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Arcaëlle (flood on)

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Épices d'automne
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J'ai rejoint la planète PRD le : 19/09/2014 J'ai posté un total de : 226 Messages. Sinon je m'appelle : Audrey et j'ai : 32


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Épices d'automne
Message(#) Sujet: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:09

Introduction


« Il est dit que la seule chose qu’on ne puisse maîtriser est le temps. Le temps va à son rythme créant et anéantissant ses actes. »


Du temps infini naquit notre monde, une sphère sans vie et sans air. Au commencement il n’était qu’obscurité et noirceur. De ces ténèbres apparut une forme étrange, un être à la peau pâle et aux yeux rougeoyant. En position fœtale dans l’espace noir, il se déplia, écartant les bras. Le nouveau-né n’avait rien d’un bambin, il était déjà en pleine maturité. Sa chevelure se confondait avec la nuit éternelle et sa nudité laissait entrevoir qu’il était mâle. Il ignorait tout de son existence. Il leva sa main droite vers son regard et y compta cinq doigts fins et osseux. D’où venait-il ? Qui était-il ? Il comprit rapidement que sa mère était la nuit et son père le chaos. C’est à l’issu de ces ténèbres qu’il avait pu naître. La nuit et le chaos n’étaient pas à proprement parler ses parents mais plutôt ce qui l’engendra en lui donnant une constance. Il se choisit pour nom Özan. Il ne connaissait ni la peur ni l’amour. Il était le chaos et la destruction. Seul dans la nuit éternelle du monde, il ne chercha pas la lumière, cela lui convenait. Il aimait ce calme. Le temps passa et bien vite il se demanda jusqu’où pouvait aller sa puissance.

De sa bouche, alors que dans les terres aride et chaude où aucune vie ne foisonné jaillirent les volcans crachant lave et poussière sans qu’il n’en ait la volonté, naquit un être tout aussi différent que curieux. Son aile droite était noire comme les ténèbres et la gauche blanche comme la plus pure des lumières. Son corps était mixte, à la fois femelle et mâle. Özan se plia en deux afin de cracher cette créature de sa gorge. Couvert d’une matière visqueuse, le nouvel arrivant se leva et observa les vives couleurs rouges des volcans se refléter dans le regard de son père. La nuit ne lui plaisait pas, il voulait de la chaleur, de la lumière. Etendant ses ailes, le nouveau-né créa une bourrasque et le soleil entra dans l’atmosphère. Özan, mécontent, attaqua son fils mais, ce dernier, disparut comme par enchantement. Il se téléporta sans même sans rendre compte et atterrit à l’autre bout du monde où tout était froid et blanc. Durant des jours et des nuits, il créa les cieux. Plaçant le soleil pour le jour et la lune ainsi que les étoiles pour la nuit. Ainsi, l’obscurité absolue n’était plus qu’un vague souvenir laissant place à la nuit connue des arcaëlliens.

Le pays des glaces où se trouvait le fils d’Özan, grâce au soleil, se mit à fondre créant les étendues d’eau. Le liquide rencontrant la lave incandescente engendra les sols. Les continents prirent forme mais pas vie. Tout n’était que désert de roches et de la glace. L’être aux ailes disparates se nomma de lui-même Thaä car cela sonnait bien à ses oreilles, il trouvait ce prénom évocateur de sa puissance. Thaä, père de la création, n’était pas satisfait, rien ne vivait en dehors de son créateur et de sa divine personne. Alors, il créa les autres divinités d’Arcaëlle. Chaque Dieu était assigné à une chose. May’Veal, par exemple, était la déesse des mers et océans. Seize dieux œuvrèrent ensemble pour le père. Tous ensembles, il bâtir le monde, semant la nature, donnant la vie aux animaux et, pris d’une envie de création, tous créèrent une race ou deux d’arcaëlliens.

Thaä engendra les mzékils aux belles ailes noires et les tahoras aux douces ailes blanches. Le premier de chaque lignée avait pour nom Mzékils’Han et Tahora’Han. Les deux arcaëlliens, encore jeunes et purs, s’allièrent pour guider les autres créations. Mais, dans ce monde quelque peu sauvage, il leur fallut créer les premières armes afin de se défendre contre les voraces carnivores. Ce fut le fier Mzékils’Han qui inventa la première lance et sauva son frère Tahora’Han d’un terrible bsurt. Un loup de la taille d’un cheval à l’appétit insatiable. L’animal à la fourrure grise fut dépecé afin de confectionner des vêtements pour Mzékils’Han et Tahora’Han. Car, au commencement, l’arcaëllien vivait nu comme un bébé venant de naître.

Le temps passa, des enfants virent le jour. Mzékils’Han eut trois fils : Zaran, Utoc et Ballan. Trois fières arcaëlliens à la crinière aussi noire que leurs ailes. Tahora’Han, quant à lui, eut deux filles et un fils. Kïna, Lëlna et Urgan. Les deux filles avaient des yeux vairons et la chevelure blonde quant au jeune garçon il avait les yeux marron et la chevelure brune. Les autres races enfantèrent aussi et le monde se peupla petit à petit. Kïna, en âge de se marier, épousa le fils d’un autre tahora : Balkar. Il était sage et avisé et commença à parler de construire des habitations pour les arcaëlliens. Ainsi naquirent les premiers villages puis les villes et enfin un Royaume. Thaä, encore très présent dans le monde, choisit la lignée Tahora’Han pour gouverner ce qui n’enchanta guère Ballan, troisième fils de Mzékils’Han. Envieux, jaloux et manipulateur, il monta ses frères et son père contre les Tahora’Han sous le regard coléreux des Dieux. Une nuit, Ballan s’introduit dans la chambre de Kïna et il la viola avant de la tuer elle et l’enfant qu’elle portait. Les Divinités, mécontente de son acte de barbarie, lui lancèrent une malédiction ainsi qu’à ceux de sa race. Les mzékils ne pourraient se reproduire qu’avec les tahoras et les mzékils. S’ils venaient à féconder une autre race cela donnerait naissance à une sous espèce : les elfins, des êtres stériles aux ailes grises ne pouvant les porter pour voler. Honteux d’avoir fait maudir les sien, Ballan s’exila sur une île lointaine avec son épouse et son fils.

L’île de Ballan finit par devenir un Royaume et le reste du monde un Empire sous la coupe bienveillante des Tahora’Han. Lëlna avait repris la suite de sa défunte sœur sur le trône d’Arcaëlle donnant naissance à des jumelles et un fils. Ballan, lui, n’eut qu’un seul enfant, sa femme l’ayant répudié après son geste odieux. Il éleva ce fils dans la haine de l’Empire Tahora’Han. Ötha, l’unique héritier du Royaume Mzékils’Han, inculqua cette haine à ses propres enfants qui à leur tour donnèrent ce poison à leur engeance.

Quinzième de sa lignée, Uther, fils d’Äyan, fomenta un plan pour ravir le trône de l’Empire. Il avait eu un fils dix-sept ans plus tôt, Arhnt. Après avoir envoyé une missive à l’Impératrice Saräh afin d’unir le Royaume et l’Empire, il envoya son fils cadet à Kaïl, continent principal de l’Empire. Là, il fut accueilli par la fille de l’Impératrice, Keira âgée de quinze ans. Leur amitié naquit d’un simple regard. Durant des années, ils étudièrent ensemble, faisant enrager les précepteurs par leurs multiples pitreries. L’Impératrice en place voyait dans cette alliance un couple fort qui régnerait avec sagesse. Mais, les Dieux étant joueurs, cela ne fut jamais écrit. De plus, le peuple se détournait du culte ce qui déplaisait fortement aux Divinités. Tout à une fin qui en réalité est un commencement. Le père d’Arhnt avait un machiavélique plan et son fils en était l’instrument. Le jeune mzékils, insouciant et innocent, n’en savait rien et commença à tomber amoureux de la belle Keira. L’arcaëllienne aux yeux vairons, l’un bleu et l’autre vert, le faisait frémir et rêver. Le jeune arcaëllien au regard pourpre s’imaginait tant bien que mal épouser sa belle blonde. Mais le brun fut déçu lorsque cette dernière jeta son dévolue sur un noble tahora. Refoulant sa peine, il accepta d’être le témoin de cette tahora qu’il aimait plus que tout, espérant devenir un jour son amant.

Dix années s’étaient écoulées depuis leur rencontre et cinq autres étaient passées depuis le mariage de la Dauphine. Arhnt était devenu conseiller à la cour et, Keira, allait monter sur le trône sous peu. Lorsque la tahora fut couronnée, Arhnt lui fit don d’une bague fine et ornée d’une toute petite émeraude. Mais, ce jour-là, le Prince Mzékils’Han reçu une missive de son père. Un courrier lui expliquant les tenants et les aboutissants de son rôle dans le plan machiavélique du Mzékils’Han. Le jeune arcaëllien, tenu par le sang, dû se plier à la volonté d’Uther.

Gardant le secret, devenant de plus en plus distant, Arhnt attendit l’arrivée de la flotte de son Roi. Le palais Impériale fut assaillit en l’espace de quelques heures trois mois après qu’Arhnt eut reçu la missive. Keira parvint à fuir avec quelques soldats mais, fou de colère, le Prince Royal tua l’époux et la fille de sa bien-aimée puis il assassina son propre père. Avant de lui couper la gorge, il lui reprocha de l’avoir fait aimer son ennemie.

La guerre dura cinq longues années, dévastant villes et villages sur son passage. La colère des Dieux était grande et, pour punir les dirigeants, ils envoyèrent la peste. Le monde souffrait et agonisait. Sur la plaine Nord, les troupes de Keira avait planté leurs tentes tout comme l’armée d’Arhnt. N’en pouvant plus de ces batailles continuelles, elle rédigea un mot qu’elle fit porter à son ancien ami par un valeureux soldat qui ne reçut, en récompense, qu’une mort atroce. Le mzékils sourit en lisant les mots tracés à l’encre noire sur le vieux bout de parchemin. La guerre avait asséché son cœur et seul le pouvoir lui donnait l’envie de vivre. Il sauta de son fauteuil et alla quérir ses conseillers pour une ultime réunion.

« Notre chère Keira fait une proposition bien plus qu’alléchante chers conseillers. Elle me propose un duel au court du quel le trône d’Arcaëlle sera mis en jeu. Le vainqueur deviendra le maître incontesté de l’Empire. Cela aura lieu à l’aube demain matin. Faites dire au forgeron de préparer ma plus belle lame !
- Oui, mon seigneur ! Clamèrent les conseillers. »

Le ciel nuageux ne laissait pas voir le lever de soleil, Keira était dans sa tente avec son amie et confidente, une xen aux ailes orangées. L’arcaëllienne, inquiète pour sa souveraine, la supplia :

« Renonce à ce stupide duel ! Dans ton…
- Silence ! Cria presque Keira, Je me dois d’alléger au plus vite la souffrance de mon peuple ! Ce combat est l’unique issue à cette guerre stupide ! »

La xen s’inclina, les larmes aux yeux. L’Impératrice sortie de sa tente pour ne pas voir son amie pleurer. Elle attrapa la longe d’Ejon, sa jument noire et monta en selle. L’heure approchait inlassablement. Ses troupes étaient alignées, espérant voir Keira renoncer. C’est là qu’elle vit une gamine d’à peine quinze ans. Une elfe à la chevelure couleur des blés et au regard vert. Dans ses yeux on pouvait lire la peur. La souveraine s’approcha de la petite et lui intima de la suivre. L’enfant obéit. Keira s’arrêta près de la forge où travaillait un jeune elfin. Elle le congédia afin d’avoir le champ libre pour parler à l’elfe.

« Quel est ton nom ?
- Ayelline, Majesté. Répondit-elle en s’inclinant toute tremblante.
- Prends ce bracelet ocre, lorsqu’il virera au bleu tu devras guider l’être près de toi.
- Je… Je ne comprends pas, Majesté…. Bredouilla l’elfe.
- En temps et en heure tu saisiras mes mots. Cherche et trouve celle qui sera de mon sang. Va-t’en maintenant. Prends Plume-D’hiver et galope vers le sud. »

L’enfant s’exécuta sans dire un mot de plus, quittant le campement avec pour guide un bracelet ocre. Keira se rendit vers le centre de la plaine, suivit par ses troupes. Là Arhnt l’y attendait. L’Impératrice eut un pâle sourire en se souvenant vaguement d’un entraînement avec son ancien ami. Mais le passé était désormais loin derrière elle. Elle sauta au bas de sa selle, imité par le souverain Mzékils’Han. Ses yeux rouges luisaient d’une lueur malsaine, presque mesquine. Priant Thaä de venir en soutien à ce combat, la tahora se mit en garde. Cela fit sourire Arhnt de façon machiavélique. Il sentait la détresse et l’angoisse de son ancienne alliée.

« Beau matin pour mourir, n’est-ce pas Keira ?
- Je ne périrais pas sous ta lame, frère. »

Clama-t-elle avec hargne. Les ailes noires du mzékils se déployèrent, le rendant encore plus impressionnant ; il attrapa son épée et la fit tournoyer comme si elle ne pesait rien. Attrapant la garde à deux mains, il se mit en position d’attaque. Le glas sonnait dans les esprits des soldats, marquant la fin de cette guerre. Déployant ses blanches ailes, l’Impératrice utilisa Ka, le fluide de foudre. Malheureusement, l’éclair fut dévié par le fluide du vent du jeune mzékils. Sans attendre, il s’envola vers les nuages brumeux des cieux. Keira le suivit d’un battement d’ailes. Le combat pouvait commencer loin des regards, dissimulé par la voûte céleste. Au travers des nuages feu et foudre animaient le ciel de couleur vive. Le bruit du fer se croisant résonnait tel le grondement d’un orage. C’est alors que la pluie se mit à tomber fortement. Keira porta une estocade à Arhnt qui esquiva sans difficulté. Il se mit à rire et plongea vers la tahora, lui portant un coup à l’aile gauche. L’Impératrice fit une chute de quelques mètres vers le sol et parvint à atténuer le choc contre la terre en battant de son aile droite. Le mzékils se posa près d’elle, il mit un genou au sol et attrapa la blonde chevelure de l’ancienne souveraine d’Arcaëlle. Crachant un peu de sang au visage de son ancien ami, elle murmura :

« Le monde que tu créeras sera à l’image de ta victoire : déloyal.
- C’est toi qui, malgré ton état, a proposé ce duel. A mort, non ?
- Tues moi mais un jour la vengeance viendra du ciel.
- Je suis… magnanime, ta honte te tuera plus lentement que mon épée, mais tu périras en paria. En hors-la-loi. Si je te vois, ce sera à la pointe de mon épée, ma sœur. »

Il relâcha les cheveux de la tahora et se leva. Brandissant son épée il hurla sa victoire. Keira était inconsciente quand on vint la retirer du champ de bataille. Elle fut emmenée par son amie et confidente vers une forêt sauvage où personne ne la chercherait. Le règne d’Arhnt commença dans le sang des innocents. Quiconque s’opposait à lui était décapité et sa tête était mise sur un pic à l’entrée de la capitale.

Trois mois s’écoulèrent, Keira semblait perdre toute ses forces, mangeant à peine et buvant que lorsque le besoin s’en faisait réellement sentir. Le jour de l’accouchement arriva rapidement. Car, l’Impératrice déchue portait la vie en elle depuis maintenant neuf mois. Soufflant et haletant, elle pria vainement les Dieux de lui venir en aide. Ce jour d’automne, elle mit au monde deux fils. Kale, signifiant justesse et Paï, signifiant force. La mère perdit la vie dans ce combat et ce fut son amie qui emmena les deux orphelins. Elle leur cacha leur héritage jusqu’à sa mort. Personne ne devait savoir que Keira avait eu des descendants. Car de cette descendance viendrait la paix.

Les années passèrent, les Dieu-Empereurs se succédèrent. Le monde fut asservit et l’esclavage devint une norme. La peine de mort, l’enfermement en arène et l’emprisonnement sans jugement entrèrent dans les mœurs. Le monde bascula dans la peur. En l’an 179 de l’ère Mzékils’Han, Morloc, qui était le troisième Dieu-Empereur, monta sur le trône. Il avait vingt ans et était le seul fils encore en vie du dernier dirigeant d’Arcaëlle. On lui offrit une jeune tahora à la crinière rousse en mariage, son prénom était Abby. Sans aucune douceur, la nuit de leurs noces, Morloc engrossa la pauvre jeune arcaëllienne de dix-neuf ans. Durant les neuf mois de sa grossesse l’Impératrice ne vit pas son époux qui préférait la compagnie de ses esclaves femelles. Il aimait faire souffrir, il aimait la torture et, par-dessus tout, avoir le dessus.

Abby était dans sa chambre avec sa servante. Les contractions étaient très rapprochées, elle haletait, soufflait, soufrait. Mais, la joie se lisait sur son visage, elle allait donner la vie, le plus bel acte en ce monde. Après des heures de travail et l’aide d’une accoucheuse, un petit garçon tout aussi roux que sa mère vint au monde. Le Dieu-Empereur pénétra dans la chambre de son épouse et attrapa le bébé. Il enleva les linges afin de voir le sexe de l’enfant et, surtout, la couleur de ses ailes. Son regard devint furibond et exorbité lorsqu’il constata que son héritier était un tahora. Il insulta copieusement la jeune mère et lui assura :

« Aucun de ta maudite race ne viendra sur mon trône. Jamais tu ne reverras cet enfant ! »

Il passa la porte, son rejeton sous le bras et disparut dans le couloir menant à la plus haute tour. Là, il jeta le nouveau-né en criant :

« Utilise tes ailes si tu veux vivre et ainsi tu seras digne d’être mon fils ! »

Repliée sur elle-même dans son lit, la jeune tahora pleurait amèrement cet enfant perdu à jamais. Celui qui était son époux n’était qu’un monstre avide de pouvoir et de dominance sur le monde. Elle se promit de ne plus jamais donner la vie mais le destin en décida autrement. Quelques années plus tard en l’an 190 de l’ère Mzékils’Han, un autre petit garçon vit le jour. Un nouveau-né aux ailes noires au regard de feu et à la chevelure ébène. Morloc, satisfait, lui donna son prénom, il se nommerait Zack. Cet enfant devrait pourtant se montrer digne du trône tout au long de sa vie. La première année de vie du Prince de sang fut heureuse et sembla béni par les Dieux eux-mêmes. Abby choyait le petit être qu’elle avait porté en son sein durant neuf long mois. Un lien très fort unissait la mère et l’enfant.

Pendant ce temps, dans les bas-quartier de la capitale, un prophète annonçait à qui voulait l’entendre qu’une Elue des Dieux verrait bientôt le jour. Son regard serait celui de son ancêtre Keira. La rumeur vint jusqu’au palais. Cependant, au commencement, Morloc prit ça pour les délires d’un vieux fou. La prophétie se déversa dans le monde et l’espoir commença à naître dans le cœur des arcaëlliens. Le Dieu-Empereur ne pouvait tolérer cela. Il lança un avis de recherche sur le prophète afin qu’il soit conduit devant lui. Il ne fut pas bien difficile de trouver le vieil aveugle unijambiste. Le vieux xen fut conduit au palais où il fut jeté devant son souverain.

« Parle-moi de la prophétie, xen !
- Altesse, une tahora viendra des tréfonds de la terre pour vous défaire. Elle aura les ailes plus blanches que la neige et un regard exceptionnel. Directe descendante de Keira la Douce, annihilée par votre ancêtre, elle viendra reprendre ce qui lui revient de droit. »

Le vieil ailé se mit à rire et Morloc entra dans une colère noire. Il se leva brusquement de son trône et se jeta sur l’unijambiste riant de lui. Attrapant à sa ceinture une dague, il commença à entailler les ailes bleues de papillons du vieillard qui hurla de douleur. Une fois qu’il eut fini de torturer le pauvre aveugle, il confia son destin au bourreau. Il fit venir les annonceurs, ceux qui criaient les nouvelles lois, ainsi que des soldats en grand nombre. Il décréta d’une voix froide et dure :

« A partir de ce jour, toutes tahoras naissant en l’an 192 ou après appartiendra à l’Empire. Elle sera, de par sa naissance esclave. Celles qui seront dissimulées par leur famille feront l’objet d’une punition. Maintenant partez, informez le peuple ! »

Il se mit à réfléchir, son épouse, cette chienne, était une tahora. Elle risquait de venir en aide aux enfants. Il ordonna alors son exécution. Abby, ayant eu vent de son funeste destin, prit la fuite trop rapidement. Elle abandonna le petit Zack aux griffes de son père. Volant nuit et jour, elle avait choisi un lieu où la Résistance s’était largement installée, un continent oublié de l’Empire. Les Cités Blanches.

