; mais aussi celui qui avait partagé tant d'années en sa compagnie, qui l'avait vue grandir et qui la connaissait sûrement mieux que personne.

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Message(#) Sujet: Re: Golden Jail (NaNoWrimo 2017) Ven 24 Nov - 6:09






Golden Jail


« Ne t'inquiètes pas, assura-t-il à voix basse. Personne ne viendra nous déranger... »

Un sourire innocent se dessina sur son visage aux traits fins, illuminant son regard noisette. Thomas n'avait aucune conscience de qui il était réellement, de quel danger il représentait, ni de ce qu'il lui infligeait en montrant ainsi patte blanche. Ces derniers mois, on lui avait tant répété que son ravisseur n'était qu'un monstre, un pervers, un malade mental que la jeune fille éprouvait désormais de la difficulté à associer ce doux visage à de tels qualificatifs. Il avait toujours été si versatile et imprévisible, oscillant entre fougue, folie et délicatesse qu'elle n'avait jamais su sur quel pied danser à ses côtés. Mais avec le temps, elle avait appris à conjuguer avec ses phases, ces différents lui. La haine et la violence des premiers temps avaient laissé place à une forme d'amitié pour son lui protecteur, un instinct maternel pour son lui brisé, puis à un certain amour pour Thomas tout entier. Une fois seulement qu'elle fut résignée, et qu'elle eut accepté l'entièreté de ses facettes.

« Tu m'as tellement manqué, ajouta-t-il en cherchant à établir un contact physique.
- N'approche pas, supplia Olivia. S'il te plait... »

Sa mine se décomposa alors qu'il obéit difficilement, prouvant à quel point il était affecté par cette requête. Il s'était évidemment attendu à ce que les retrouvailles soient froides et distantes, il fallait laisser du temps aux femmes, surtout à Olivia. Tout venait à point à qui savait attendre... Sa patience des premiers mois de cohabitation en était d'ailleurs la preuve : jamais il n'avait cédé à la facilité avec elle. Pourtant, cela aurait été beaucoup plus aisé de mettre fin à ce cirque en lui offrant, comme aux précédentes, sa terre et son gazon comme lieu de sépulture dès l'instant où elle lui avait asséné des coups pour tenter de s'échapper. Mais pas elle. Olivia était l'exception, son défi. Elle était sienne. Et présentement, son immobilité dans ce lieu public n'était qu'une preuve supplémentaire de sa soumission. Peu importe le temps qu'il faudrait pour la récupérer: Thomas avait gagné d'avance.
C'était le moment de se montrer forte. Ses yeux embués se débarrassèrent des quelques larmes menaçantes d'un revers de manche alors qu'elle prenait, tremblante, une grande respiration salutaire en attrapant l'ouvrage qu'il continuait de lui tendre. Pourquoi réagissait-elle ainsi ? Etait-ce la peur maladive qu'il lui fasse à nouveau du mal ? Ou la joie intense de le retrouver enfin ? Un peu des deux, sûrement.
Thomas resta planté devant elle, la surplombant de toute sa hauteur. Il n'était pas non plus d'une carrure très impressionnante, un peu maigrichon même, mais derrière ces joues creuses, ces bouclettes négligées et ces grandes lunettes à monture noire, on pouvait déceler une force insoupçonnée ainsi qu'une intelligence sur-développée. Il était le parfait psychopathe, futé et méticuleux, protégé par une apparence banale qui ne lui offrait ni le regard des femmes, ni même l'intérêt de ses voisins.
Des cris d'enfants commençaient à se rapprocher d'eux, tandis qu'une bibliothécaire tentait vainement de calmer les écoliers en plaçant son doigt sur ses lèvres, espérant les inciter au silence. Thomas afficha immédiatement un mécontentement certain, supportant avec difficulté les bruits aigus et soudains. Il attrapa vivement la main d'Olivia, ne lui laissant cette fois ci, pas le temps de rechigner.