Abby fut recherchée afin d’être exécutée mais personne ne mit la main dessus et cela fut un soulagement pour la jeune arcaëllienne qui attendait à nouveau un enfant du vil Dieu-Empereur. Cet enfant-là ne vivrait pas dans la peur ni la haine de l’autre. Il serait béni des Dieux et fera preuve de compassion. Mais jamais ce bébé ne connaîtra l’identité de son père.
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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:10

Chapitre I

La nuit était bien plus sombre que d’accoutumé, ni lune ni étoiles ne brillaient dans le ciel, comme si les Dieux cherchaient à dissimuler quelque chose au monde. Dans la forêt d'Al'Ba, une très ancienne forêt remplie de créatures plus merveilleuses les unes que les autres où l’on trouve quelques tribus de lupans plus ou moins agressifs. Ces arcaëllien-loups, parlant une langue étrange. L’une de ces tribus est spécialiste dans le dressage de bsurts. La forêt a recouvert une ancienne cité de roches et de pierres où l’on trouve un temple en ruine dédié à Thaä. Cette forêt offre de nombreuses plantes médicinales ainsi qu’un refuge pour les personne en fuite ou voulant se cacher de l’Empire. Dans cette vieille forêt on trouve une petite clairière blanchit par la neige de l’hiver. Au milieu de cette clairière, se dressant fièrement, il y a une maison faite de planches en bois plutôt de petite taille. L’une des fenêtres est éclairée par une lumière vacillante, la lueur d’une bougie. Une humaine, Yazë, est allongée sur le lit, elle donne la vie. Sa chevelure noire colle à son visage en sueur. Près d’elle, lui tenant la main et le regard bleu inquiet, se tient un jeune tahora aux grandes ailes blanches. Ses cheveux blonds, attachés en une queue de cheval, semble lumineux et brillant. Il se nomme Axel. Les deux futurs parents ne parlent pas, il se regarde avec amour et crainte. La jeune humaine se cabre et se redresse, ses mains vont chercher l’enfant qui sort d’elle. Dans un cri de douleur, elle salue le bébé qui vient de venir au monde. Le père coupe le cordon ombilical et prend délicatement la créature chétive qui pousse son premier cri. Ses yeux clos, il ne peut savoir ce qu’il en est.

« C’est une petite tahora magnifique mon aimée. Murmure-t-il à son épouse.
- Emmaillote la, qu’elle n’attrape pas froid, souffle la mère épuisée.
- Comment allons-nous la nommer ?
- Mélinda. C’est joli non ?
- Oui. Il déposa un doux baisé sur le front de son aimée et enveloppa l’enfant. »

La petite s’apaisa et ouvrit ses petits yeux sur le monde. Axel la regarda et, solitairement, une larme coula. Son regard était celui-là même de Keira la Douce. L’œil droit était bleu et le gauche vert. C’était elle que les prophètes annonçaient à tue-tête. La descendante de la dernière Impératrice Tahora’Han. Le père, de peur de bouleverser sa femme, garda le silence et se mit à chantonner une berceuse pour les deux arcaëlliennes fatiguées. Dans un hoquet il murmura :

« Un bien trop grand destin t’a été donné, ma fille…
- Que… Que racontes-tu Axel ?
- Not… Notre fille est l’Elue des Dieux, l’Enac.
- Tu… Non ! Yazë se mit à pleurer. Tu mens ! »

Elle essaya de se lever mais retomba dans le lit, bien trop épuisée. Elle ne pouvait accepter cette vérité bien trop triste pour une mère. Désormais, le destin du monde reposait sur les épaules frêles de Mélinda. Comment était-ce possible ? Les Dieux ne pouvaient-ils pas en choisir une autre ? Yazë se laissa aller au chagrin tandis qu’Axel berçait tendrement le bébé. Pour lui, c’était une bénédiction et une marque de confiance des Divinités. Ils confiaient à ce petit être l’avenir des arcaëlliens. Et lui, en tant que père, devrait en faire un bon chef. Avant d’épouser Yazë il avait servi dans l’armée de Morloc puis il s’était mis à son compte en tant que mercenaire. L’art du combat était l’un de ses dons. Il maîtrisait légèrement la magie mais, pour lui, le fluide était l’art des faibles. Déposant Mélinda dans le berceau qu’il avait construit, il alla voir sa femme. Il fallait changer les draps qui étaient humide mais pour cela il fallait que Yazë se lève. Il l’aida à se mettre debout et à s’asseoir dans la chaise à bascule près du lit.

Le temps passa, Mélinda due vite apprendre à tenir une épée et voler. Au début, son père lui donnait des cours théoriques sur le combat. Puis, vers les sept ans de la petite, il lui confectionna une épée à sa taille en bois ainsi qu’un mannequin. Elle devait passer de nombreuses heures à se battre contre son ennemi inerte. Par tout temps et en toute saison. Les années passèrent, Axel et Yazë eurent deux fils et une fille en plus de Mélinda. Vince était le second, cadet de Mélinda de deux ans, Ank, quant à lui, était le troisième et avait un écart de quatre ans avec Mélinda, enfin Tay’Ann, la petite dernière, avait six ans d’écart avec Mélinda. Les quatre enfants jouaient régulièrement ensemble mais bien souvent seuls les trois plus jeunes avaient ce privilège. Mélinda devait devenir plus forte, plus rapide, plus agile. Son père était très dur avec elle, trop parfois selon Yazë. Mais il répétait sans cesse :

« L’avenir d’Arcaëlle dépend de toi, petite sotte ! Tu es l’Enac, comporte toi comme telle ! »

Mélinda finit par oublier qu’elle n’était qu’une enfant et commença à avoir le cœur dur et l’âme insensible. Dans son sommeil, elle ne rêvait que de batailles épiques, lorsqu’elle était éveillée elle passait son temps à jouer de l’épée ou de l’arc. A onze ans, elle savait suivre une piste sur plusieurs kilomètres et tuer, sans avoir de remord, un animal. Contrairement à ses frères, Tay’Ann et Mélinda n’était jamais allées au village à quelques heures de la clairière. Elles devaient rester cachées à cause des lois de Morloc.

« Le Dieu-Empereur est un imposteur, disait leur père, Il vous ferez esclaves en un claquement de doigt ! »

Tay’Ann couinait souvent pour aller avec son père voir d’autres gens, elle voulait des amis. Mélinda, quant à elle, s’était murée dans un silence observateur. Elle parlait peu et obéissait sans réfléchir. Un vrai petit soldat à qui l’on dit quoi faire mais son père se demandait si elle ferait une bonne chef. Saurait-elle donner les ordres le moment venu ? Il décida de lui enseigner l’art de la tactique et l’obligea à donner des ordres à ses cadets. Un jour, elle obligea Tay’Ann, qui pleurait, à dépecer un lapin. Elle avait fait ça pour s’amuser plus qu’autre chose car, en vérité, elle savait que sa sœur n’irait pas bien en effectuant cet acte.

Le temps passa, Mélinda devint une adolescente vive et agile, un peu trop silencieuse et observatrice. Ses frères et sa sœur, quant à eux, avaient développé des personnalités totalement opposé à l’Enac. Ank était rieur et joviale, Vince était joueur et aimait amuser la galerie tandis que Tay’Ann était coquette et féminine.

La jeune tahora élue par les Dieux était tout en muscles et savait se battre mieux que son propre père. Elle n’avait que dix-huit ans et faisait déjà preuve d’une grande volonté. Elle haïssait Morloc, son ennemi naturel de par sa naissance. Mélinda était une guerrière aguerrie qui demanda un beau soir lors du repas :

« Puis-je me rendre aux Cités Blanches, Père ?
- Pas encore, personne ne sais que tu existes et cela doit rester ainsi. Ton heure viendra ma fille, maintenant mange. »

C’étaient des paroles qui ne tolérées pas la réplique. Mais, malheureusement, elle allait bientôt quitter le doux foyer. Un drame approchait à pas de loup, prêt à tout détruire et réduire en cendre.

C’était une journée pluvieuse où Mélinda était partie en chasse laissant les siens sous la protection d’Axel. Elle repéra une biche paissant tranquillement entre les arbres. Armant son arc, elle prit une inspiration et décocha sa flèche vers l’animal ignorant sa fin précoce. La pointe transperça la peau de l’animal qui émit un son de douleur. Son cœur était touché et la bête s’écroula, inerte et sans vie. Descendant de l’arbre où elle était, Mélinda repoussa sa natte noire sur son cou. Pour achever la créature, elle lui trancha proprement la gorge en offrant sa mort à Gar’Haz et Othab, l’un Dieu des Morts l’autre Divinité de la Nature.

Alors qu’elle rentrait, la biche sur les épaules, elle eut un mauvais pressentiment. Ça sentait trop la fumée et le feu. Elle abandonna sa proie au pied d’un arbre et grimpa jusqu’à la cime de ce dernier. De là, elle voyait sa clairière natale. Il y avait des soldats tenant des torches et ayant enflammé l’écurie. Elle parvint à entendre les mots du chef de garnison.

« Sir Axel et Dame Yazë, vous êtes accusés d’avoir dérogé aux lois de l’Empire Divin en cachant deux femelles tahoras mineures. De ce fait, votre sentence sera la mort sur place et vos bien reviendront à qui de droit, vos enfants seront vendus comme esclaves et votre demeure sera réduite en cendre. »

Mélinda déglutit quand elle vit Ank et Vince sortirent leur épée et attaquer les soldats Impériaux. Ils furent vite mis hors d’état de nuire puis attaché solidement avec Tay’Ann. Axel fut attrapé, battu et pendu à une branche. Le sort de Yazë fut plus funeste, elle fut souillée par les soldats avant d’être battue et laissée sur le côté jusqu’à ce que la vie la quitte. Les chevaux d’Axel furent attachés à un arbre et le reste des animaux mis en cage afin d’être vendus. La nuit tombée doucement sur la clairière. Le chef de garnison s’octroya le droit de dormir dans le lit des parents de Mélinda.

Mélinda fulminait, folle de rage. Elle n’avait pu agir car sa vie était trop précieuse pour être capturée si simplement. Elle allait venger les siens mais à sa façon. Descendant de l’arbre où elle était, oubliant sa proie du jour, elle marcha silencieusement jusqu’à un garde, ce dernier lui tournait le dos. Elle attrapa sa dague et lui trancha la gorge en silence. Il n’eut même pas le temps d’avertir ses comparses. Le deuxième arcaëllien qui montait la garde était près de la maison. C’était trop dangereux de traverser la clairière à la vue de tous. Elle devait réfléchir et rapidement. Se dissimulant derrière un bosquet, elle analysa la situation. En faisant le tour de la clairière, elle arriverait d’abord à sa mère et, si elle était en vie, pourrait lui parler. En catimini, elle se déplaça silencieusement, tel un chat chassant sa proie. Après quelques instants, elle arriva au niveau de sa mère, aussi furtive qu’une souris, elle s’approcha du corps de sa mère, priant les Dieux pour qu’elle soit encore de ce monde. Arrivée au niveau de Yazë, elle murmura faiblement :

« Mère ? Tu m’entends ? »

L’arcaëllienne souleva ses paupières lourdes et douloureuse, la pauvre femme ne ressemblait plus à grand-chose. Son corps était un hématome géant. Sa respiration, saccadée et irrégulière, lui semblait difficile. Elle tenta, en vain, de lever une main vers sa fille chérie. Voyant qu’elle ne pouvait bouger, Yazë chuchota :

« Mon enfant, Elle toussa, Sois forte et, Une nouvelle quinte de toux la coupa, Et deviens ce que le destin a voulu. Va, vis et grandis. »

Mélinda avait les larmes aux yeux, elle ne pouvait perdre celle qui l’avait enfanté. Pas comme ça, pas maintenant. Elle posa une main sur le front de sa mère et y laissa un baiser d’adieux. Sa mère quitta Arcaëlle dans un souffle et des toussotements. Le cœur brisé, l’Enac attrapa son arc et encocha une flèche. Elle visa le garde le plus proche, si les autres lui sautaient dessus, elle pourrait parvenir à les tuer. Ils n’étaient que six. La flèche vibra et fendit l’air allant se ficher dans le crâne du soldat au milieu de la clairière. Il s’écroula, les yeux écarquillés de stupeur et de frayeur. Voyant leur camarade au sol, les autres gardes cherchèrent l’origine de ce meurtre et leurs yeux tombèrent sur la tahora debout, les pieds ancrés dans le sol, prête à combattre épée en mains. D’abord il y eut un silence assourdissant puis des éclats de voix appelant le chef de garnison et enfin des bruits de courses. Les six recrues se ruaient sur l’adolescente qui les réceptionna à coup de lame. Une tête vola, un bras fut tranché, des bruits de côtes se brisants résonnèrent. Le combat fut rapide et sanglant. Mélinda était devenue une arme du fait de son éducation. Elle n’était cependant pas infaillible. Elle fut entaillée en plusieurs endroits mais rien de bien grave. Une fois les six soldats au sol, morts ou agonisants, elle cria :

« Toi qui es leur chef, sort de MA maison et viens m’affronter vil mécréant ! »

Un rire raisonna depuis le pas de la porte de la petite demeure et un arcaëllien sorti, marchant fièrement vers la tahora, sans même avoir son arme en main. Il enjamba le corps du garde qui avait été transpercé par la flèche et marcha vers Mélinda d’un pas lent et impérial. Il déploya ses grandes ailes d’une blancheur éclatante, son regard d’opale fixait la jeune arcaëllienne qui ne tremblait même pas. Le tahora, plus grand de deux têtes, toisa Mélinda. Un sourire se dessina sur ses lèvres rosâtres lorsqu’il vit le regard atypique de l’Elue des Dieux.

« Alors, jeune fille, tu es l’Enac… Pas étonnant que ta catin de mère n’ait pas voulu nous dire où tu étais. Ton chien de père ne s’est même pas défendu, sais-tu pourquoi ? C’était un lâche ! Un hors-la-loi qui méritait son sort. Et toi…. Le Divin Dieu-Empereur sera bien heureux de te décapiter.
- Va te faire voir ! Tu ne m’auras pas, pas en vie en tout cas. Ton imposteur d’Empereur ne m’aura pas non plus. Je le tuerais de la pointe de mon épée. Je suis celle qu’Ils ont choisie ! »

Le chef de garnison se mit à rire de plus belle et attrapa le visage de Mélinda entre ses mains. La jeune tahora se recula, lui crachant au visage. L’arcaëllien attrapa son épée sur son flanc gauche et engagea le combat. Il était habile, fort et rapide. Mélinda eut beaucoup de difficultés à parer ses coups. Mais, elle repéra une brèche. Lorsqu’il attaquait sur la droite, une faille s’ouvrait sur la gauche. La jeune guerrière en profita pour lui asséner un coup mortel. Le tahora, écarquillant les yeux et crachant du sang, tomba à genoux.

« C…Comment ?
- Ils m’ont choisie, je serais toujours protégée ! »

A peine eut-elle finit sa phrase qu’elle trancha la tête du soldat vaincu. Une fois fait, elle courut vers ses cadets et les libéra. Tay’Ann pleurait à chaudes larmes mais un regard de sa sœur la fit taire. Entrant avec Vince dans leur maison, ils prirent l’or et les vêtements dont ils avaient besoin. Ensuite, ils mirent en terre leurs parents. Ils confièrent l’âme de leur Père et de leur Mère à Gar’Haz et Jurk, son épouse.

« Vous voyagerez de nuit, sous les ordres de Vince. Trouvez un navire qui vous conduira aux Cités Blanches et restez y, je vous rejoindrais une fois le Dieu-Empereur mort ! »

Personne ne broncha, obéissant aux ordres de leur aînée. Ils prirent chacun un cheval et partirent. Mélinda resta un instant seule devant son ancienne demeure puis, elle attrapa une jument brune du nom d’Ataëlle et s’en alla.

Elle galopa toute la nuit sans savoir où aller. D’abord sur l’est puis l’ouest. Après des heures de cavalcades, elle arriva devant une rivière. Le jour commençait à poindre.

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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:12

Chapitre II

Stoppant sa monture, elle posa pied à terre. La jeune tahora était couverte de sang des pieds aux ailes. Quelque chose d’inconnu bouillonnait en elle, une rage immense, incommensurable. Mais elle savait se tenir, avec lenteur et douleur, elle retira ses vêtements et se plongea dans l’eau froide du matin. Elle ressentit des picotements au niveau de ses plaies mais n’y prêta pas plus attention que ça. Elle s’immergea entièrement sous l’eau, gardant les yeux ouverts. Elle avait envie de hurler et de pleurer, elle ne le faisait pas. A quoi bon ? Ils étaient morts. Manquant d’air, elle ressortie la tête de l’eau et, comme pour faire front, elle murmura :

« Je suis belle et bien seule désormais… »

Son cœur se serra, elle posa une main sur sa poitrine et, alors qu’elle pensait pouvoir résister au chagrin, elle se mit à pleurer en insultant les Dieux. Elle les maudits de l’avoir choisie. Elle s’en prit tout particulièrement à Thaä, Dieu suprême d’Arcaëlle. Enfermée dans sa colère, elle ne remarqua pas le vent et la pluie arriver. Les bourrasques étaient de plus en plus fortes et froides. Mélinda commença à se calmer, sortant de l'eau. Elle fulminait toujours contre ces Dieux qui n’avaient pas protégé sa famille. Alors qu’elle enfilait ses vêtements, elle se demanda si elle allait accomplir cette prophétie qui lui avait tout pris. Mélinda monta en selle et lança son cheval au galop. Les branches giflaient le visage de l’adolescente en colère qui ignorait où aller. Alors qu’elle avançait rapidement au travers de la forêt, elle aperçut un village entre les feuilles. Elle décida qu’elle allait s’y rendre. Masquant son visage avec le capuchon de sa cape marron, elle fit tourner bride à Ataëlle. Le voyage jusqu’au village dura une bonne demi-heure. Etrangement, elle ne croisa pas âme qui vive. Se stoppant à une bonne dizaine d’enjambés de l’entrée, elle dissimula l’un de ses yeux sous un bandana, ainsi personne ne pourrait la rapprocher de la prophétie. De toute façon, elle ne voulait plus être l’Enac. Quittant sa selle, elle marcha à côté de la jument jusqu’au portes gardées par deux villageois vêtus de haillons. Ils ne la regardèrent même pas, trop endormi par la faim. Le village était misérable, sale et empestait la mort. Il y avait beaucoup de mendiant, handicapés ou pas, d’enfant à demi nu et de femme faisant le tapin. Les façades étaient grises et peu accueillantes, limite repoussantes. Elle demanda d’une voix autoritaire à un vieillard s’il y avait une forge, l’arcaëllien presque aveugle lui indiqua un chemin menant à l’établi d’un forgeron.

Enchainant les rues et ruelles, elle arriva devant la devanture du fabricant d’armes. Le xen, de grande stature et aux ailes dorées, était torse nu sous son tablier. Sa peau luisait tant il transpirait. Son marteau frappait le fer sur l’enclume. S’avançant avec prudence après avoir attaché sa monture à l’entrée, Mélinda se gratta la gorge pour signaler sa présence. L’arcaëllien se retourna et ses yeux verts foncés fixèrent l’œil bleu de l’adolescente. Il posa les poings sur ses hanches et lui demanda d’une voix grave et autoritaire :

« Tu veux quoi morveuse ? »

Contenant son envie de frapper le malotru, l’Enac fit son plus beau sourire et sortit sa bourse bien ronde. Le regard du forgeron changea immédiatement, pris par l’appât du gain. Souriant en dévoilant sa dentition jaune et tordue, il invita Mélinda à entrer. La jeune tahora dit d’une voix froide et calme :

« Règle numéro un : pas de question sur moi, règle numéro deux, ton prix sera le mien. Ça te va ?
- Par Gadvaoi ! Tu es quoi toi ?
- Règle numéro un, mon cher.
- Ah, oui. Bien, t’faut quoi gamine ?
- Un arc avec un carquois remplit de flèches légères mais meurtrières, une épée au fil tranchant. C’est tout.
- Pour quand morv… Gamine ?
- Je te donne une semaine. Travailles jour et nuit s’il le faut. Cent cinquante PO, ça t’va ?
- Par mes Dieux, oui !
- Bien, mets-toi à l’ouvrage et indique moi une bonne auberge. »

Il lui parla de l’auberge de « La Douce », une auberge qui passait de mère en fille depuis deux-cent ans. Elle était tenue par une petite humaine replète aux yeux gris et à la chevelure argentée. Le lieu était à quelques minutes de la forge. Mélinda se mit en route vers sa destinée sans même le savoir. Elle avança dans les rues et avenues du village où la mort semblait être une invitée de marque. Ici un gamin adossé contre un mur, maigre la bouche ouverte et les yeux révulsés fixant les cieux dans l’attente de Jurk, là une vieillarde étendue sur les pavés, ne respirant plus. L’Empire semblait avoir abandonné ses sujets et cela révolta l’adolescente qui se rendit compte qu’elle ne pouvait rien faire. Elle arriva devant « La Douce ». La façade était un peu décrépite mais potable, les fenêtres étaient éclairées par la lueur de chandelles et d’un feu. L’arcaëllienne entra, poussant la porte de bois noir. Il y avait des miroirs sur le mur du fond qui lui renvoyaient son reflet. Une petite femme replète s’agitait autour d’une belle elfe, ajustant la robe de la Dame. Pendant que l’aubergiste jouait les couturières, Mélinda se dévisagea dans l’un des miroirs. Ses bras, bien que fin, cachaient de puissants muscles, son ventre plat semblait dur comme du bois et ses jambes longues musclées et athlétiques la rendaient un peu disgracieuse. Son visage, un peu pointu, était aussi blanc que le lait. Son nez, petit et rond, semblait moqueur et ses lèvres, autrefois rieuse, paraissaient tristes et affables. Soupirant, elle souleva le bandeau qui cachait son œil vert. Le reflet lui rendait un regard atypique, inquiétant et pourtant subjuguant. Elle ne remarqua pas l’humaine d’un mètre soixante derrière elle qui avait la bouche ouverte en un « O » de surprise. L’elfe était partie depuis quelques minutes déjà.

« Mon enfant, tu devrais faire preuve de plus de prudence… »

Murmura doucement la femme. Sursautant, l’adolescente lâcha son bandeau qui retomba sur son œil le voilant. Elle n’avait que sa vieille épée pour se défendre si besoin était.

« Je me nomme Ougie Bazën. Je connais ton ascendance. N’es crainte, avec moi tu es en sécurité. Viens, je vais te montrer quelque chose d’important. »

L’arcaëllienne à la peau noire invita Mélinda à la suivre dans les tréfonds de l’auberge. Après une bonne dizaine de marches descendues, elles arrivèrent dans une petite pièce chaude et lumineuse. Là se trouvait un bouclier décoré finement. Le dessin était scindé en deux. D’un côté une forêt luxuriante où paissaient tranquillement faune, flore et arcaëlliens, de l’autre un hiver semblait avoir éradiqué la vie. Sur un mannequin de bois se trouvait une tenue en cuir clair. La tahora s’approcha, les ailes frémissantes, du bouclier. Elle sentait que c’était à « elle ». elle passa un doigt curieux sur le bois du bouclier coloré comme un jour d’été.

« Cela était à Keira la Douce, notre dernière Impératrice. Ça te revient aujourd’hui, Enac.
- Qu… Quoi ? Je … Je ne suis….
- Allons, j’ai vu tes yeux, petite. Elle retira la tenue du mannequin et invita Mélinda à l’essayer, S’il le faut, je peux la retoucher. »

Délicatement, l’arcaëllienne attrapa les habits de son aïeule. Sans aucune pudeur, elle se mit en sous-vêtement devant Ougie qui rougit légèrement. Ce qui est étrange, c’est que l’habillement de Keira allait comme un gant à la tahora. Au poignet droit, Bazën passa un bracelet avec trois lunes ; une verte, une rouge au centre et une bleu à droite. Les Lunes de Daÿl. L’humaine s’inclina alors et murmura :

« Bon retour, Altesse. »

Devenant rouge comme une pivoine et secouant les mains, l’adolescente balbutia des choses incompréhensibles et inaudibles. Ougie sourit avec tendresse et attrapa la main droite de l’arcaëllienne prise de panique. Elle lui chuchota des mots rassurants et plein de sagesse. L’enfant élue par les Dieux s’apaisa et baissa la tête, naïvement elle assura :

« Ce n’est peut-être pas moi… Ils se sont peut-être trompés de berceau ce jour-là… Je n’ai pas les épaules pour. Je n’ai même pas pu sauver mes parents alors… Des larmes coulèrent sur ses joues laiteuses, Alors sauver le monde… Comment y arriverais-je ?
- La voie des Dieux est impénétrable, s’Ils t’ont choisi c’est que tu es apte. »

Essuyant du revers de la main son visage humide, Mélinda eut un pâle sourire. Ougie devait avoir raison, elle ne pouvait qu’avoir raison d’ailleurs. Se redressant, l’adolescente hocha la tête comme pour se convaincre de sa force naissante. Elle ramassa sa cape, dissimulant ainsi ses ailes, et remis son bandeau sur son œil vert. Déguisée de la sorte, elle pouvait remonter dans la taverne sans attirer l’attention.

Durant une semaine, l’humaine prit soin de la tahora, lui racontant des fables de l’ancien temps et des contes sur les Dieux. Elle lui apprit à coudre et à jouer de la harpe. Bien évidemment, jouer de la harpe ne s’apprend pas à la perfection en une semaine. Mélinda connaissait trois notes de l’instrument à la fin de son séjour. Lorsque le départ sonna, Ougie voulu lui faire cadeau du bouclier mais la jeune arcaëllienne refusa poliment. Elle dit adieu à sa protectrice du moment et se mit en route sur le dos d’Ataëlle. Elle ne savait pas trop où aller mais se dit qu’elle devait aller là où étaient les Résistants. Les Cités Blanches, le continent abandonné par l’Empire Divin. Elle avait entendu parler d’un port clandestin qui envoyait des navires là-bas. Mais pour y aller, il lui fallait se diriger vers le Nord de Kaïl, continent plein de dangers et de soldats Impériaux. Alors qu’elle quittait le village, elle remercia Thaä d’avoir placé Ougie sur sa route. Le Destin n’est que succession de faits après tout.
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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:13

Chapitre III

Son regard profond fixait l’horizon sans ciller, où pouvait-elle être cette personne qui lui manquait tant depuis toujours ? Il étira ses ailes noires et frotta la barbe naissante de son menton. On lui avait dit qu’elle était une traitresse, qu’elle avait voulu tuer son père. Lui, il ne pouvait le croire même s’il n’avait aucun souvenir d’elle, il ne pouvait l’imaginer ainsi. Il soupira doucement de façon lasse. Il savait que son père serait contre mais, un jour, il partirait en quête de sa mère. Le Prince Zack se le jura. Ses longs cheveux noirs flottaient dans le vent, libre comme l’air. Il entendit quelqu’un courir vers lui. Le jeune mzékils ne se retourna pas et écouta les pas se rapprocher.

« Altesse, haleta l’esclave, Votre père vous demande. »

Zack se retourna et détailla la pauvre gosse dont les os saillaient. Son collier d’esclave semblait trop grand, tout comme ses ailes blanches. Ces dernières étaient attachées par un arceau en fer forgé. La tahora, inclinait aussi bas que possible, avait des cheveux rouge et gras. Son visage, émacié, laissait transparaitre sa peur. Le prince, d’un geste de la main, la congédia. La jeune arcaëllienne d’une quinzaine d’années sortie en reculant. Le Prince Impérial attrapa son épée qu’il attacha à son flanc gauche. Il quitta ses appartement et enfila les couloirs jusqu’à une grande salle qui jadis fut le lieu où les Tahora’Han donnaient les bals. Aujourd’hui, des statuts des Dieu-Empereurs décorés sobrement l’endroit, au fond un trône finement décoré dominait. Le dossier, en bois noir, était orné d’un dragon ayant la gueule ouverte, les accoudoirs, couverts d’un velours aussi noir que le bois, se terminaient par des orbes. Sur l’assise un gros coussin en soie noire servait à adoucir la dureté du bois. Assis dessus, Morloc toisait son fils unique. Il avait bien des bâtards mais aucun n’était celui qui prendrait sa place. C’était lui, ce garçon qui lui ressemblait tant, qui prendrait le pouvoir. Mais il semblait aussi faible que son ancêtre Arhnt. Cet idiot. Le Prince s’inclina humblement devant son père, posant le genou gauche au sol. Il ne parla pas, on ne le lui avait pas ordonné.

« Jeune Prince, Entonna Morloc, Notre histoire est la plus vaillante et la plus noble mais, par malheur et compassion, notre aïeul a laissé vivre la dernière idiote d’impératrice Tahora’Han. La rumeur veut qu’elle attendait un enfant et que de cet enfant viendrait celle qui me reprendrait le trône. Cela m’est intolérable ! Il y a quelques semaines, une patrouille a été éradiquée par une tahora. Nous ne savons rien d’elle, juste qu’elle est en liberté et, très certainement, la fameuse descendante de Keira. Il soupira et se gratta le menton, Trouves la, tues la et apporte moi sa tête ! Tu pars sur l’heure. »

Zack inclina la tête, se leva et quitta la salle du trône sordide et sombre. Ainsi, il était envoyé en mission. Son père craignait-il pour sa place ? Sûrement. Mais, dans le fond, cette mission était une aubaine. En cherchant la tahora il pourrait également tenter de trouver sa mère. Cette partie de son cœur manquante. Un sourire illumina son visage pâle.

Après avoir préparé sa besace, il alla aux écuries où il demanda deux chevaux. L’un pour servir de mule l’autre pour lui servir de monture. Le Prince soupira doucement en attendant ses chevaux, par où commencer pour trouver cette arcaëllienne ? Et surtout, pourquoi son père craignait-il un conte pour endormir les enfants ? Pour Zack, l’Enac n’était rien d’autre qu’une fable. Une histoire à dormir debout pour rassurer le peuple sur son avenir. Il passa une main dans sa chevelure noire corbeau et regarda les deux montures arrivées accompagnées d’un palefrenier. Le Prince ne remercia même pas son serviteur, il enfourcha sa monture, un étalon blanc, et partit vers sa destination encore inconnue. Il devait faire des recherches pour savoir par où commencer. Mettant son capuchon, il décida de partir vers la ville, plus précisément les bas-quartiers. Les langues se délient devant fortes sommes. Le pavé glissant à cause de la pluie ne l’empêchait pas d’avancer à un bon rythme. Il arriva au port où il repéra plusieurs navires peu fréquentables.

Tenant ses chevaux à la bride, il marcha dans la nuit noire à la recherche de réponse sur cette tahora dont il ne savait rien. Les mendiants étaient nombreux dans les bas-quartiers. Cul-de-jatte, prostituées, aveugles, tant de misère pendant qu’au Palais on se prélassait près du feu en félicitant le Dieu-Empereur de son règne de sagesse. Où était la sagesse dans le fait d’enchainer des nouvelle-nées sous prétexte qu’elles pourraient ravir le trône Impérial ? Le Prince ne portait pas son père dans son cœur, loin de là. Il était persuadé que Morloc était fou et avide de pouvoir. Mais, ce mzékils quels que soient ses défaut, était son géniteur. Il lui devait respect et obédience. Alors qu’il était dans ses pensées, il entendit une voix masculine crier. Il tourna la tête et vit un elfin au pilori. La tête et les mains étaient attachées par un carcan de bois. Le Prince, intriguait, s’approcha du prisonnier. Il le détailla. De grands yeux verts, une chevelure grisâtre, des ailes de petites tailles de la même couleur.
« Pourquoi es-tu là, elfin ?
- Pour avoir défendu ma mère et ma jeune sœur des soldats du maudit.
- Du maudit ?
- Celui qui s’prend pour un Dieu mais qu’est juste un mzékils avec un trône. »

Ainsi son père était surnommait par le peuple le maudit… Intéressant en soi. D’une voix calme et trainante, Zack dit à l’elfin.

« Sais-tu que je pourrais te faire couper la tête ?
- Et pourquoi ça ?
- Parler de son souverain en ces mots n’est pas tolérable.
- T’es un soldat ?
- Non.
- T’es personne alors ?
- Je suis le Prince. »

La bouche de l’elfin s’ouvrit en un grand « o » de stupeur, il bafouilla des excuses plus incompréhensibles les unes que les autres. Même si aucun rire ne se s’échappa d’entre les lèvres du fils de Morloc, il ne put s’empêcher de sourire. La route serait longue sur les routes, un compagnon ne lui serait pas inutile. Il proposa, avec un calme impérial, au manant :

« Si tu souhaites une liberté, je t’invite à me servir d’écuyer. Je t’apprendrais l’art de l’épée et le don des mots. Si tu refuses mon offre, je te ferais couper la tête.
- Ben… Bien évidemment j’ai pas envie qu’on m’coupe l’tête alors jprends l’premier choix, Sir. »

D’un coup d’épée bien placé, il cassa le cadenas qui enchainé le bougre. L’elfin se présenta sous le nom d’Hùlikcz. Zack lui demanda s’il savait monter à cheval et lui donna la mule. Dans la nuit sombre et froide, ils quittèrent la capitale pour aller chercher des informations dans les temples et les villages. Le Prince ignorait à peu près tout sur cette arcaëllienne sauf qu’elle était une tahora et avait les yeux vairons. Un bleu et un vert, chose très rare dans le monde.

Le temps s’écoula et ils ne parvinrent pas à trouver d’informations sur la demoiselle en fuite si ce n’est qu’elle avait des frères et une sœur qui avait pris la fuite vers les Cités Blanches. Cela ne l’aidait en rien… Assis près du feu, il regardait le ciel clair-obscur où quelques étoiles pointées le bout du nez. Il venait de donner un cours d’escrime à Hùlikcz. L’elfin était plutôt fort, comme nombreux de ses congénères, mais pas très habile avec une lame. Mais, le Prince en était sûr, il apprendrait. Il se laissa tomber en arrière, les bras croisé derrière la tête, il tenta de se souvenir, une fois encore, du visage de sa mère. C’est fou comme quelqu’un que l’on n’a pas connu peut vous manquer. Je la retrouverais aussi. Songea-t-il. L’elfin laissa échapper un ronflement sonore et bougea dans son sommeil. Zack devait dormir aussi même s’il doutait d’y arriver. Cette tahora occupait ses pensées plus que n’importe qui. Il ne voulait pas décevoir son père, cela lui serait sûrement fatal de toute façon. Il frissonna au souvenir de cette esclave qui s’était dressée contre Morloc, tentant de mener une rébellion. Elle avait subi les pires sévices qu’une arcaëllienne puisse endurer. Viols, fouet, tortures. Depuis, elle était aussi soumise que peut l’être un être vivant. Lorsque c’était arrivé, le Prince avait quinze ans. Il avait dû assister au supplice de la tahora qui était à peine plus âgée que lui. Le Dieu-Empereur avait décrété que ça forgerais l’âme de son fils unique. Pauvre femelle… Elle avait perdu tout espoir de liberté et quand il n’y a plus d’espoir, la vie nous quitte petit à petit. Fermant de nouveau les yeux, le jeune mzékils étendit ses grandes ailes noires et soupira. Il fallait dormir.

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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:15

Chapitre IV

Mélinda avançait de préférence la nuit sous le couvert des arbres. Jusqu’à présent elle n’avait croisé que des caravanes marchandes. Exceptionnellement, elle avait décidé de parcourir le vieux marais puant de jour, espérant ne pas croiser de vils gredins. Mais, à croire que les Dieux la testaient, les vœux ne sont pas toujours exaucés. Marchant à côté de sa monture, la tenant par la bride, elle entendit craquer une branche sur sa droite. Elle réajusta son cache-œil et sa cape puis demanda s’il y avait quelqu’un. Un bruit de cracha répondit à sa demande, sortant d’un peu partout, des brigands l’encerclèrent. Lâchant son cheval, elle dégaina son épée aussi vivement qu’une vipère peut mordre. Grogna de mécontentement, elle compta cinq arcaëlliens. Deux aracnor aux mandibules claquantes, une elfe de grande taille aux cheveux courts et roux, un adolescent humain qui jouait fausse note dans le décor et un virenpien à la peau écailleuse de couleur verte et aux dent petites et pointues. La jeune arcaëllienne, jugeant qu’il serait dur de gagner contre les cinq personnes face à elle, se résigna à dialoguer.

« Qui est le chef, demanda-t-elle avec force.
- Je suis celle qui donne les ordres. Répondit l’elfe sous le regard grognon du virenpien.
- Je n’ai que mon cheval et mes armes, je suis orpheline et ne cherche pas la guerre. Passez votre chemin et vous serez saufs. »

Les malandrins se mirent à rire de bon cœur. L’elfe attrapa son arc et mit en joue la tahora.

« Eh bien, donne-nous le peu que tu as, fillette. »

Cracha la rouquine. Soupirant, l’Enac retira son bandeau afin de mieux voir et lança l’offensive sur la chef. Son épée frappa dans le vide pourtant la rousse n’avait pas bougée. Non, elle s’était juste agenouillée sous les regards interrogateurs de ses compagnons. L’adolescente, surprise autant que les quatre autres, resta bouche bée.

« J’ignorais que tu étais mais, ma foi, tu es. Frères, l’Enac est face à nous.
- Qu… Quoi ? Je… Je ne suis pas….
- … Tes yeux ne peuvent mentir, jeune fille. Lâcha l’elfe. J’ai trois-cent ans et des poussières. J’ai servi sous Keira la Douce et je ne peux que reconnaître ces yeux uniques entre tous. Tu celle que le monde attend.
- Comment peux-tu en être si sûre, elfe ?
- Je suis Öerb’Gan, Générale des armées de Keira. Réduite à faire du banditisme pour survivre. Recherchée par l’Empire.
- Peut-être que les Dieux se sont trompés ! Hurla Mélinda, prise au dépourvu. Je… Je...
- Tu es l’Elue des Dieux, la favorite de Thaä. J’obéirais à tes ordres. Désormais je suis ta servante.
- QUOI ???? Cria l’adolescente, encore plus surprise. »

Elle tourna la tête vers le virenpien, le seul à ne pas être à genoux. Elle soupira de soulagement en voyant son regard amusé et moqueur. Il ouvrit grand la bouche et se mit à rire avant de déclarer :
« C’est CETTE gosse qui doit sauver le monde ? Elle n’est même pas en âge de procréer… J’vais pas lui obéir. J’me casse ! »

Il tourna les talons et s’enfonça dans le marais sous les regards choqués de ses camarades. Öerb’Gan, la tête inclinée, soupira de dépit. Mélinda, un peu perdue, demanda juste le droit de passage à ses nouveaux alliés. L’elfe demanda si elle voulait être accompagnée et la jeune tahora lui répondit que non. Cédant le passage à l’Enac, la rousse se releva. Mélinda passa et partie vers la sortie du marais. Une fois le marais passé, elle arriva sur une plaine luxuriante et verdoyante où paissaient tranquillement des ovins et des bovins. Il y avait de ci et de là des bergers veillant leur troupeau. Elle devait être proche d’une ville ou d’un village agricole. Ajustant son cache-œil pour ne pas être reconnu, elle avança sur la plaine avec assurance. Son épée était attachée à la selle de son cheval, à droite. Mais elle douta fort de devoir se battre ici. La plaine était vaste et vallonnée, elle allait mettre quelques temps à rejoindre la forêt qui se dessinait à l’horizon, de plus la nuit approchait rapidement amenant le froid. Elle décida de s’établir sous un rocher pour dormir. Elle sortit une miche de pain et en mangea quelques bout, ici elle ne pouvait chasser du gibier. Le pain était dur, limite rancit. Mélinda se força cependant à combler son estomac affamé.