« Viens, j'ai envie de discuter tranquillement, ordonna-t-il en remontant ses lunettes carrées sur le bout de son nez aquilin. »

Le souffle coupé, la brunette se laissa faire docilement, lui emboîtant le pas entre les rangées d'ouvrages. Il semblait exactement savoir où se diriger, comme s'il connaissait par cœur ce lieu. Pourtant, c'était bel et bien la première fois qu'elle le voyait ici, ou du moins, le croyait-elle.
Durant ces derniers mois, l'homme n'avait cessé de la traquer. Les déménagements à répétition, les rues qu'elle empruntait quotidiennement, les différentes couleurs de ses élastiques à cheveux, les livres qu'elle empruntait : il savait absolument tout sur elle. Et d'autant plus depuis qu'il avait réussi à obtenir ce poste de réserviste à la bibliothèque, lui offrant visibilité et contrôle sur l'objet de son désir.
Avec un agacement certain, Thomas s'engouffra dans les toilettes publiques, veillant bien à ce que personne ne vienne les déranger. L'espace d'un instant, il abandonna la main d'Olivia, lui offrant à nouveau sa partielle liberté dont elle profita pour reculer jusqu'aux lavabos, espérant peut-être parvenir à retrouver ses esprits en s'humidifiant le visage.

« Ne me quitte plus jamais, lança-t-il soudainement en l'implorant presque. Rejoindre ceux qui disent être ta famille, alors que c'est moi ta famille ! Ne me refais pas ça Oli'... J'en mourrais. »

Cela lui brûlait les entrailles. Tout comme cela lui avait délicieusement brûlé la main : la toucher à nouveau, la sentir contre lui, savoir qu'elle lui appartenait. Le trentenaire avait démontré tant d'acharnement, tant de patience, d'inquiétudes qu'il ne pouvait objectivement que la mériter.
Lentement, il se mit alors à chercher dans sa poche de pantalon tout en s'approchant de la jeune fille, d'un air autant décidé qu'illuminé. Tout était prévu depuis si longtemps dans son esprit, programmé minutieusement, mais cela ne l'empêchait pas de trembler par moments, d'éprouver de la difficulté à contenir ses émotions. De ses doigts hasardeux, Thomas dévoila de gros ciseaux de cuisine qu'il serrait fort contre sa paume. C'était le moment, maintenant, tout devait terminer ici. Ou recommencer une nouvelle fois.

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Message(#) Sujet: Re: Golden Jail (NaNoWrimo 2017) Ven 1 Déc - 15:51






Golden Jail


L'environnement était toujours un déclencheur. Un sentiment de stress pouvait venir de la découverte désagréable d'un nouveau lieu, tout comme revenir inlassablement au même endroit semblait apaiser l'esprit. Parfois, les deux s'unissaient et alors, l'inédit et l'habituel avaient la capacité, ensemble, de tout chambouler. La fraîcheur du carrelage dans le bas du dos et l'odeur de javel dans les narines, Olivia semblait victime de ce fameux duo terrible tellement il lui était impossible de déterminer où elle se trouvait réellement. Tout ici la plongeait dans de profonds souvenirs, comme ceux des instants sans fin où son corps meurtri avait attendu négligemment allongé sur le sol. Ce sol froid et blanc qui réfléchissait sans cesse la lumière des néons. Ce sol à l'odeur de lavande nettoyé énergiquement tous les deux jours pour effacer toutes traces d'humiliation. La nausée lui montait à ces pensées.
Thomas la secoua à temps, évitant qu'elle ne régurgite son petit-déjeuner sur elle-même.
Le petit air perché qu'elle arborait une fois dans ses songes, ce regard vide, il en était totalement dingue. Fou à pouvoir l'observer des heures, allongés l'un face à l'autre. Si tous n'y voyaient que de la bizarrerie chez elle, de la bêtise ou encore un traumatisme certain, l'homme y décelait un charme doux et de la pureté. Sa Olivia n'avait pas l'air brisé que décrivaient si régulièrement les psychiatres du centre lors des consultations, elle était seulement différente, adaptée à lui et à personne d'autres. Alors sans mal, il la laissait naviguer entre vestiges et réalité afin d'user de son corps figé, comme cela le fut maintes et maintes fois lors de leur cohabitation électrique.