Le lendemain, à l’aube, elle reprit sa route. Sa monture étant reposée, elle la lança au galop afin d’aller plus vite. Elle ne pouvait rester à découvert trop longtemps. De plus, au loin, elle aperçut des soldats errants. L’Empire était partout. Après quelques heures de cavalcade, elle arriva à l’orée de la forêt. Elle y pénétra, le cœur léger et soulagé. Alors qu’elle avançait entre les arbres, elle se sentit épiée et suivie. Elle frissonna, se demandant si son esprit lui jouait des tours. Une branche craqua au-dessus d’elle, elle leva la tête et vit une araignée monstrueuse lui tomber dessus. L’animal, une aracnÿ, n’était pas réputé pour être intelligent. Elle fit claquer ses mandibules à quelques centimètres du cou de l’adolescente qui parvint à repousser la créature qui tomba lourdement au sol sur le dos. Elle agita frénétiquement ses huit pattes dans le vide. Sautant au bas de sa selle tout en attrapant son épée, Mélinda se dirigea vers la répugnante créature venimeuse. Avant que l’aracnÿ n’ait le temps de se remettre sur ses pattes, l’Enac lui enfonça sa lame dans le cœur. La bête cessa de gesticuler. Elle entendit alors des applaudissements venant de sa gauche. Un vieillard était là, la contemplant de ses yeux aveugles. Ses ailes jaunes de papillons laissaient présager qu’il s’agissait d’un xen. L’arcaëllien se courba sur sa canne et dit à la tahora :

« Suit moi, jeune fille. »

Suspicieuse, l’adolescente hésita longuement. Le vieux bonhomme soupira et ajouta :

« Tu sais user de la lame, mais connais tu la magie ?
- En quoi ça te concerne, vieillard ?
- On m’a demandé dans un rêve de te former à l’art du fluide.
- La magie c’est pour les faibles, Cracha Mélinda avec dédain.
- Vraiment ? »

Se tournant à demi vers la jeune tahora, le xen leva le bras et l’abaissa. Un éclair frappa à un centimètre des pieds de l’arcaëllienne. Elle fit un bond en arrière, surprise. Bougonnant, elle emboîta le pas à son professeur de fluide. Qui avait pu lui envoyer un message ? Thaä ? Attrapant son cheval, elle suivait avec méfiance le vieux à travers la forêt. Ils finirent par arriver dans une petite clairière très lumineuse où trônais une cabane en bois d’orme. Enlevant l’attirail de sa monture, elle posa le tout sous un arbre près de la maison du vieil arcaëllien.

« Nous commencerons par Ka, la foudre. Mais pour ça, tu devras apprendre à maitriser tes émotions les plus sombres. Assis au sol en tailleur et pose les mains sur tes genoux. Toujours suspicieuse, Mélinda s’exécuta avec une certaine lenteur, Bien. Imagine un soir d’orage et les éclairs claquant dans les cieux. Maintenant, rapproche tes mains l’une de l’autre et voix le fluide prendre forme entre tes paumes. »

Mélinda s’exécuta, sentant un chatouillement dans le creux de ses mains puis une chaleur et enfin un picotement. Elle tenait entre ses mains une boule de ka. Le xen demanda à Mélinda de se lever et de viser un arbre au hasard. La boule s’évapora à peine fut-elle debout.

« Reste concentrée ! »
Grogna le vieux maître en lui assénant un coup de bâton sur le crâne. Il lui ordonna de recommencer mais cette fois debout. On ne maîtrise pas la magie en une journée, il faut des années. Ainsi deux années passèrent avant que Mélinda ne parviennent à jouer du fluide. Maîtrisant mez, le feu, ka, la foudre, khan, la terre et aän, le soin, elle montra à son maître des talents cachés. Bien évidemment, l’élément qu’elle maîtrisait le mieux était le feu suivit de la foudre. Le soin était, dans son esprit, une option valable. Elle devrait approfondir son savoir mais le xen, vieux et malade, lui demanda de reprendre la route et de finir sa formation aux Cités Blanches.

Cela faisait une semaine qu’elle avait quitté la clairière qui l’avait vu s’améliorer. Elle avait pris la direction d’un port clandestin juste derrière la forêt. Il faisait nuit noire et elle dormait dans un arbre quand elle fut réveillée par une branche craquant sous un pied. Sursautant, elle tomba de l’arbre. Un elfe et un virenpien se tenaient devant elle. L’elfe avait une longue chevelure brune et un regard d’acier, le corps de l’écailleux ne lui laissa aucun espoir de victoire.

« Une tahora ? Hm, on va se faire du fric mon pote ! »

Le virenpien se jeta sur l’adolescente qui n’eut pas le temps de réagir, elle se retrouva emprisonnée par un arceau de fer. Ne pouvant ni voler ni bouger les bras, elle se résigna. Elle avait échouée dans sa mission. Ils allaient la conduire au Dieu-Empereur et elle serait exécutée.

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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:15

Chapitre V

Ligotée comme un saucisson, enfermée dans une cage sur roue tirée par un cheval, Mélinda se débattait. Sa monture, attachée aux barreaux de la cage, suivait le rythme cadencé des mercenaires. Par chance, il n’avait pas retiré le cache-œil de la jeune tahora. Ainsi, ils ignoraient qui elle était. L’elfe chantonnait gaiement assis sur la roulotte devant l’attelage où était prisonnière l’Enac. Le virenpien, quant à lui, conduisait ce fameux attelage. La cage était si petite, que Mélinda était pliée en deux pour ne pas se cogner la tête contre le « plafond » grillagé de sa prison. Elle tenta d’utilisé son fluide de feu pour brûler les cordages mais il ne répondait pas. Pestant et maudissant les Dieux, elle implora les cieux pour ne pas mourir. L’elfe stoppa sa roulotte afin d’être au niveau de la cage. Il expliqua alors à la tahora :

« Apparemment tu ne connais pas les lois, jeune fille. Le fait que tu sois d’apparence juvénile ne prouve pas ton âge mais tes armes, elles, montrent que tu es hors-la-loi.
- Je n’ai rien fait de répréhensible ! Cracha l’adolescente.
- Bien sûr, bien sûr. Et la loi interdisant les armes aux tahoras femelles, ça te dit rien ?
- Non…
- Ne t’en fait pas, on préfère se faire un maximum d’argent en te vendant à Owald, le gardien d’arène. Les soldats de l’Empire sont trop radins. Dit avec amusement le virenpien aux écailles noires.
- Me… Me vendre… Bouche bée, Mélinda retint ses larmes de rage.
- Oui. On est pas philanthrope…. Marmonna l’elfe amusé. »

L’elfe conduisant la roulotte se plaça derrière la cage et se mit à nouveau à chantonner gaiement. Une tahora allait leur rapporter facilement trois à quatre cent pièces d’or. C’était là une affaire juteuse.

Ils finirent par quitter la forêt et s’engagèrent sur un chemin de terre battue. Ils prirent la direction de la ville la plus proche. Allerthan. La ville d’Allerthan était l’une des plus grandes villes de l’Ouest en dehors de la Capitale. Son arène est assez réputée mais pas célèbre pour autant. Il y a un temple et des autels disséminés partout dans la ville. On y trouvait bon nombre d’auberges et tavernes. Dans les bas-quartiers la prostitution était de coutume et faisait loi quant aux plantes hallucinogènes elles étaient reines. Le marché se situait au centre de la ville et était le cœur de cette dernière. La ville offrait de nombreux produits tels que les tissus ou l’alimentation mais aussi des esclaves en tout genre. Mélinda, comprenant bien sa situation, se cala contre les barreaux de sa cage et songea à son avenir de gladiatrice. Avec un peu de chance elle mourrait vite.

Les portes de la cité furent en vue assez rapidement. Gardées par des soldats qui contrôlaient les allées et venues, elle était en bois simple mais solide. L’elfe montra un laissé-passé en bois et ils entrèrent dans la ville. L’arène se trouvait à la porte Nord de la ville donc à l’opposé de leur emplacement. La cité était bruyante et mouvementée. Ici un mendiant, là un vendeur de poisson, là un boulanger, ici un marchand d’esclaves. Les maisons étaient toutes différentes et de tailles diverses. Certaines sur quatre étages, d’autre en plein pied. La tahora en prenait plein les yeux. Ou plutôt l’œil.

Enfin ils arrivèrent devant l’arène et ils demandèrent à voir Owald. Le gardien alla chercher le maître d’arène, un petit homme grassouillet et chauve au visage rouge. Il salua les mercenaires qui firent sortir la tahora de sa cage. Se dépliant avec douleur, Mélinda toisa de son œil vert l’arcaëllien obèse. L’humain lui tourna autour tel un rapace avide de chair fraîche. Il conclut le marché en serrant la main de l’elfe et en lui remettant une bourse bien ronde. Il attrapa la corde qui maintenait Mélinda et la tira vers l’arène. Elle jeta un dernier regard à son cheval et s’enfonça dans le labyrinthe qu’était le lieu de combats.

Après un dédale de couloirs plus ou moins lumineux, ils arrivèrent devant une petite cellule ouverte et vide. Dedans il y avait une couche à même le sol, une chaise et une table, une étagère. La lumière provenait d’une fenêtre barricadée. Owald poussa Mélinda dans la pièce et lui expliqua les règles de vie dans l’arène. La cellule était utilisée uniquement pour dormir. Le reste de la journée se déroulée sur le sable que ce soit pour les combats, les entrainements ou les repas. Ne comprenant pas bien ce qui lui arrivait, l’adolescente hocha la tête. Owald lui retira ses liens libérant ainsi les bras, les ailes et ouvrant la possibilité de mouvement à la tahora sous le choc. L’arcaëllien chauve lui pointa du doigt un collier de couleur verte.

« Amène le, et ne trainasse pas ! »

Perdue dans ses pensée, Mélinda hésita. Elle finit par se diriger vers la table en bois blanc et prit le collier de son asservissement. Contrairement aux colliers des autres esclaves, celui-ci permettait d’user du fluide.

« Approche, nom des Dieux ! »

Grogna l’humain avec mauvaise humeur. Il lui passa le collier et le verrouilla à l’aide d’une clef. Seule cette clef pourrait permettre d’ôter cet abominable collier. Il la poussa devant lui et la fit avancer à coup de pieds dans les fesses. Ils débouchèrent sur l’arène en elle-même, là où avait lieu les spectacles de gladiateurs. Des groupes d’arcaëlliens étaient formés et ils s’entrainaient dans une danse parfaite. Assise dans un coin, une elfe blonde buvait de l’eau, observant ses comparses puis son regard s’éclaira en voyant la nouvelle arrivante. Elle lança un regard discret vers un bracelet qu’elle avait au poignet droit. Il avait changé de couleur, comme l’avait prédit Keira La Douce. Mais… Pourquoi la jeune tahora avait-elle un cache-œil ? L’idée lui vint comme un coup de fouet : pour cacher sa différence. Owald beugla des ordres aux gladiateurs, insultant certains au passage. Disciplinés, les arcaëlliens se mirent en rang sur deux rangés. L’elfe se leva avec nonchalance et alla rejoindre ses frères et sœurs d’armes. Owald l’insulta copieusement ce à quoi elle répondit par un geste obscène.

« Tu me le paieras, elfe ! Gronda l’homme. Nous avons une nouvelle dans nos rangs. Faut quelqu’un pour la former. Ben tiens ! Ayelline, tu vas t’en charger ! »

L’elfe soupira et hocha la tête. Son regard clair se posa sur la tahora. Il fallait qu’elle soit sûre que cette arcaëllienne soit bien l’Elue. Malgré le bracelet magique, elle devait confirmer l’affaire en voyant les yeux de l’adolescente. Chose qui allait être ardue à cause du cache-œil. Ayelline fit signe à la jeune tahora de venir vers elle. Mélinda regarda l’elfe avec curiosité et appréhension. Qu’allait-elle encore subir ? Elle resta figer sur place, forçant Ayelline à venir la prendre par le poignet avec force. Mélinda se défit de l’emprise de sa formatrice d’un geste sec puis elle déploya les ailes pour se rendre impressionnante. Cela eut le don de faire rire l’ancienne soldate. Levant les yeux vers la voute de l’arène, elle vit le ciel. Croyant voir une opportunité de fuite, elle s’envola vers les cieux. La jeune arcaëllienne se heurta durement à un champ magnétique. Elle pesta en donnant de violents coups de poing dans la prison invisible. Lançant un éclair, elle fut à moitié assommée par le retour de foudre. Elle dégringola vers le sol et eut à peine le temps de se remettre qu’elle rencontra le sol avec force. Elle se releva après quelques secondes sous les regards amusés ou réprobateurs de ses camarades puis se dirigea vers les armes en bois. Elle se rua alors sur l’elfe, son ennemie de l’instant, et l’attaqua avec force et rage. Ayelline para avec grâce et souplesse chaque coups et finie par envoyer son poing dans le ventre de la tahora. Soufflée, Mélinda s’écroula sur le sable, se tenant le ventre. Suffoquant, elle écouta l’elfe lui parler.

« Tout comme toi, je suis prise au piège. Grogna-t-elle avec conviction. Alors maintenant, retiens ça, je ne suis pas ton ennemie mais certainement ta seule alliée. Alors, du nerf et prends ton destin en main ! »

Elle tendit une main amicale à l’Enac afin de l’aider à se relever. Hésitante, Mélinda finit par la saisir et se releva. Ayelline eut un sourire bienveillant et se présenta. Encore sous le choc, l’adolescente répondit :

« Mélinda, Mélinda Warren si cela a encore du sens. »

La gladiatrice sourit à sa protégée et alla chercher une épée en bois. Elle se mit en garde et exécuta une danse avec la tahora. Mélinda se montra un peu plus brillante dans ses actions mais sa colère allée grandissante. Pourquoi ? Se demanda-t-elle. Pourquoi moi ? Enchaina-t-elle en rage et en nage. Vous les Dieux, vous nous êtes supérieur de par votre statut mais nos choix sont à nous ! Pourquoi vous mêler de nos vies ? Continua-t-elle en parant les coups d’Ayelline. La journée passa entre entraînement et repas peu ragoutant. Quand l’heure du sommeil vint, Owald conduisit ses gladiateurs à leur geôle.

Les jours s’écoulèrent sans que Mélinda n’ait de véritable combat. Mais, toutes choses arrivent à point. Un beau matin, Owald annonça que les jeux allaient avoir lieu l’après-midi. De ce fait, les gladiateurs restèrent la matinée entière dans leur petite prison personnelle. Un peu angoissée, l’Enac pria Thaä de lui venir en aide. Un oiseau de mille et une couleurs chanta devant sa fenêtre gaiement. Quand arriva l’heure des combats, Mélinda implora les Dieux, et surtout Gar’Haz la Divinité des enfers, de ne pas la laisser mourir. Elle entendit Owald ouvrir la cellule à côté de la sienne, celle de Falret, un xen aux multiples facettes puis elle entendit la clef cliqueter dans sa serrure. C’était l’heure de vivre ou de mourir. Elle se leva de sa paillasse où elle était allongée et se tint au garde-à-vous. Owald lui cracha de la suivre. La foule de spectateurs était en délire acclamant la nouvelle venue par son nom de scène : La borgne. C’est fou ce que les gens peuvent être imaginatif. Son premier combat, elle tremblait un peu. Elle passa devant la cellule d’Ayelline qui lui cria :

« Soit forte et gagne ! »

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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:16

Chapitre VI

Mélinda fut éblouie par le soleil ardant de l’été lorsqu’elle entra dans l’arène. Devant elle se dresser des armes diverses et variées. L’animateur de spectacle ordonna au xen et à la tahora de choisir une arme chacun. L’Elue des Dieux choisit une épée à deux mains. Le xen une lance. La foule en délire acclamait son champion favori. Une boule au ventre, Mélinda fit un signe de tête à Falret. Ce dernier la défia du regard attendant les ordres d’Owald.

« Combat à mort ! Que le meilleur gagne ! »

Mélinda se mit en position, de la sueur perlée sur son front moite. Elle jouait avec son fluide prête à en faire usage. Ce à quoi elle ne s’attendait pas c’est que le xen balance sa lance sur le côté et se transforme en loup noir. Elle n’avait pas vu ce genre d’exercices à l’entraînement. Prise de panique, elle invoqua un tigre de flammes qui se plaça devant elle. L’animal incandescent donna un violent coup de patte au loup qui couina et recula. La tahora devait analyser et vite. Elle se mit à réfléchir à toute vitesse, cherchant un moyen d’attaquer le xen/loup sans y perdre un bras. Retirant une main de son épée, elle tendit le bras vers le ciel et invoqua une pluie d’éclairs mais, habitué des combat, le loup les esquiva presque tous. L’un des éclairs le toucha de plein fouet sur le dos. Une odeur de chair et de poils calcinés envahit les narines de l’arcaëllienne. Mécontent Falret grogna et se rua sur la jeune tahora toutes griffes dehors. Il venait de se transformer en lion. Le tigre se dissipa sur son passage car Mélinda en perdit le contrôle par peur. Elle baissa son bras toujours tendu et attrapa son épée avec fermeté. Bondissant, le lion fendit l’air et atterrit à deux centimètres de l’Enac qui avait fait un bond en arrière. Lançant une de ses puissantes pattes vers son adversaire, la griffant profondément sur l’avant-bras au passage, le lion rugit. La foule acclama le sang coulant et la férocité du combat. Les spectateurs étaient en haleine, les deux combattants étaient bons. De nouveau, Mélinda enleva une main de son épée et la tendit vers le sol qui se mit à frémir et trembler. Le lion/xen recula de quelques pas. Là où il se trouvait un instant plus tôt jaillit un pic qui aurait pu le transpercer de part en part. Mélinda eut l’impression que l’animal sourit et se moqua d’elle.

« J’vais te crever ! »

Grogna-t-elle mécontente. Elle ressaisit son épée et s’envola suivit par le regard interrogateur du xen. Une fois assez haut dans l’arène, elle replia ses ailes, se laissant tomber épée la première vers le lion. Au dernier moment elle les étendit et freina son élan. L’épée entailla profondément la gorge du lion qui n’avait eu le temps de se décaler. Il grogna et le public eut l’impression que l’animal insulté son adversaire. Se posant, Mélinda se maudit de ne pas avoir choisi l’arc. Les pieds ancré dans le sol, elle planta son épée dans le sable et se concentra sur ses mains presque jointe. Une boule incandescente apparut et fusa vers la gueule du lion qui n’eut guère le temps d’esquiver. Il se la prit de plein fouet en criant de douleur. Reprenant forme arcaëllienne, nu, le xen avait des cloques sur son visage à demi brûlé. Il lança à la tahora d’une voix forte :

« Je n’ai jamais été vaincu, ce n’est pas toi qui m’éradiquera fillette ! »
Il était hors de lui et ramassa sa lance. Mélinda, vive et rapide, se lança sur lui et l’embrocha sur son épée. L’arme avait transpercé le cœur, le xen était mort sur le coup ses belle ailes mauves cessèrent de battre, sa longue chevelure brune lui tomba dans les les yeux et du sang perla à sa commissure droite.

« les frites sont prêtes ! »

Dit-il avant que ses yeux gris s’écarquillent dans la mort. S’aidant de son pied gauche, Mélinda retira l’arme du corps pantelant de l’arcaëllien.

« Gar’Haz est ton âme. »

Chuchota Mélinda à l’oreille du xen sous les hourras et les ovations du public. Le combat avait été rapide mais les spectateurs avaient apprécié. Owald vint sur la piste, attrapa le bras armé de l’Enac et clama sa victoire. Le corps sans vie de Falret fut trainé vers la fosse tandis que l’adolescente était emmenée à l’infirmerie pour être soignée de sa griffure. La soigneuse, une elfe à la chevelure fauve et aux yeux de glace, observa la plaie de la tahora en grimaçant. Après quelques inspections, elle désinfecta sans aucune douceur la blessure puis utilisa le fluide de soin pour fermer l'ouverture. Réparant les tissus, elle soupira, lasse de ce travail. Une fois soignée, Mélinda eut le droit à un bout de pain avec du fromage de chèvre. On lui donna également de l’hydromel dans un godet. Affamée, la jeune arcaëllienne mangea avec appétit et goûta sa boisson. Elle savoura les deux mets puis s’allongea sur le lit de camp. Elle savait qu’à la fin du spectacle elle retournerait dans sa cellule. Les yeux lui piquaient un peu à force de se retenir de pleurer pour le xen qu’elle avait occis. Mais, elle tint bon et ne pleura pas, après tout désormais c’était son travail. Tuer ou mourir, telle était la devise de l’arène. Sans même s’en rendre compte, elle demanda aux Dieux d’épargner Ayelline.

L’adolescente fut réveillée en sursaut par Owald qui beugler aux gladiateurs de se mettre en rang pour retourner dans leur cellule. Afin d’éviter le fouet, Mélinda se leva d’un bond et alla se ranger avec les autres. En file, ils furent tour à tour enfermer dans leur « appartement ». La jeune arcaëllienne fut soulagée de voir son amie en vie. Elle fut jetée dans sa cage sans même avoir pu lui parler. Son cache-œil faillit se défaire sous le choc. Dès le lendemain, l’entrainement reprendrait. Seuls les meilleurs avaient survécu ce qui n’augurait rien de bon pour la tahora.

Owald comptait ses recettes du jour, les paris avait été bons et les entrées nombreuses. L’humain, cupide, entassait ses pièces d’or quand quelqu’un frappa à la porte de façon insistante. Il cria d’entrer, furieux qu’on le dérange. Il se reprit lorsqu’il vit qu’il s’agissait de soldats Impériaux. Le petit gros se leva promptement de son siège en velours noir et invita aimablement les gardes à s’installer dans son bureau chichement décoré. Il leur proposa de boire un verre mais les deux soldats refusèrent avec politesse.

« Maître d’arène, entama le mzékils aux cheveux ébène, Notre Noble Dieu-Empereur aimerait un spectacle digne de Lui. As-tu de bon combattant à proposer ?
- Par les Dieux, oui. J’ai eu il y a peu une tahora. Elle est très douée. Ensuite j’ai quelques bons éléments.
- Une tahora dis-tu ? A-t-elle les yeux vairons.
- Non, elle a les yeux verts. Enfin un œil vert et un œil manquant.
- Bien. Tu les feras conduire à la Capitale dès demain. Alzbey ne manque pas d’animations mais le Divin Empereur aime renouveler les spectacles.
- Bien sur messire. Je mettrais en route une caravane dès l’aube.
- Parfait. Bonne soirée Owald. »

Les deux gardes quittèrent le bureau saluant d’un signe de tête l’humain. Owald, bien fier de lui, s’empressa d’aller quérir deux de ses soldats personnel et leur ordonna de préparer cinq gladiateurs dont Mélinda et Ayelline. Il fallait avouer que l’elfe était surprenante cela faisait des décennies qu’elle était dans l’arène et elle était toujours en vie. Il se frotta les mains, pensant à son bénéfice et à sa renommée. Il allait prendre du galon si ses champions gagnaient.

Pendant ce temps, l’adolescente songeait à sa liberté perdue. Quand la retrouverait-elle ? Et surtout, comment ? Elle s’allongea sur le ventre sur sa paillasse à même le sol et posa sa tête sur ses mains jointent. Thaä doit me guider, mais il ne se montre pas. Songea-t-elle, en colère. La vie, elle l’apprenait, était bien injuste et dure. Pour vivre, elle avait dû tuer un innocent et elle s’en sentait souillée. Comment pouvait-on vivre avec un meurtre sur la conscience ? Elle soupira doucement et ferma les yeux, demain était un autre jour.

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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:17

Chapitre VII

« Debout fainiasse ! Hurla une voix féminine à la porte de la geôle de Mélinda. Tu pars en voyage ! »

L’Enac, réveillée en sursaut, regarda, ahurie, la virenpienne aux écailles bleues.

« En… Voyage ?
- Pose pas de question ! Lève-toi !! »

Obtempérant, Mélinda ajusta son cache-œil. Elle sortit de sa prison et vit quatre autres de ses comparses être dirigés vers la sortie. Elle fut soulagée, une fois encore, de voir Ayelline dans le lot. Les gladiateurs furent entassés dans une cage sur roues attachée à deux buffles. La caravane se mit en route sans que les prisonniers sachent où ils allaient. Cependant, trop heureux de voir du paysage, personne ne se plaint. Trois soldats les accompagnés, parlant entre eux de choses et d’autres. Silencieux, les gladiateurs se regardaient. Curieuse, Mélinda demanda à l’un des gardes où ils se rendaient. Peu enclin à parler à une prisonnière, l’elfin aux ailes grisâtres et aux yeux rouges répondit sans la regarder.

« Alzbey. »

Déglutissant, comprenant le piège mortel qui se refermait sur elle, l’Enac essaya d’élaborer un plan d’évasion. Elle chuchota aux autres son idée. Le plan était simple. Lors de l’arrêt de nuit, ils demanderaient à être sortis pour uriner. Etant plus nombreux, et peut-être plus forts, ils attaqueraient les soldats à l’unisson. C’était un plan fort simple qui serait sans doute efficace. Ayelline, un peu méfiante, se demanda pourquoi la borgne ne voulait pas aller à Alzbey. L’elfe fixa alors son bracelet. Elle en était presque convaincue, cette tahora était l’élue.

La nuit commencée à tomber et les soldats stoppèrent l’avancée. Ulrich, un virenpien aux écailles oranges, demanda :

« Hey, on peut aller pisser ? »

Les gardes se regardèrent et parlèrent à voix basse entre eux avant d’accorder une sortie aux prisonniers. A peine la cage ouverte, les gladiateurs se jetèrent sur le soldat, une jeune lorcq aux yeux ambre. Elle fut projetée en arrière mais se releva bien vite. Le virenpien fut le premier à mettre le pied dehors et encaissa les coups de la garde. Les deux autres soldats, un peu surpris, mirent du temps à réagir. Sortant leurs épées, ils se ruèrent dans la mêlée. S’accroupissant, Mélinda posa ses mains sur le sol et une cage faite de troncs apparue, enfermant les trois tortionnaires.

« Toi, l’elfin, donne la clef des colliers, gronda un lupan à la fourrure grise et à l’allure de loup-homme.
- Plutôt crever ! Grogna l’elfin en serrant une petite clef autour de son cou.
- Cela peut s’arranger, Dit l’Enac froidement. »

Elle attrapa une lance et la pointa sur le cœur de l’elfin. L’arcaëllien, ayant envie de vivre, arracha le cordon de son cou et balança la clef aux gladiateurs qui ôtèrent leur signe de souffrance. Se frottant la nuque, l’adolescente récupéra ses armes. Elle dit adieux à ses comparses et commença à se diriger vers une forêt à quelques pas.

« Hey ! Cria une voix bien connue derrière elle.
- Pourquoi tu me suis, Ayelline ?
- Je veux rester avec toi.
- Mauvaise idée, elfe.
- J’ai de l’expérience, tahora ! Et puis être seule n’est pas drôle.
- Comme tu veux. Marmonna entre ses dents l’Enac.
- Parfait ! »

Ayelline se mit à côté de Mélinda et garda le silence. Elles pénétrèrent dans la forêt dense. L’elfe demanda à la tahora où elle comptait aller. Mélinda ne répondit pas, ignorant la question de son amie. L’ancienne soldate de Keira soupira, décidément, cette gamine était têtue et trop solitaire. Sans monture, rejoindre le port caché sera difficile. Songea l’adolescente. Ayelline essayait de faire la conversation mais, un peu trop songeuse, L’Enac ne répondait pas laissant l’elfe parler seule. Soupirant pour la énième fois, la gladiatrice se frotta le front. Elle avait passé des années dans l’arène sans se douter que celle qu’elle cherchait viendrait à elle sans qu’elle n’ait le moindre effort à faire. Maintenant qu’elle était libre avec la raison de son existence, elle ne savait pas par où commencer. Déjà, elle devait contrôler le second œil de la tahora ce qui serait ardu étant donné qu’elle ne retirait jamais son cache-œil.

« Tu as quel âge, Ayelline. Demanda brusquement la tahora.
- Bien plus que toi. J’ai plus de 200 ans à dire vrai j’ai arrêté de compter après deux siècles.
- Donc, tu as connu la grande guerre ?
- Oui… Triste souvenir.
- C’est pour ça que tu étais à l’arène. Tu étais une anti Arhnt ?
- Je suis anti Mzékils’Han mais non, ce n’est pas la raison de ma présence en ce lieu. Elle soupira doucement, se pinçant l’arête du nez, J’ai tué un soldat il y a de ça trente-six ans. Il a voulu… Me violer. Je me suis défendue mais, ce que j’ignorais, c’est qu’il s’agissait d’un lieutenant… J’ai été rapidement arrêtée et mise au combat.
- Je vois. Mélinda devint songeuse. Trente-six ans et tu as survécu… Tu dois être une sacrée combattante.
- Je me débrouille.
- Fais pas ta modeste ! »

Ayelline ne put s’empêcher de sourire. Elle n’était pas modeste, loin de là. Elle aimait fanfaronner et par-dessus tout boire de bonne pinte en bonne compagnie. Je ne suis pas prête d’en boire une avec cette adolescente… Songea-t-elle pensivement. L’Elue des Dieux s’arrêta brusquement, elle fit signe à l’elfe de se taire. Venant d’un buisson, il y avait un son étrange. Dégainant son épée, Mélinda somma la créature de se montrer. Ayelline avait encoché une flèche sur son arc, prête à débander les bras.

« Vous allez me tuer ? Demanda une petite voix fluette.
- Qui es-tu ? Tonna Mélinda.
- Arbazn, l’esclave en fuite. Il avait murmuré les trois derniers mots mais elles les avaient entendus.
- Sors ! »

Sortant du buisson, mesurant à peine un mètre trente, un petit arcaëllien aux cheveux de neige se releva. Son regard pourpre se posa sur les deux arcaëlliennes le tenant en joue. Un pâle sourire illumina son visage. A son cou se trouvait un collier rouge sang. Abaissant son arc et relâchant la corde de son arme, la soldate murmura, surprise :

« Une cible de l’Empire… »

Le gosse se frottait les genoux qui étaient terreux. Puis, il dévisagea Mélinda puis Ayelline. Elles ont l’air de fuir aussi. Songea le gamin. Alors qu’ils étaient en train de se regarder dans le blanc des yeux, un chien –ou plutôt une meute – aboya dans le lointain.

« Mince, ils ont retrouvé ma piste ! Barrez-vous ! »

Il se mit à détaler vers le nord à toutes jambes, suivi de près par les deux arcaëlliennes. Les chiens et le bruit des sabots n’étaient pas là pour rassurer ce joli petit monde. Arbazn courrait très vite, ce devait-être un lorcq, ces être se nourrissant de fluide. Mélinda et Ayelline ne tardèrent pas à être distancée. Ils étaient proches, à peine cinq cent mètres derrière.

« On va se cacher dans un arbre. »

Cracha Mélinda à bout de souffle. Elle attrapa l’elfe sous les aisselles et s’envola vers la cime d’un arbre très grand. Une fois à bonne hauteur, elle déposa délicatement la blonde et se posa sur une branche juste au-dessus. La troupe de chasseurs passa, ce n’était pas elles qui étaient pistées mais le gosse. Elles l’avaient, cependant, échappée belle. Suivant de son œil vert les cavaliers, Mélinda soupira de soulagement et s’adossa au tronc. Elle attrapa sa besace et en sortie deux cordes. Elle en tendit une à l’elfe et lui intima de s’attacher pour la nuit. L’elfe, surprise, obéit sans un mot. Il est vrai que si elle tombait de cette hauteur, elle finirait en bouilli. Il faut avouer que dormir en étant saucissonné n’était pas la meilleure des manières de se reposer, mais elles parvinrent à dormir un peu.

Un bruit réveilla en sursaut Mélinda et Ayelline, un son qui n’avait pas sa place dans la forêt. Des cavaliers. Se détachant, l’Enac regarda depuis les hauteurs la troupe passer sans s’arrêter. Ayelline s’apprêta à parler mais un geste de l’adolescente la fit taire. Après une bonne demi-heure d’attente, la combattante décréta qu’elles pouvaient descendre de l’arbre. Une fois au sol, elles se remirent en marche dans un silence assourdissant. Au moindre bruit, elles se cachaient dans les taillis. L’elfe sentait que la tahora n’avait pas confiance en elle et elle trouva cela fort triste. Qu’avait-elle vécu pour ne plus croire en l’arcaëllien ? La jeune élue marchait vite, d’un pas déterminé.

« J’ai une question. Lança Ayelline
- Poses toujours. Grogna l’adolescente.
- Qu’as-tu vécu pour être aussi froide ? »

Ne répondant pas, Mélinda ajusta sa cape et avança encore plus vite. Elle ne voulait pas parler de ça. Elle ne voulait pas ouvrir à nouveau la plaie à peine cicatrisée. Elle se contenta de dire :

« La vie m’a rendu ainsi. »

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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:17

Chapitre VIII

Le Prince et son nouvel ami parcourait Kaïl à la recherche de l’Enac. Des bruits courraient sur une tahora extrêmement forte et plutôt jeune enfermée dans une arène. Zack, curieux de nature, avait décidé d’aller voir ce qu’il en retournait. L’arène d’Allerthan n’était pas très réputée, son gardien était un homme cupide qui achetait des arcaëlliens même s’ils n’avaient pas commis de crime. Le mzékils n’aimait pas ça. Il regarda Hùlikcz qui avait une bien plus belle allure qu’à leur rencontre. Le jeune elfin s’était natté les cheveux et, son regard ainsi dégagé, semblait scruter le tréfonds de l’âme. Le seul désagrément c’est que l’arcaëllien était excessivement bavard. Il trouvait toujours à commenter un lieu, un fait ou une parole. Mais, Zack devait bien se l’avouer, ça l’amusait quelque peu.

« Zack, regarde ! »

Lança soudain l’elfin en pointant du doigt une roulotte où étaient enfermés des gardes. Des prisonniers avaient dû se faire la malle et emprisonner les pauvres bougres. Lançant leur monture au galop, le Prince et son acolyte furent vite au niveau des malheureux. Un sourire en coin, le mzékils demanda qui était le chef. L’un des arcaëllien leva le bras.

« Bien, tu vas me répondre alors. Que s’est-il passé ?
- Les gladiateurs nous ont tendu un piège… Ils nous sont tombés dessus en masse.
- Combien étaient-ils ?
- Cinq, Sir.
- Je vais vous sortir de là, mais avant j’ai une dernière question. Y avait-il une tahora ?
- Oui, une borgne. »

Une tahora borgne ? Intéressant et très bon moyen de cacher des yeux vairons. Le Prince attrapa la clef qui était accroché à l’encolure d’un des bœufs. Il ouvrit la cage et demanda au chef de venir vers lui et de tendre le bras horizontalement. Dégainant son épée, il trancha le membre. Le bougre hurla de douleur et tomba au sol. Le sang giclait du membre sectionné, tachant l’uniforme du soldat et le sol. Rengainant son arme, le Prince cracha :

« Prends cela comme un avertissement, la prochainement fois ce sera ta tête ! »

Zack remonta en selle imité par son ami qui avait la bouche bée. Comment pouvait-il être si froid ? Pour une fois, Hùlikcz fit silence. Avant de partir, le mzékils demanda par où était partie la tahora. On lui indiqua la forêt. L’étau se resserrait, il allait bientôt rentrer avec la tête de cette emmerdeuse. Mais pour l’heure, il fallait remonter sa piste. Elle était partie depuis trois jours, elle pouvait être loin. Il pesta et lança son cheval au galop. Au bout d’un certain temps, ils arrivèrent à l’orée de la forêt, elle était lumineuse et belle. Mais le Prince s’en contrefichait bien. Ils pénétrèrent dans le lieu et avancèrent avec une certaine prudence. Il devait y avoir des bandits. Pas que cela effraie le Prince ; à quinze ans, il avait exécuté son premier coupe-jarret. Il maitrisait bien mez, très bien même. Le fluide de feu était une part de lui. Il était capable de s’enflammer et de lancer de puissante boule de feu sur ses ennemis. Il avait également une invocation de flammes, un bsurt. Un loup de la taille d’un cheval. Il avait nommé cette bête Yüter.

Hùlikcz, encore perturbé par la scène qui avait eu lieu plus tôt, était plongé dans ses pensées. Peut-être que le Prince serait pire que son père une fois sur le trône. Il savait qu’il ne pouvait se permettre ce genre d’idées mais il ne pouvait s’en empêcher. Zack avait fait preuve d’un sang-froid et d’une froideur à toute épreuve. Il songea qu’il se devait d’obéir sans réfléchir à celui qui était son maître. Zack remarqua le visage pensif de son camarade et il déclara :

« Mon père ne lui aurait laissé aucune chance. Je l’ai puni durement, c’est vrai, mais il vaut mieux un bras en moins qu’une tête coupée. »

Le jeune elfin ne répondit pas et se contenta de hocher la tête. Il aurait aimé répondre quelque chose au Prince mais la peur lui coupa la chique. Quand le monde avait-il sombrait dans la barbarie légale ? Il pensa à cette Enac et la possibilité qu’elle change le monde. Mais… Il devait aider le Prince à la tuer. Le jeune arcaëllien soupira, vivant un réel malaise. Ses convictions étaient détournées par ses obligations. Zack arrêta sa monture soudainement et attendit son acolyte. Il posa une main sur l’épaule droite de l’elfin et déclara :

« Je suis navré pour cet arcaëllien mais… Il le fallait.
- Il ne pourra plus travailler, Sir.
- Il trouvera une occupation. Maintenant, regarde ces traces, elles sont fraîches. Des cavaliers sont passés par là. Et, regarde, dans les emprunte des chevaux on voit quatre pieds. Nous sommes sur la bonne piste. »

Hùlikcz hocha la tête, la quête avant tout. Ainsi, l’Elue n’est pas seule. Songea le Prince. Qui est avec elle ? Se demanda-t-il. La nuit allait tomber, le Prince proposa qu’ils établissent un campement ici pour la nuit.

****
Mélinda, étendue sur le dos dans la clairière, regardait le ciel de son œil vert. Ayelline dormait déjà d’un sommeil agité. La jeune tahora ferma les yeux pour rejoindre le monde des rêves. Elle se mit bien vite à respirer lentement et régulièrement. Elle ne sentit pas le froid envahir le lieu. L’elfe par contre se réveilla. Il y avait une lueur blanchâtre entre les arbres qui soufflait à Ayelline de venir à elle. Prenant son arme, elle se leva déposant une couverture sur Mélinda. Lorsqu’elle arriva à hauteur du spectre, quelle ne fut pas sa surprise que de reconnaitre le visage de Keira.

« Im…Impératrice ? Chuchota l’elfe surprise.
- Et bien, comme tu as grandi, petite Ayelline. Il faut que tu saches quelques choses, vient avec moi. Ne t’en fait pas pour ma descendante, elle est protégée par Thaä. Regarde là-bas. »

Ayelline suivit le doigt fantomatique qui montrait un tigre bien étrange. Il était de mille et une couleurs. Un émissaire de la Divinité. Emboitant le pas à l’étrange apparition, Ayelline resta silencieuse. Après quelques minutes de marches, le fantôme s’arrêta. Elle se mit alors à parler de ses derniers instants, de la naissance de ses jumeaux.

« La légende dit que vous n’avez eu qu’un fils ! S’exclama l’elfe.
- Ne sais-tu pas que les légendes sont souvent fausses ? Keira soupira. Actuellement j’ai trois jeunes descendants, deux tahora : Mélinda et Keira et un mzékils : Zack.
- Le… Le Prince ?
- Oui. Sa mère est issue d’une des branches de mon arbre généalogique. Abby Maäly vous aidera une fois que vous serez aux Cités Blanches. Mais attention, vous êtes suivi de près.
- Par qui ? »

Keira la Douce sourit et s’évapora dans les airs. Cela était perturbant. Le Prince était un cousin éloigné de Mélinda ? Et cette Keira, qui était-elle ? Retournant au campement, Ayelline vit que Mélinda était assise. Cette dernière demanda à l’elfe où elle était. La Gardienne de l’Enac répondit qu’elle était partie uriner. L’arcaëllienne se coucha, songeant aux mots de l’Impératrice déchue. Elles étaient suivies mais par qui ?

Le jour se levait tranquillement, Mélinda rangeait les affaires de la nuit et Ayelline préparait le repas du matin. La visite de Keira la Douce l’avait perturbée mais, au moins, elle était sûre que la tahora face à elle était l’Enac, sa protégée. Elle devait faire comprendre à l’adolescente qu’elle savait. Mais comment le faire sans risquer d’être tuée par la tahora ? Elle soupira, un peu excédée.

« Mélinda…
- Ouais ?
- On doit parler de quelque chose et je te prie de garder ton calme.
- Accouche… Grogna la tahora.
- Je sais ce que tu es….
- Une tahora ? Dit ironiquement l’Enac.
- Entre autre. Je sais que ton œil sous le bandeau n’est pas absent ou percé. Il est juste bleu. Tu es… Ayelline soupira un peu inquiète. Tu es l’Enac.
- Prouve-le !
- Retire ton cache-œil…
- Cela prouverait quoi ?
- Que mon bracelet n’a pas changé de couleur pour rien.
- Hein ? De quoi tu parles ? L’adolescente soupira en voyant le regard déterminé de son aînée. Bien, comme tu veux. »

Elle défit le nœud maintenant le bandeau dévoilant son œil bleu clair. Elle lança un « Satisfaite » à Ayelline qui souriait. L’elfe s’inclina devant la jeune tahora qui pesta dans tous les termes possibles. Elle n’avait rien demandé. Et voilà qu’elle était affublée d’une mission suicide. Saloperies de Dieux ! Songea-t-elle.