« Tiens toi droite, conseilla-t-il avant de la faire pivoter. Tu sais comme j'aime ta chevelure... Mais c'est nécessaire. »

Et telle une poupée, elle obéit, penchant docilement la tête en arrière lorsqu'il empoigna avec violence ses longueurs brunes dans sa main moite. Sa coupe se fit frénétique et irrégulière, on pouvait sentir que le bibliothécaire éprouvait de la souffrance à la déposséder de sa féminité. C'était certain, avec ce carré négligé raccourci à la base de la nuque, il ne pourrait plus natter ses longs cheveux ni les brosser durant d'interminables heures avant de nombreux mois. La repousse serait donc aussi lente et attendue que leur lien de confiance ne serait compliqué à reconstruire.
Lorsqu'il fut relativement satisfait de son travail, le grand maigrichon fourra l'arme du crime au fond de la poubelle, avant de disposer religieusement les mèches de cheveux restantes dans sa poche de pantalon. Il était hors de question de perdre tout ce qui pouvait émaner d'elle, qu'il s'agisse d'un ongle cassé, d'un vêtement déchiré ou même d'un vulgaire cil tombé sur sa joue. C'était sûrement pour cette raison que Thomas avait aussi mal vécu les premiers mois de leur relation. La séquestration n'était pas un rythme de vie qui avait semblé convenir à Olivia. Elle s'était montrée si violente au début, telle une furie, emplie de rage et de détermination, sans cesse à le provoquer, à l'attaquer... Il avait souvent crié et pleuré de déception en la voyant alors perdre du sang et verser des larmes lorsqu'il se trouvait forcé de renvoyer la pareille. Et surtout cette fois où elle avait perdu une dent à cause d'un coup de poing malheureux et qu'elle lui avait hurlé des obscénités la bouche en sang, avant de s'effondrer dans ses bras. Il frissonnait rien qu'en y repensant. Elle était tellement précieuse. Chaque chose produite ou touchée par ce corps avait de la valeur à ses yeux.

« Enfile ça. Là, c'est bien, tu es parfaite. »

Il lui avait donné son manteau, l’emmitouflant dans ce vêtement masculin bien trop grand, comme pour la cacher. Il lui fit enfiler la capuche avant d'apprécier son travail de relooking. L'ensemble sembla le satisfaire puisqu'il entreprit ensuite de s'attarder sur son propre cas. Une casquette vissée sur le crâne, ses lunettes rangée dans sa poche, le dos redressé plus que courbé, Thomas ressemblait désormais plus à un jeune étudiant curieux qu'à un employé morose de trente ans. Olivia elle, avait perdu son apparence de jeune fille fragile pour se confondre avec un garçon manqué rebelle, bien que le cœur n'y était pas.
Les choses semblèrent alors s'accélérer. Le temps suspendu durant cet aparté dans les toilettes se mit à s'écouler normalement tandis que la pression montait petit à petit. Il avait la gorge si sèche, le cerveau en ébullition. Il attendait ce moment depuis si longtemps qu'il en tremblait. Un regard derrière l'épaule et l'homme énonça son plan à haute voix pour s'extirper de ce lieu public sans attirer l'attention. A ses paroles, Olivia sembla revenir à la réalité, secouant la tête pour exprimer son refus.

« Stop, souffla-t-elle paniquée. J'ai peur, je veux juste rentrer chez moi...
- Ma puce, on rentre à la maison
, assura Thomas en lui tendant la main. Je suis ta famille, ta vraie famille et nous rentrons chez nous. C'est terminé tout ça, ces enquêteurs, ces spécialistes, ces questions, tu n'auras plus à les subir. »

____________________________________

Souvent, elle se disait qu'elle n'était pas vivante. Pas vraiment du moins. Elle se souvenait de son enfance, des rires, des petits bobos, des fantastiques jouets qui savaient parfaitement illuminer son regard et lorsqu'elle comparait ces moments à l'instant présent : elle se sentait vide. Fréquemment, elle n'avait même pas envie de manger, ni de se laver ou d'aller faire ses besoins. Parfois même, elle réfléchissait à comment disparaître, comment mettre à un terme à ce cercle vicieux et à cet ennui... Et puis, vers les dix-sept trente-cinq, tous les jours sauf le weekend, on entendait soudainement des pas lourds sur le parquet, le bruissement significatif des vêtements entre eux puis, une clé dans la serrure et alors, son cœur s'emballait. Thomas venait de rentrer à la maison. Et tous ses doutes s'envolaient.


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Message(#) Sujet: Re: Golden Jail (NaNoWrimo 2017)

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