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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:18

Chapitre IX

Remarquant des traces de pas non loin de leur campement, Hùlikcz informa Zack qu’il y avait eu du mouvement cette nuit. Remontant la piste, ils arrivèrent à une clairière déserte où des braises ardentes fumées encore. Le Prince s’accroupie et observa l’ancien feu, un sourire se dessina sur son visage, ils se rapprochaient de la fille. Se frottant les mains, il se releva. La matinée était fraîche et humide. Le jeune mzékils aux ailes de nuit attrapa la bride de son cheval et monta en selle. Avec une monture il rattraperait plus vite la fugitive. Une idée germa alors dans son esprit. Et si… Oui ! Il pouvait contrer son père, le doubler faire de ce monde quelque chose de meilleur. Non, il n’allait pas venir directement en aide à la tahora, c’était son ennemie malgré tout mais, il allait déclencher une guerre qui ferait d’une pierre deux coups. Morloc et l’Enac s’entretueraient et lui, il monterait sur le trône. Un sourire plus que satisfait se dessina sur sa face pâle. Il appela l’elfin. Ce dernier, déjà en selle, s’approcha.

« Je vais te confier une mission. Tu vas espionner l’Enac pour moi. Points forts et faibles ne devront t’échapper. Mais pour ça, il faut que tu sois une pauvre victime.
- Hein ? »

Avant qu’il n’ait le temps de réagir, il se retrouva au bas de sa selle, le nez en sang. Zack venait de lui assener un violent coup de poing.

« Par Thaä ! Tu es fou ?
- Non, j’ai un plan. Retrouve les filles en expliquant que tu as été détroussé par des mercenaires. Oh, et donne-moi tes armes. »

Hùlikcz obéit bon gré mal gré et s’en alla à pied dans la direction des pas. Il erra longuement lorsqu’il aperçut deux silhouettes féminines. Priant pour que ce soit l’Enac et son acolyte, Hùlikcz se mit à courir en hurlant au voleur. Les deux arcaëlliennes, surprise d’entendre hurler, s’arrêtèrent subitement de marcher. Le jeune elfin le rejoignit au pas de course les implorant de lui venir en aide. Son nez saignait toujours.

« Aidez-moi ! Ils m’ont tout pris !
- Qui ? Demanda froidement Mélinda.
- Les mercenaires !
- Et pourquoi devrions-nous te protéger ?
- Vous avez des armes, moi pas.
- Mélinda, regarde ce pauvre petit, regarde son nez… Tiens prends place sur cette souche je vais te soigner. »

Fier de son jeu de rôle, Hùlikcz obtempéra simulant la peur. Ayelline utilisa le fluide de soin pour remettre en place le nez cassé du jeune arcaëllien et nettoya le sang. Bougonnant dans son coin, l’Enac ronchonnait. Le jeune elfin avait réussi la première partie de sa mission, infiltrer les deux arcaëlliennes. Cependant, même s’il était fier de lui, il ne souriait pas. Cela aurait pu le trahir. Lorsque son nez fut remis en place, il cria de douleur ce qui fit rire Ayelline. Il jeta un œil vers Mélinda qui était adossée à un arbre et fixait intensément le ciel. Elle cherchait une réponse divine concernant son avenir.

« Je me nomme Hùlikcz, mes dames. Et vous ?
- Ayelline pour ma part et la bougonne c’est Mélinda.
- Je ne suis pas bougonne…
- Hm hm… »

Mélinda avait oublié de remettre son cache œil et, de ce fait, Hùlikcz pouvait admirer la beauté de ses yeux vairons. Elle n’était pas bien grande, l’Enac. Mais, il pouvait le sentir, il valait mieux se la mettre dans la poche. Etrange, je l’imaginais plus imposante que ça… Songea le jeune arcaëllien. Mélinda se décolla de l’arbre où elle était appuyée et lança :

« On y va ? »

Ayelline soupira et se leva aidant l’elfin à faire de même. C’est fichu pour la discrétion… Ronchonna intérieurement Mélinda. Et, elle n’avait pas tort. L’elfin était un vrai moulin à paroles. Il ne cessait à aucun moment de parler ce qui eut le don d’agacer au plus haut point l’Enac. Plus d’une fois, elle eut envie de le bâillonner. Mais elle n’en fit rien, elle ne voulait pas être tyrannique. La libre expression était un droit acquis à la naissance, non ? Mélinda, quelque peu excédée, demanda sans aucune politesse à Hùlikcz de se taire. Le jeune arcaëllien, surpris, obéit. Pendant trente secondes.

Le soir tombé lorsqu’ils arrivèrent à l’orée de la forêt. Au loin on pouvait voir la mer et même sentir l’odeur iodé de l’eau. Ils soupirèrent de soulagement en même temps. Il y avait de nombreux bateaux et, surtout, des bateaux pirates. Mélinda demanda à Hùlikcz de se rendre au port et de trouver trois places pour les Cités Blanches. Elle lui donna sa bourse et l’arcaëllien s’en alla d’un pas sûr vers les navires. Pendant ce temps, Ayelline installait un campement de fortune. Elle usa de son mez pour allumer le feu. Mélinda, quant à elle, était partie chasser. Elle avait besoin de silence. Alors qu’elle aperçut une proie suffisante, quelque chose prit forme devant elle. D’abord une aile blanche, puis une noire et enfin un corps. Une arcaëllienne se tenait devant elle, le regard sévère. Ses cheveux de jais étaient si longs qu’ils arrivaient en dessous de ses fesses. Mélinda s’agenouilla sans réfléchir.

« Béni soit le nom des Dieux.
- Tu ne sembles pas nous bénir, jeune fille. Grogna l’apparition.
- Je… Heu… Je…
- Silence ! Je t’ai choisi entre toutes pour accomplir mon dessin, cesse de nous insulter où je te tuerais de mes mains. »

Thaä disparut de façon théâtrale. Les Dieux en avaient marre des sautes d’humeur de la tahora. Elle baissa la tête, en colère. Cependant, par prudence, elle n’insulta pas les Divinités. En tout cas, le Dieu avait fait fuir les proies des environs. Par chance, il y avait une petite rivière où le poisson abondé. Elle parvint à en pêcher trois beaux. Elle retourna au campement et commença à écailler et vider les truites. La nuit était fraîche et la jeune tahora se blottit non loin du feu pour faire son ouvrage. Elle ne parla pas de sa visite surprise à Ayelline, se contentant de discuter banalement avec son amie.

« Crois-tu qu’on puisse faire confiance à l’elfin, demanda brusquement Mélinda.
- C’est un gosse perdu… Il a pas l’air dangereux. Laissons-lui une chance, tu ne crois pas.
- J’ai un gros doute sur lui. »

Hùlikcz siffla par trois fois de façon grave. Sortant des fourrés, Zack apparut. Il était tout sourire, fière de voir l’œil au beurre noir de son ami.

« Cela fait parfaitement réaliste ton coquart.
- Ouais, ouais… Bon, j’ai rejoint les filles. La tahora est partie chasser. On m’a demandé de trouver un navire, regarde cette belle bourse. Tu as un tuyau ?
- Il y a un navire espion dans ce port pirate. Je vais aller voir le capitaine. Suis-moi. »

Le Prince descendit de sa selle et prit l’animal par la longe. Ils descendirent la colline menant au port. Un trois-mâts trônait magistralement dans la mer. Le fils de Morloc se dirigea vers ce navire et demanda à voir le capitaine Yukan. Le marin, obéissant, alla chercher la mzékils. L’agent de Morloc inclina légèrement la tête lorsqu’elle vit l’insigne impérial sur les vêtements du Prince. Elle invita les deux arcaëllien à se joindre à elle dans sa cabine. Montant à bord, laissant les chevaux à terre, ils suivirent la mzékils aux cheveux bleus et aux yeux noirs dans ses quartiers. Elle devait bien mesurer un mètre soixante-quinze. Un peu plus grande que l’elfin et le mzékils. Sa cabine était sobre, un bureau trônait au milieu de la pièce avec quatre fauteuils couverts de soie noire et rouge. Le Prince n’attendit pas qu’on l’invite à s’asseoir et prit place sur l’un des sièges.

« Que me vaut l’honneur de vous voir en ces terres mon bon Prince, Demanda Yukan. En quoi puis-je vous être utile ?
- Et bien, tu vas faire passer mon ami ici présent ainsi que l’Enac et une elfe. Tu les conduiras aux Cités Blanches et en apprendra le plus possible sur la tahora. Voici de quoi te satisfaire. Il lança la bourse de Mélinda plus deux rubis. Ça te va ?
- Bien évidemment Altesse. Vos désirs sont des ordres. Dit-elle en s’inclinant. Elfin, vous viendrez cette nuit, je vous ferais monter en toute discrétion. J’emmène aussi une dizaine d’espions qui doivent infiltrer les rangs des rebelles. Vas chercher les deux arcaëlliennes et soyez là quand la Lune sera à son zénith. »

Hùlikcz hocha la tête et le Prince et lui quittèrent le bateau aussi discrètement que des souris. Zack et l’elfin se séparèrent en haut de la colline et le jeune arcaëllien partit rejoindre la tahora et l’elfe. La bourse de Mélinda était aussi sèche qu’un étang dans le désert. Il salua les deux amies et les informa qu’un trois-mâts allait les prendre ce soir lorsque la lune de Daÿl serait à son zénith.

« Bien au moins tu es utile même si je n’ai plus un rond… »

Ronchonna Mélinda. Cela fit rire Ayelline et Hùlikcz se contenta de sourire bêtement. Il avoua ne pas être bon marchandeur. Soupirant, l’Enac distribua les poissons qui étaient cuits.

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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:18

Chapitre X

La lune était à son zénith lorsqu’ils arrivèrent au trois-mâts. Là, attendant avec patience, se trouvait une belle mzékils au regard sombre. Sa chevelure bleue avait des reflets clairs sous les rayons de la Dame de la nuit. Elle sourit en voyant le trio arrivé. Leur souhaitant la bienvenue, elle remarqua que la tahora avait un cache-œil et ne montrait qu’un œil vert profond. Elle les invita à la suivre dans leur cabine s’excusant de mélanger femelles et mâles. Elle ouvrit la porte et les invita à entrer. La pièce était grande et possédait trois lits une place, un miroir et un meuble servant à faire la toilette. La bassine blanche était extrêmement propre, brillante et grande. Les trois arcaëlliens remercièrent leur hôte et lui souhaitèrent la bonne nuit.

Le lendemain matin, le bateau s’ébranla prenant la mer en direction des Cités Blanches. Il s’avéra que Mélinda avait le mal de mer. Elle passa une bonne partie du voyage sur son lit la tête dans un sceau. Ayelline restait à son chevet, lui tapotant le dos et lui épongeant le front. Hùlikcz, lui, se promenait tous les jours sur le ponton faisant la causette aux marins.

Le voyage dura plus de cinq semaines. Pendant le trajet, ils essuyèrent des attaques de pirates et de pouzans. Les pouzans sont des arcaëlliens et arcaëlliennes à moitié poisson. Leur peau est d’un bleu sombre et leurs nageoires sont bleus marine. Armée de trident, ils peuvent faire de sérieux dégâts aux navires. Par change aucun monstre marin ne fit surface durant le voyage. Enfin, la vigile cria :

« Cités Blanches en vue ! »

La capitaine alla prévenir Ayelline, Mélinda et Hùlikcz. Elle leur demanda de prendre une barque discrètement pour quitter le navire. Des marins les aideraient à descendre la petite embarcation.

Une fois à l’eau, Hùlikcz et Ayelline ramèrent vers la plage la plus proche. Elle était déserte et faite de sable fin. Ils accostèrent sans mal, Mélinda fut soulagée de poser le pied à terre et de quitter les planches du rafiot. Elle remercia les Dieux de s’en être sortie vivante et promit d’être plus gentille avec eux. L’adolescente souriait pour une fois, bien trop heureuse de quitter la mer. Retirant son cache-œil, l’Enac admira le paysage avec des yeux d’enfants. Elle avait réussi à passer, elle était aux Cités Blanches ; le havre de la Résistance lui ouvrait les bras. Ici pas de soldats Impériaux, pas d’Empire Malsain et pas d’esclaves. Les arcaëlliens étaient tous égaux dans l’adversité. Ayelline et Hùlikcz regardait l’adolescente tomber dans le sable et se rouler dedans comme une enfant de cinq ans. Quand elle fut plus calme, ils se mirent en route pour Hytraz, la capitale des Cités Blanches. Il y avait quelques jours de marche et une forêt à traverser. La forêt de Gubaz qui couvrait une bonne partie du continent. Ayant remis son cache-œil, Mélinda semblait inquiète. Ayelline lui demanda :

« Qu’est-ce qui ne va pas, Mélinda ?
- J’ai un mauvais pressentiment…
- Du genre ?
- Je ne pourrais l’expliquer à dire vrai. »

La jeune tahora soupira et continua son chemin parmi les fougères. Elle avait de gros doutes sur l’elfin mais les gardait pour elle. D’abord, pourquoi les avait-il choisi elle ? Ensuite, pourquoi n’avait-il pas posé de question sur ses yeux alors qu’il les avait vus ? Et puis, son discours était incohérent, parfois il avait été attaqué par six mercenaires d’autres fois par trois virenpiens. Il mentait la question était de savoir pourquoi. Mais la vérité se sait toujours à un moment ou un autre.

« La nuit va tomber, dit Mélinda, On va se poser ici. »

****

Le Prince était arrivé à Hytraz, la cité était majestueuse et belle mais surtout personne ne semblait effrayé. Tous avaient l’air heureux et libres. C’était si différent de la capitale de Kaïl. Il se trouva une auberge où il prit bien soin de cacher ses armoiries Impériales. Ici, il devait être un simple voyageur. Et... Peut-être allait-il la retrouver. Il sourit à cette idée. Sa mère lui manquait affreusement et il voulait savoir la vérité. Son père était un menteur né, un manipulateur. Zack portait une grande cape noire et errait dans la ville en quête d’informations. Tout ce qu’il connaissait de sa mère c’était son nom : Abby Maäly. Mais, à sa grande déception, personne ne semblait connaître la tahora. Il rentra à l’auberge afin de dormir, il reprendrait ses recherches le lendemain.

****

Le jour pointait à l’horizon. Mélinda était déjà levée. Assise sur une souche, elle observait ses camarades dormir. Se levant, elle alluma un feu à l’aide de la magie et alla chercher de l’eau ainsi que de la nourriture. Le temps était frais ce matin-là, elle n’aurait pas refusée une boisson chaude. Arrivant non loin d’une source, elle remplit sa gourde et la rangea dans sa besace. Le temps était au soleil et il n’allait pas tarder à faire chaud. Elle se prit à fredonner une comptine que sa mère lui chantait. Comme elle lui manquait. Elle se demanda si Yazë serait fière de sa fille. Peut-être pas… Elle avait commis le pire en tuant et elle savait qu’elle tuerait encore. Soupirant, elle attrapa son arc et une flèche, elle venait de repérer un lapin. L’animal grignotait tranquillement des fleurs de trèfles. Mélinda visa et tira, transpercé de part en part, l’animal ne bougeait plus. Elle le ramassa, adressant une prière de remerciement au Dieu de la chasse, Othab. Revenant au campement, elle constata que ses compagnons étaient éveillés.

« Bien dormi ? Demanda-t-elle à Ayelline et Hùlikcz.
- Comme un nourrisson, Répondit l’elfe.
- Pas trop mal même si le sol était dur… »

Se lamenta l’elfin qui écarta ses ailes grises de petite taille. Mélinda leur montra sa proie et les invita à aller faire une toilette à la source. Pendant ce temps, elle dépeça et vida le lapin puis l’embrocha et le mit à cuir. Un bruit attira son oreille. Il venait d’un fourré à la gauche de la tahora. Attrapant son épée, elle se mit en position défensive.

« Qui va là ? »

Demanda-t-elle sans aucune once de peur dans la voix. Un rire lui répondit, un rire de vieillard. L’ancêtre, appuyé sur sa canne de bois toute tordue, s’approcha de Mélinda. Il la dévisagea avec une joie naissante dans les yeux.

« Hm hm… C’est bien, c’est bien. Tu es enfin arrivée. Dit-il avec joie. Je suis Jäaner, ancien conseiller de l’Impératrice Keira. J’ai à peine cinq-cents ans. Un vrai jeune arcaëllien, n’est-ce pas ? Il eut un sourire moqueur. Je t’imaginais plus grande et plus costaud. Mais on va faire avec, jeune tahora. Il regarda le campement. Tu n’es pas seule, Enac ?
- Enac… Enac… Je m’appelle Mélinda nom des Dieux ! Et puis, rien ne prouve que je le suis. La colère animée ses yeux. Jäaner… Mon père m’a parlé de vous. Vous êtes un lorcq qui servit humblement Keira, n’est-ce pas ? »

Le vieux lorcq rit de bon cœur au moment où Ayelline et Hùlikcz revenaient. L’elfe s’était nattée les cheveux ce qui dégagé bien son visage. Ils firent un arrêt sur image en voyant le vieillard. Le lorcq écarta les branches du fourré et dévoila une meute de bsurts. Des loups de la taille d’un cheval plutôt féroces. Les trois compagnons eurent un mouvement de recul en voyant les bêtes.

« Ils sont dressés. Prenez en chacun un. Vous serez plus vite à la capitale. Mais en échange, il vous faudra me rendre un service. Il fouilla une poche de son manteau en peau de bêtes. Ah, la coquine est là. Il sortit un parchemin roulé de sa poche. Cette missive est pour Abby Maäly. Pouvez-vous lui remettre ? »

Hùlikcz tendit la main pour prendre le parchemin mais Mélinda fut plus rapide. Elle hocha la tête, elle acceptait la mission du vieillard. Il leur confia trois somptueux bsurts à la fourrure noire. Sur leur dos se trouvait une selle et autour de leur cou une corde. Etendant ses ailes, l’Enac se posa sur le dos du plus grand des bsurts. Ayelline sauta avec grâce sur le dos d’un autre et Hùlikcz eut beaucoup de difficulté à monter en selle ce qui fit rire le lorcq chauve aux yeux bleus. Possédant une force anormale, le vieillard porta l’elfin sur le dos de sa monture. Une fois fait, ils partirent au galop vers la ville. Au bout de quelques heures, ils étaient devant Hytraz. Le mur d’enceinte devait mesurer dans les cinquante mètres de haut et était d’un blanc pur. Devant l’arche, debout, se tenait quatre arcaëlliens. Sautant au bas de leur selle, ils regardèrent les bsurts repartir vers la forêt. Ajustant son cache-œil, Mélinda s’avança vers la porte qui permettait d’entrer dans la ville. La détaillant, les gardes arquèrent un sourcil. L’un d’eux chuchota au passage de l’adolescente :

« Tu crois que c’est elle ? »

Ses camarades observèrent avec insistance la tahora qui se sentit mal à l’aise. Ici, elle était en terre promise, en terre protégée. Sans un mot, elle répondit aux interrogations du soldat en défaisant son cache-œil. Les quatre arcaëlliens restèrent bouche bée avant de tomber à genoux, exaltés.

« J’vous en prie, levez-vous !
- Vous êtes l’Elue, nous vous devons respect et obéissance.
- Qu’est-ce qui le prouve ? Mes…
- Vos yeux, jeune dame. Dit une voix féminine posée. Levez-vous, imbéciles finis ! Ordonna-elle d’un ton sec. Je suis Abby Maäly, je t’attends depuis bien longtemps. Suivez-moi jeunes gens. »

Elle lança un regard courroucé aux gardes qui étaient toujours la bouche grande ouverte.

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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:19

Chapitre XI

Avançant au travers de la ville somptueuse d’Hytraz, Mélinda et ses petits camarades suivaient Abby. L’arcaëllienne avait une magnifique crinière rousse lui descendant jusqu’aux reins et des yeux verts très expressifs. Ses ailes blanches laissaient présager qu’il s’agissait d’une tahora et sa façon d’avancer donnait à croire qu’elle était de sang noble. Ils arrivèrent devant une petite demeure plutôt coquette. Un arcaëllien à la peau sombre s’inclina au passage d’Abby. Elle fit entrer les trois compères chez elle. Une jeune tahora était debout, le regard sombre. Elle demanda à Abby, qui était sa mère, où elle était passée toute la matinée. La tahora soupira et caressa la chevelure ébène de son enfant en lui disant qu’elle était allée faire un tour et qu’elle avait croisé une personne des plus importantes. Elle montra alors Mélinda en présentant sa progéniture sous le nom de Keira.

« Salut, Fut la seule réponse de l’Enac.
- Je suis Ayelline, elle c’est Mélinda et le gringalet c’est Hùlikcz. »

Soupira l’elfe en voyant la mine renfrognée de la jeune tahora qui avait baissé la tête. Keira sembla être bien plus enthousiaste en voyant l’arcaëllienne. Elle souriait à pleine dent et proposa à sa mère de conduire leurs invités dans les étages pour leur montrer les chambres qu’ils allaient occuper. Abby hocha la tête, acceptant l’idée de sa fille. Pendant ce temps, elle organiserait les bains des trois voyageurs qui empestaient le vieux fennec.

Hùlikcz eut une petite chambre avec vue sur la cours intérieure quant aux filles, elles accédèrent à une chambre plutôt spacieuse avec vue sur la rue. Un grand lit à baldaquin trônait au centre de la pièce. Keira laissa les deux arcaëlliennes dans leur appartement et alla rejoindre sa mère. S’écroulant tout habillée dans le lit, l’Enac ferma les yeux et soupira doucement. Depuis combien de temps n’avait-elle eut de vrai lit ? Elle respira le doux parfum des draps, ils sentaient la lavande fraîchement coupée. Ayelline s’assit à côté de l’adolescente et lui demanda si tout allait bien. Soupirant à nouveau, Mélinda répondit :

« Ne trouves-tu pas que tout cela a été trop facile ?
- Non. Bien au contraire d’ailleurs.
- Je sais pas…. Comme disait Vince, mon frère, il y a baleine sous gravillon dans cette histoire. »

Ayelline regarda les yeux vairons de son amie et soupira à son tour. Elle savait que ça avait été bien trop simple et elle soupçonnait l’elfin de jouer un double jeu. Elle garda pour elle ses doutes et commença à masser le dos de sa protégée. Cette dernière grogna de plaisir au contact des mains de sa gardienne. On frappa alors à la porte et on entra. C’était un jeune page, il annonça que le bain était près. Il avait deux magnifiques mandibules, un aracnor à tous les coups. Les deux arcaëlliennes se levèrent du lit et suivirent le page jusqu’au bain. Ayelline n’était pas pudique contrairement à Mélinda qui se sentit gênée d’ôter ses vêtements devant une autre personne.

Nues, elles trempée dans la baignoire carrée qui avait une taille respectable. Elle pouvait facilement contenir six personnes de leur gabarit. Se prélassant, l’Enac oublia sa gêne du début et se rapprocha de l’elfe. La tahora regarda un bref instant la poitrine de taille correcte de sa camarade. Elle regarda ensuite la sienne et pesta. Ses seins ressemblaient à des piqûres de moustique. Bien que ce soit pratique pour tirer à l’arc, elle devait l’admettre. Elle soupira une énième fois et ferma les yeux se laissant couler sous l’eau. Une fois immergée, elle ouvrit les paupières. Ainsi cachée, elle pouvait admirer le corps de son amie qui était plutôt séduisante. Pourquoi avait-elle ces papillons dans le ventre ? Ne pouvant plus retenir sa respiration, elle remonta à la surface et se retrouva tête à tête avec sa camarade. Les yeux d’Ayelline fixaient la bouche de Mélinda. Elle était rouge comme une pivoine prête à éclore.

« Mélinda ?
-Hm ? »

Elles se fixèrent un instant puis la guerrière détourna la tête aussi rouge que sa camarade. Elle recula et alla se mettre à l’opposé de sa compagne. Elle baissa la tête ne connaissant rien des sentiments amoureux qui la parcourait sur le moment.

Une fois propres, fraîches et disponibles elles quittèrent la salle d’eau. On leur avait déposé des vêtements. Deux robes, l’une pourpre et l’autre verte. Mélinda, étant plus petite qu’Ayelline, prit la pourpre qui était parfaitement à sa taille. Mais, malgré les mètres de tissus, elle se sentait encore nue. De plus, les petites chaussures de jeune arcaëllienne lui faisait mal aux pieds. Elle pesta plus d’une fois contre cet accoutrement qui n’était pas dans son habitude. Quand Abby les vit, elle s’exclama pleine d’entrain :

« Voici deux belles jeunes personnes ! »

L’Enac, contenant sa colère, eut un sourire crispé. Elle n’aimait pas cette tenue frivole. Mais, la tahora les informa que leurs vêtements étaient prêts à être lavé par la lessiveuse en service ce jour-là. Par politesse, avec une mine renfrognée, la jeune arcaëllienne remercia son hôte. Cette dernière l’informa qu’elle avait envoyé une missive au quartier général de la Résistance sur son arrivée.

« Ils te cherchent depuis belle lurette… Je suis sûre que Kaï’Jad Wasen te recevra rapidement. »

La nuit était en train de tomber et, l’estomac bien remplit, Mélinda était allongée en sous-vêtements sur le lit, les bras croisés derrière la tête. Ayelline dormait déjà à point fermé. Mélinda, pensive, ne parvenait pas à fermer l’œil. Elle songeait à Hùlikcz qui avait demandé à sortir ce soir-là.

L’elfin avançait vers le port où il devait rejoindre le Prince Zack. Le mzékils était accoudé à une rambarde, observant la mer. Il entendit arriver son ami et sourit avant de se retourner lentement. Ils se serrèrent la main en se saluant chaleureusement. Pendant le voyage en mer, Hùlikcz avait pu en apprendre plus sur les deux arcaëlliennes qui étaient les ennemis du trône. Il déclara à Zack que le point faible de Mélinda était son comportement solitaire. Elle refusait de faire confiance à qui que ce soit. Cela permettrait de la manipuler facilement.

« Bien ! S’exclama le Prince avec force, Continue de les surveiller. Je t’enverrais des missives en cas de besoin. »

Ils se séparèrent et le Prince remit son capuchon puis se dirigea vers l’auberge où il allait dormir. Alors qu’il avançait, il entendit des bruits de pas dans son dos. Il se stoppa et les sons s’arrêtèrent aussi. Zack déclara alors d’une voix ferme :

« Qui que vous soyez, je n’ai ni or ni bijoux. »

Deux voix s’élevèrent dans l’ombre, deux personnes riaient grossièrement. Avant que le Prince n’ait le temps de réagir, il se retrouva avec une dague plantée dans le côté gauche. Il ne cria pas, il grogna juste et se retourna. Il se retrouva face à deux tahoras qui le regardaient avec mépris.

« A cause de ceux de ta race, ma sœur est morte ! »

Déclara le brun aux yeux roses. Il arracha sa dague de la chair du mzékils et ils s’enfuirent dans la nuit. Le Prince marcha sur quelques mètres avant de s’écrouler. Il perdait beaucoup de sang. Il se demanda s’il allait finir ainsi, dans une ruelle mal éclairé et seul. Lui qui avait tant espéré retrouver sa mère, il ne la connaîtrait jamais. Des pas se précipitèrent vers lui alors qu’il sombrait dans l’inconscience.

Les six soldats s’approchèrent de l’arcaëllien blessé. Ils le mirent sur le dos et virent l’insigne Impérial. Un dragon dans un anneau de feu.

« C’est sûrement le Prince.
- Conduisons-le à Abby alors. »

Les six personnes soulevèrent le corps inconscient du Prince Impérial et ils le portèrent chez la gente dame Maäly. Une servante leur ouvrit la porte leur disant de ne pas faire de bruits. La maisonnée dormait mais comme beaucoup de nuit l’ex-épouse du Dieu-Empereur était éveillée. On alla la chercher. Elle étouffa un cri de joie en voyant son fils. Il l’avait retrouvé. Abby demanda aux soldats de conduire le jeune arcaëllien dans la chambre du bas et de faire quérir un soigneur discret. Un jeune xen aux ailes mauves se présenta quelques minutes plus tard avec l’un des gardes.

« Je me nomme Hikare, je suis maître en soin. J’utilise aän. Laissez-moi un instant et ce mzékils ira mieux. »

Abby quitta la pièce, les larmes aux yeux. Son petit était là. Son fils. Celui qu’elle avait mis au monde était chez elle. Au bout de deux heures, le soigneur sortit de la pièce et annonça que le Prince était tiré d’affaire mais qu’il devrait rester alité au moins une semaine. Abby le paya et le laissa partir. Les soldats avaient quitté les lieux depuis un moment en promettant de garder le secret. S’asseyant près du lit du blessé, elle caressa son visage si familier. Elle implora Thaä de sauver l’âme de son fils. Elle espéra qu’il n’ait pas l’esprit aussi noir que son père.

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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:19

Chapitre XII

Le jour commençait à poindre et Mélinda avait les yeux ouverts depuis un bon moment. Etendue sur le dos, elle regardait vers la fenêtre, soupirant de temps à autre. La jeune tahora n’avait pas mal dormi pour autant, elle avait même savouré le fait d’être dans un lit confortable. Elle tourna la tête vers l’elfe qui ronflait encore, un sourire se dessina sur son visage pâle aux traits fins. Cette arcaëllienne était si belle et si sûre d’elle mais après tout elle était âgée de plus de deux-cent ans. La vie avait dû lui enseigner nombre de choses que Mélinda ignorait encore. S’asseyant au bord du lit, elle se passa une main sur le visage en baillant. L’Enac se leva en silence et alla dans la salle d’eau afin de se passer un coup sur la tête afin de mieux se réveiller. L’eau de la veille stagnait dans la bassine, la froideur de celle-ci fit frissonner l’adolescente. Une fois plus ou moins propre, elle retourna dans la chambre où Ayelline était endormie. Il devait être entre cinq et six heure du matin tout au plus. S’approchant de la fenêtre, Mélinda colla son front au verre où un nuage de buée se dessina au niveau de sa bouche et de son nez. Elle avait tellement pris l’habitude de errer sur les routes qu’être dans une maison lui semblait étouffant. Elle regarda les gens passer sous la fenêtre, allant au travail ou au marché. Comme elle les envié d’être libre de leurs pas, comme elle désirait ne pas être l’Elue. Mais… Elle l’était et son destin avait été scellé par les Dieux eux-mêmes.

« Mélinda ? »

La jeune arcaëllienne se retourna et vit l’elfe assise dans le lit, les bras autour des jambes. La gardienne souriait doucement à sa protégée qui était vêtue de pied en cape. Mélinda se retira de la fenêtre et alla se poser sur le matelas près d’Ayelline qui baillait à s’en décrocher la mâchoire.

« Bonjour, Ayelline. T’as bien dormi ?
- Oh que oui. Cela faisait des décennies que je n’avais dormi dans un vrai lit. Elle eut un petit rire amusé et ajouta : Et toi ? Tu as bien roupillais ?
- Comme un loir. »

Mélinda approcha furtivement une main du visage de l’elfe et replaça une mèche blonde derrière son oreille gauche. L’elfe soupira de contentement et quitta le lit afin de s’habiller. Il ne faisait franchement pas chaud dans la pièce. Le feu avait dû s’éteindre dans la nuit ne laissant que des braises. Les deux arcaëlliennes, une fois prête, quittèrent la chambre pour aller à la salle à manger. Elles y retrouvèrent Keira prenant son petit-déjeuner dans un silence absolu. Quand la tahora vit les deux arrivantes, elle se leva et les salua chaleureusement leur demandant si elles avaient bien dormi. Ayelline et Mélinda répondirent affirmativement à la question de l’adolescente qui les invita à prendre place à table. Au menu il y avait des gâteaux au miel et du thé bien chaud. Mélinda n’avait jamais bu de thé jusqu’à maintenant et elle fut surprise par le goût du breuvage un peu amer.

Pendant ce temps, le Prince n’avait toujours pas repris conscience et Abby n’avait pas dormi de la nuit, veillant son fils avec bienveillance. A plusieurs reprise, Zack avait appelé sa mère dans son sommeil agité ce qui, elle devait l’admettre, enchanta l’ancienne épouse de Morloc. Elle avait vu le soleil se lever et avait envoyé une servante prévenir Hùlikcz. Abby n’était pas stupide et avait fait suivre le garçon quand il était sorti la veille au soir. Elle savait donc que son fils et l’elfin étaient de mèche. Mais, elle ignorait pourquoi l’arcaëllien aux ailes grises travaillant pour le Prince était avec l’Elue des Dieux. On frappa à la porte, Abby sursauta légèrement. Une fois remise de sa peur, elle invita à entrer la personne derrière le battant. C’était l’elfin un peu honteux d’avoir été pris la main dans le sac.

« Vous désiriez me voir, Dame Abby ?
- Quel est ton rôle auprès de mon fils ?
- Votre fils ? Je ne comprends pas, Madame.
- Zack Mzékils’Han, Prince héritier d’Arcaëlle.
- Il est votre… fils ?
- Je suis Abby Maäly, ancienne épouse du Dieu-Empereur Morloc. J’ai fui l’Empire alors que j’attendais Keira car Morloc voulait ma mort. Comprends-tu ?
- Je… je crois, oui. Le Prince m’a sauvé d’une mort certaine, en contrepartie je dois le servir. »

Abby hocha la tête et envoya l’arcaëllien prendre son repas matinal. Elle soupira, pensive. Calant sa tête contre sa main droite, elle observa la poitrine de Zack se soulever à rythme de sa respiration.

Hùlikcz arriva à la salle à manger où étaient attablées les trois arcaëlliennes. Il les salua, un peu chafouin. Les discutions allaient bon train. Mais, un peu perdu et perturbé, l’elfin n’y prit pas part. Une fois le petit-déjeuner fini, tout le monde quitta la pièce. Abby surprit alors Mélinda en l’attrapant par l’épaule. La jeune tahora s’arrêta et se tourna vers son aînée.

« Je dois t’emmener au quartier général. Kaï’Jad veut te voir, suis-moi. »

Mélinda, obéissante, mit sa cape et suivit Abby au travers de la cité. Aucune des deux arcaëlliennes ne parla durant le trajet. Elles entrèrent dans un grand bâtiment en marbre blanc où nombre de personnes s’activaient à leurs tâches. Elles empruntèrent un escalier menant vers le premier étage, une fois sur le palier Abby tourna à droite puis à gauche et elles débouchèrent devant une porte en bois blanc. L’ancienne épouse de Morloc frappa trois coups secs et attendit qu’on l’invite à entrer.

« Oui ? »

Cria une voix féminine derrière le battant. Abby tourna la poignée et elles entrèrent dans le bureau où trônait un grand bureau ovale. Une arcaëllienne était derrière le beau meuble en bois gris, assise sur un fauteuil de velours rouge. D’un signe de la main elle invita les deux tahoras à s’asseoir devant elle. Mélinda ôta son capuchon qui, jusqu’à maintenant, voilait ses yeux. La bouche de Kaï’Jad s’ouvrit en un « O » de surprise puis un sourire se dessina sur ses lèvres pulpeuses. Sa longue chevelure noire lui arrivant jusqu’à la taille bougea lorsqu’elle fit un mouvement de la tête.

« Tu es elle, n’est-ce pas ? L’Enac ?
- Je suis Mélinda…
- Certes, tu as un prénom. Tout comme moi. Mon patronyme est Kaï’Jad Wasen. Chef de la Résistance. Enfin l’une des chefs, nous sommes cinq en tout. »

Mélinda ne répondit pas, l’aracnor l’avait mise en colère. Pourquoi fallait-il qu’on la voit par ce qu’elle était et non par qui elle était ? Soupirant, elle écouta la chef parler à Abby de diverses affaires.

« Une rumeur coure, Abby. Tu hébergerais un haut dignitaire de l’Empire. Est-ce vrai ?
- Pas n’importe qui. Avoua à contrecœur la tahora, Mon fils.
- LE PRINCE ?
- Oui. Il est en mauvaise santé actuellement.
- Il est notre ennemi ! Aboya Kaï’Jad.
- Il est, avant tout, mon fils ! »

Kaï’Jad se leva prestement, frappant de ses mains le plateau du bureau. Elle lâcha une série de jurons bien gras et se tourna vers la fenêtre. Croisant les bras dans son dos, elle déclara :

« S’il tente ne serait-ce qu’une attaque à notre encontre je le tue puis je te tue ! »

Elle se tourna ensuite vers Mélinda l’informant que des précepteurs viendraient parfaire sa formation, ensuite elle les invita à quitter le bureau.

De nouveau dehors, Mélinda savoura l’air frais. Elle avait trouvé cette arcaëllienne particulièrement odieuse et amer. Abby, les poings serrés, avançait rapidement. Un peu essoufflée, l’Enac demanda à la tahora de ralentir le rythme.

« Excuse-moi, Mélinda, Kaï’Jad m’a mise de mauvaise humeur.
- Pourquoi ne pas nous avoir dit que le Prince était en votre demeure ?
- Je ne sais pas. Il est ton ennemi naturel, non ?
- Je ne sais pas… Je ne suis même pas sûre de vouloir combattre Morloc… »

Abby soupira doucement et s’arrêta. Elle déposa une main douce sur l’épaule de Mélinda et l’obligea à relever la tête vers elle de son autre main.

« On ne peut aller contre son destin, jeune fille. »

Mélinda soupira en grognant de mécontentement. Le destin ? Elle ne l’avait pas choisi, elle n’avait rien demandé. Pourquoi l’avoir choisi ? Valait-elle mieux qu’une autre ? Elles se remirent en marche vers la demeure d’Abby, les cours de l’Enac commenceraient dès le lendemain.

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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:20

Chapitre XIII

Mélinda était assise sur un banc à attendre son nouveau maître d’armes. Kaï’Jad lui était antipathique au plus haut point mais elle devrait faire avec. L’arcaëllienne arriva, elle jeta sa cape sur le banc et ordonna à la tahora de se lever. L’adolescente obtempéra tout en saluant son mentor. L’aracnor envoya une épée en bois à la jeune demoiselle qui la réceptionna rapidement. Kaï’Jad Wasen lui demanda de se mettre en position défensive. Puis, une fois qu’elle se fut exécutée, l’aracnor tourna autour de la jeune arcaëllienne. Mélinda était stoïque. Combattre était sa raison de vivre. Une fois que la chef de la Résistance eut fini sont inspection, elle ordonna à Mélinda :

« Tu vas m’attaquer avec toute ta puissance mais, pas de magie ! »

Mélinda écarquilla les yeux, se mit en position d’attaque et se jeta sur l’aracnor. Cette dernière esquiva en faisant un pas sur la droite avec une certaine souplesse. L’Enac atterrit la tête la première dans le parterre de fleurs. Pestant et grognant, elle se releva et se mit à nouveau en position d’attaque. L’entraînement dura toute la matinée et, malgré ses bonnes bases, la jeune tahora embrassa souvent le sol. Kaï’Jad semblait déçue mais elle ne parla pas. Pas à Mélinda du moins. Elle rentra dans la demeure d’Abby et alla voir la maîtresse des lieux. Cette dernière était au chevet de son fils toujours endormi. Abby priait les Dieux pour que Zack se réveille rapidement. Trois coups secs furent frappés à la porte.

« Entrez !
- Abby. Dis l’aracnor en entrant. Cette petite a du potentielle mais elle semble trop incertaine de sa destinée. Il faudra lui montrer la voie. »

Le Prince s’agita et grogna dans son sommeil. Celle qui faisait partie des chefs de la Résistance soupira et s’en alla. La tahora passa une éponge humide sur le front de son fils. Keira passait par là et la porte était entre-ouverte. Elle la tira un peu et regarda sa mère s’occuper de ce chien de mzékils. Abby semblait douce et heureuse en présence de ce Prince de pacotille. Cela était intolérable pour la jeune tahora. Elle tira un coup sec sur la porte et lança à sa mère :

« Que me caches-tu ?
- K… Keira ? Je… C’est… Par les Dieux, c’est difficile. Zack, le Prince Impérial est… Et toi… Vous êtes du même sang.
- Tu mens… Tu… ça signifie… Je suis la fille de ce monstre ? Tu mens !
- Keira… Ecoutes….
- NON ! Tu m’as trahi ! »

Elle partit en courant vers la rue. Abby soupira, elle savait que sa fille reviendrait. La question était : Quand ? C’est alors que Zack ouvrit les yeux. Il tourna d’abord la tête vers la fenêtre où le soleil brillait de mille feux puis vers celle qui l’avait soigné. Il essaya de se relever mais poussa un gémissement de douleur.

« Reste allongé fils.
- Fils ?
- Je… Ne le prends pas mal… Je suis ta mère.
- Tu es une traitresse et non ma mère !
-J’ignore ce que ton père t’as raconté mais…
-… Tout ce que tu diras sera mensonge ! »

Baissant la tête, Abby se leva retenant ses larmes. La rouquine quitta la pièce et ferma à double tours la porte. Ses enfants la rejetais tous les deux dans la même journée. C’était insupportable. Elle maudit Morloc intérieurement. Cet arcaëllien n’avait fait que détruire sa vie. Elle s’en alla dans sa chambre afin de prendre un peu de repos et de pleurer sans être vu.

Ayelline était assise dans la cuisine, jouant sans s’en rendre compte avec une miette de pain. La route lui manquait, elle n’était pas faite pour rester assise à ne rien faire. Hùlikcz entra alors. IL s’assit face à elle et tapota du bout des doigts s le bois de la table. Tous deux avaient le sentiment d’être prisonnier d’Abby. Ils n’avaient pas le droit de sortir sans escorte. Mélinda pénétra alors dans la cuisine. Elle semblait bien fatiguée. Ereintée, elle se jeta sur une chaise à côté d’Ayelline. Le silence plana tel l’ombre de la mort.

Les heures s’égrenaient paisiblement. Mélinda était allongée sur le lit contemplant le plafond. Le feu ronronnait dans l’âtre laissant s’échapper une douce chaleur. On frappa alors à la porte de la chambre et l’Enac invita l’inconnu à entrer. C’était un soldat de la Résistance. Il avait les cheveux courts et blonds, des yeux en amandes d’un noir profond et deux petites ailes grises. Il s’inclina légèrement lorsque Mélinda tourna la tête vers lui.

« Il y a quelques soucis, on vous demande au quartier général. »

Mélinda se leva en baillant et se dirigea vers la porte. En bas, elle retrouva Ayelline et Abby. Ils se mirent en route vers le grand lieu de la Résistance. Une fois arrivés, le soldat les quitta et elles prirent la direction du bureau des crises. Abby frappa et entra.

« Ah ! Vous voilà ! Nous avons un sérieux problème.
- Lequel est-ce ? Questionna Mélinda.
- L’Empire nous attaque. Six navires ont pris les mers et se dirigent droit sur nous. A leur bord des soldats. Il va falloir te cacher Mélinda.
- Me… Cacher ? Et puis quoi encore ? Je me battrais ! Pas de mais ! Je sais combattre ! Et si je meurs vous trouverez bien un autre fanion à agiter.
- Je… Commença une elfe aux cheveux bleus et aux yeux gris.
- Je rien du tout ! Suis-je l’Elue ? Peut-être ! Dans ce cas il est de mon devoir de combattre l’ennemi ! Fin de la discussion ! »

Ils semblèrent tous surpris mais finir par accepter que l’Enac combatte. Cependant, ils émirent une condition : qu’elle reste en arrière. Sa vie était trop importante pour qu’elle périsse inutilement. Mélinda finit par accepter leur prérogative même si elle trouvait cela stupide et injuste. Après tout, elle était née pour combattre et tuer. Son destin n’était-il pas d’éradiquer Morloc et les siens ? Elle n’arrêta pas de soupirer sur le chemin du retour. Personne ne parla, bien trop angoissés à l’idée de la guerre qui approchait. Ils seraient d’ailleurs en sous-effectifs par rapport à l’Empire Divin. Mais cela ne semblait effrayer personne. Une fois au manoir d’Abby, l’Enac se rendit dans sa chambre suivit de prêt par Ayelline. L’elfe, quelque peu inquiète, posa une main sur l’épaule de Mélinda. La jeune arcaëllienne eut un frisson étrange à ce contact. Elle se retourna brusquement et sa bouche se colla à celle de l’elfe dans un baiser tendre et désireux. Ayelline écarquilla les yeux et finit par les fermer en enlaçant la jeune tahora qu’elle aimait depuis des mois sans savoir si c’était réciproque. Doucement, elles glissèrent vers le lit et commencèrent à se caresser avec une certaine tendresse et beaucoup d’impatience. Elles ôtèrent leurs vêtements et leur corps s’unir dans une danse sensuelle et aimante.

Mélinda était blottit contre Ayelline, les yeux grand ouvert. Elle ignorait pourquoi elle avait couchait avec sa gardienne mais ça avait été plaisant et cela l’avait détendu. Cependant, elle n’avait pas le sentiment d’éprouver plus que de l’amitié pour la blonde. D’ailleurs cette dernière dormait du sommeil du juste. Mélinda défie les bras qui l’enlaçaient pour aller à la fenêtre enveloppée dans un drap. La nuit était là depuis bien longtemps, la lune était haute dans le ciel. Daÿl veillait. Soupirant, l’adolescente s’appuya contre le mur, la tête contre la vitre froide où sa bouche et son nez dessinaient de la buée. Elle resta ainsi un long moment avant de retourner dans le lit.

Les oiseaux chantaient gaiment sous la fenêtre. Etendue dans le lit, Mélinda ouvrit les yeux et contempla un bref instant le plafond. Puis elle se tourna vers Ayelline qui la regardait depuis un instant.

« As-tu bien dormi ? Demanda timidement l’elfe.
- Non, j’ai rêvé que je périssais… Et toi ?
- Oui… »

L’Enac sourit à sa gardienne et se leva dévoilant son corps nu. Elle s’empressa d’enfiler ses habits puis quitta la pièce sans un mot de plus. Elle passa devant la chambre de Zack où elle entendit la voix d’Abby. Elle ignorait que le Prince était là. Elle poussa la porte, mue par la curiosité.

« Zack, il faut que tu manges…
- Qui me dit que ce n’est pas du poison ?
- Ne crois-tu pas, fils, que si j’avais voulu te tuer je l’aurais déjà fait ? »

Le Prince soupira et pris le bol de porridge. Mélinda, quant à elle, était sans voix. Le… Prince ? Son ennemi de sang ! Elle serra les doigts sur le pommeau de son épée et poussa avec violence la porte.

« Mé… Mélinda ! Sors d’ici !
- Il est mon ennemi !
- IL EST MON FILS !
- Il est le…. IL EST LE FILS DE MORLOC !
- VA-T-EN ! »

Mélinda dégaina son épée et se rua vers le Prince bien faible. Ce dernier se contenta d’écarquiller les yeux et de dire :

« Enac… »

Abby se leva et attrapa le poignet de Mélinda afin de lui faire lâcher son épée. Ce qui fut une réussite. L’adolescente cria et pesta mais la tahora ne lâcha pas.

« SORS ! »

La jeune arcaëllienne obéit en tuant du regard l’ancienne épouse de Morloc.

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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:20

Chapitre XIV

Assise dehors, sous la neige, Mélinda fulminée. Son ennemi de sang était là et elle ne pouvait même pas le tuer car il était protégé par sa mère qui soit dit en passant ne s’était jamais occupé de lui. Folle de rage, elle se leva et donna un coup de pied dans un bac de fleurs. Tout cela n’avait de sens, tout cela était absurde. Elle hurla de sa colère aux cieux. C’est alors qu’une petite lumière apparue derrière un pan de mur. Curieuse, l’Enac alla voir ce qu’il se passait. Elle stoppa net son avancée en voyant un spectre et par n’importe lequel : Keira La Douce. Avalant sa salive de travers, l’adolescente toussa en se tenant la gorge. Le fantôme sourit timidement en voyant sa descendante s’étouffer de la sorte. Une fois son souffle retrouvé, la tahora demanda à l’apparition ce qu’elle faisait là. Un soupir passa les lèvres fantomatiques de Keira.

« Tu ne dois pas tuer Zack.
- POURQUOI ? S’indigna brusquement Mélinda.
- Il… IL est de ton sang.
- Hein ? De mon sang ? Qu’est-ce que…
- Deux branches sont nées de mon sein. La branche Kale et la Paï. Abby est une descendante de Kale et toi de Paï. Comprends-tu ce que cela implique ?
- Non…
- Unis toi à Zack pour ne faire plus qu’un.
- M’u… M’unir à lui ? Comment ?
- Vous êtes l’espoir d’Arcaëlle. L’apparition s’effaça, laissant Mélinda seule. Un mot retentit cependant : L’union. »

Abasourdie, la tahora rentra. Elle traîna les pieds jusqu’à sa chambre et s’étala sur le lit. Se mettant sur le dos, elle fixa le néant. Devait-elle se marier à Zack ? Plutôt mourir, songea l’arcaëllienne. Elle lâcha un gros soupir de lassitude. Comment devait-elle procéder. Elle se redressa et s’assit au bord du lit repoussant quelques mèches noires de ses yeux vairons. La tête base, fixant ses pieds, elle se mit à ronchonner. Comment Keira La Douce pouvait-elle lui dire de s’unir à ce félon ? A quoi pensait l’Impératrice morte. On frappa à la porte de la chambre. Mélinda garda le silence, on cogna à nouveau avec plus d’insistance et une voix dit :

« C’est moi, Ayelline.
- Entres… »

L’elfe pénétra dans la pièce bien chauffée. D’un pas léger, presque imperceptible, elle s’approcha de l’Elue des Dieux. D’une voix douce elle demanda à son amie ce qu’elle avait. Agacée, Mélinda répondit que tout allait bien. Ayelline soupira doucement. Elle n’allait pas insister. S’asseyant près de Mélinda, elle lui caressa doucement la tête. L’adolescente posa sa joue contre l’épaule de l’elfe. Elles restèrent ainsi de nombreuses minutes sans rien dire puis l’Enac lâcha :

« J’y comprends plus rien à cette prophétie… »

Elle ferma les yeux et respira doucement. Ayelline glissa une mèche derrière l’oreille droite de l’adolescente en lui demandant à nouveau ce qui se passait. Alors, au bord des larmes, l’arcaëllienne expliqua la visite qu’elle avait eue. Ecarquillant les yeux, l’elfe sursauta de surprise. Et elle ? Si Mélinda devait épouser Zack, qu’adviendrait-il d’Ayelline ? Il faut avouer que l’elfe était éperdument amoureuse de sa protégée. Cela n’arrangeait en rien ses affaires, bien loin de là. En aimant la tahora, elle les mettait en danger toutes les deux. L’elfe passait son temps à avoir peur pour Mélinda. Peur qu’elle meurt surtout. Et avec la flotte Impériale qui approchait, cela n’arrangeait en rien les choses.

« Il faut que tu parles à Abby…
- Pour lui dire quoi ? Que j’épargne son fils car un fantôme me l’a demandé ? »

Répondit ironiquement Mélinda. Ayelline soupira doucement une fois encore. Bornée comme elle était, l’adolescente préférerait se planter une épée dans le cœur plutôt que d’épouser son ennemi. Tout cela n’avait de sens… Ayelline se leva entrainant Mélinda à sa suite. Elles quittèrent la chambre et allèrent vers celle de Zack où Abby veillait avec calme et sérénité. L’elfe frappa discrètement à la porte.

« Oui ? »

Elle entra, Mélinda à sa suite. La pièce était petite mais bien éclairée. L’Enac n’osait pas regarder le Prince qui était assis sur le bord du lit, torse nu.

« Pardon pour tout à l’heure, Finit-elle par lâcher en tournant la tête.
- Je comprends ta haine, Mélinda. Mais tuer Zack ne fera pas avancer tes affaires. Tu dois apprendre à te contenir et grandir un peu. Je sais que c’est beaucoup te demander mais apprends à pardonner.
- Je vais essayer. »

La jeune tahora soupira longuement et plongea son regard dans celui du Prince encore bien faible. Etrangement, son cœur se mit à battre plus vite, ses mains devinrent moites et ses pupilles se dilatèrent. Qu’était-ce que cette sensation ? De son côté Zack souriait bêtement.

« Tu es encore plus belle que dans mon imaginaire, Enac.
- Je m’appelle Mélinda, Ronchonna la jeune arcaëllienne.
- C’est très beau. »

Le silence s’installa après ces mots. N’en pouvant plus, l’Enac quitta la pièce en claquant la porte, elle avait besoin de se défouler. Le mannequin dans l’écurie était une cible parfaite. Elle prit son épée au passage et alla vers son défouloir.

La nuit était tombée depuis longtemps. Kaï’Jad était venue informer la maisonnée de l’approche des troupes de l’Empire. Elle resta même manger. Mélinda n’adressa la parole à personne durant tout le dîner.

Les jours s’enchainaient et se ressemblaient. Enfin les troupes ennemies accostèrent sur le rivage Nord. La ville était en ébullition, les arcaëlliens sachant se battre se préparaient à l’inévitable bataille. Un messager porta une missive aux gardes de la ville qui la remirent à Kaï’Jad. Les chefs de la Résistance, Abby, Mélinda et Ayelline était autour d’une table ronde lorsque Kaï’Jad lu la missive.

« Remettez-nous l’Enac et aucun mal ne sera fait à qui que ce soit. »

Ils débattirent longuement sur le sort de Mélinda, tous tombèrent d’accord sur le fait qu’il fallait préserver la jeune arcaëllienne. Mais cette dernière, peu encline à n’être qu’un fanion que l’on brandit, déclara :

« J’irais me battre, je suis née pour ça. Vous n’avez pas votre mot à dire. Il va y avoir une bataille et ceux qui seront derrière moi seront protégés par les Dieux. Les autres, Gar’Haz les accueillera en son Royaume de tourments. Qui me suit ? »

Il y eut des murmures désapprobateurs, après tout, elle n’était qu’une gamine. L’un des chefs, Hikare une tahora aux cheveux aussi noirs que la nuit et aux yeux bleu glaces, se leva pour faire entendre sa voix. Il se racla la gorge, le poing devant la bouche. Quand le silence retomba, il énonça :

« L’Enac est une guerrière, pourquoi se priver d’un bras armé alors que nous manquons cruellement d’arcaëlliens pour combattre Morloc et ses troupes ? Laissons la faire. »

Il repoussa sa cape verte et s’assit en croisant les mains sous son menton. Satisfaite, l’Enac lui fit un petit signe de tête pour le remercier. Il hocha le chef et lui sourit.

« Bien, Fit Kaï’Jad, Nous partirons combattre demain à l’aube. Essayez de vous reposer et de vous préparer mentalement. »

Le conseil se termina sur ces mots et tous quittèrent la pièce. Sur le chemin menant à la demeure d’Abby, tout le monde était silencieux. Demain serait un jour macabre, c’était sûr. Mais toute victoire passe par le combat. Mélinda le savait. Cette nuit-là, elle ne dormie pas, restant étendue dans le lit à songer au pire.

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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:21

Chapitre XV

Le jour se levait doucement baignant la ville de sa douce lumière voilée par le froid ambiant. Mélinda n’avait que somnolait cette nuit-là. Elle était bien trop angoissée par la bataille à venir. Elle sortit du lit et s’habilla de la tenue de son ancêtre. Une fois vêtue, elle quitta la chambre et sortie de la demeure d’Abby. Elle se retrouva dans la rue, chose qu’elle n’avait pas le droit de faire seule. L’adolescente trouvait qu’on la surprotégeait. Elle soupira et de la fumée blanche sortie d’entre ses lèvres. Elle n’était pas une héroïne de conte, elle le savait et pourtant elle était protégée comme une princesse d’histoire fantastique. Le ciel était cotonneux, comme s’il allait neiger. Baissant la tête, elle poussa la porte et rentra. Abby la regarda avec inquiétude et lui demanda d’où elle revenait.

« J’étais juste devant, Abby… »

La tahora hocha la tête et soupira à son tour. Elle ne voyait pas que l’Enac en Mélinda mais une jeune arcaëllienne fragile. Secouant la tête, elle proposa à la jeune tahora de prendre un petit-déjeuner avant de se mettre en route puis elle alla réveiller Ayelline et Hùlikcz ainsi que Keira qui avait émis le souhait de combattre aussi.

L’heure du glas sonna. En rangs serrés, les troupes avançaient vers la plage. L’armée de Morloc devait être prête à les accueillir. Le cœur palpitant, les mains moites, Mélinda fermait la marche qui semblait funèbres. Beaucoup de ces ‘’guerriers’’ étaient de simple citoyens sachant à peine manier une épée. Il allait inéluctablement vers Gar’Haz, Dieu des Enfers. Que Jurk, son épouse, aie pitié d’eux. Les pas se répercutaient contre les murs de la Cité.

Après avoir quitté la ville, ils avaient pris la direction de la berge sableuse. Un peu plus en hauteur que les troupes de Morloc, ils constatèrent qu’ils étaient légèrement en sous-effectif. Le cœur de Mélinda s’emballa, c’était sa première vraie bataille. Les chefs sonnèrent l’assaut. Les cavaliers partirent en premier suivit des troupes à pied. Les archers firent pleuvoir une nuée de flèche sur les soldats Impériaux. Quelques corps tombèrent. Mais pas assez. Sur sa jument noire, Mélinda partit au galop contre l’avis de ses ainés. Ayelline, sur un bsurt roux, ces loups de la taille d’un cheval, suivit sa protégée. Attrapant son épée sur son flanc droit, la tahora poussa un cri féroce à faire froid dans le dos. Un général des troupes Impériales recula de trois pas devant la furie. Puis, il remarqua ses yeux.

« Un bleu et un vert ? L’Enac ? Les idiots ! »

Il dégaina son épée pendant que Mélinda tranchait et coupait du soldat Impérial. Le sable blanc devint rouge vif. La poussière s’élevait haut dans le ciel. Le bruit du fer tapant le fer faisait frissonner les plus couards des guerriers. Le général qui avait repéré la tahora, un mzékils aux cheveux blond et aux yeux gris dont la peau pâle laissait entrevoir qu’il venait de contrées froides, se dirigea au galop vers Mélinda.

« Enac !
- tais-toi ! Je suis pas l’Enac, je suis Mélinda ! »

Il se mit à rire et donna de son épée à la jeune arcaëllienne qui se défendit comme une lionne. Le combat fut épique et, se blessant mutuellement, aucun des deux ne parvenait à porter le coup fatal. Ayelline, dans le dos de l’adolescente, arma son arc. Elle visa la tête du général qui fut transpercée. La flèche avait tué le mzékils sur le coup. Mélinda remercia du regard l’elfe et retourna se battre. Un soldat, en voyant ses yeux, prit la fuite en hurlant :

« L’Enac est avec eux ! »

Il ne partit pas bien loin, étendant ses ailes, Mélinda s’envola et lui transperça le ventre de sa lame. Ayelline sur ses talons, elle savait qu’elle avait une bonne couverture. Bientôt, les troupes ennemies furent mises en déroute. Grâce aux mages utilisant Mez, les bateaux furent détruits. Les soldats n’avaient d’autre choix que de se rendre ou périr. Couverte de sang, majoritairement le sien, Mélinda s’écroula en plein milieu du champ de bataille. Ayelline s’approcha d’elle et essaya de trouver les plaies les plus ouvertes. L’elfe ne vit pas le soldat arriver dans son dos. Elle ressentit une vive douleur et cria. Baissant la tête, elle vit la pointe d’une lance dépasser de sa cage thoracique. On arracha l’arme de son corps et elle s’écroula, du sang coulait aux commissures de ses lèvres.

« Keira… Pardonnez-moi Majesté… Elle ferma les yeux, la respiration bien trop lente, J’ai échoué. »

Ne pouvant plus bouger, elle perdit la vie dans un souffle. Mélinda hurla de douleur et se releva tant bien que mal. Elle s’approcha de l’elfe et la secoua dans tous les sens en hurlant son prénom puis elle se mit à pleurer. Le lancier était toujours là et il murmura :

« A ton tour sale chienne ! »

Malgré son état de faiblesse, la rage lui redonna des forces. Sa meilleure amie était morte, elle ne pouvait permettre ce drame. Elle invoqua un ours de feu et des aigles de foudre. L’ours poussa un rugissement et s’attaqua au soldat et les aigles l’électrocutaient. Le pauvre xen aux ailes de fée roses, à la chevelure verte et aux yeux rouges hurla de douleur. L’adolescente écarta ses invocations, l’arcaëllien était roulé en boule au sol. L’épée de Mélinda s’abattit sur le coup noir du soldat.

Après des heures de tuerie, les Impériaux se rendirent sagement. Leurs généraux étaient tous morts. Eux, ils n’étaient que des pions. Un cri d’allégresse s’éleva du côté des Résistants. Mélinda, toujours près du corps sans vie d’Ayelline, pleurait. Une voix s’éleva doucement près de la jeune arcaëllienne.

« Ne me pleure pas, je t’en prie…
- Que vais-je devenir sans toi ? Sanglota Mélinda.
- Accomplir ton destin. Promets le moi.
- Je…. Je le jure. Le Dieu-Empereur paiera pour ses méfaits. Mais je ne gouvernerais pas, je ne suis pas une dirigeante mais une guerrière, comme toi. »

Il n’y eut pas de réponse, Ayelline était partie rejoindre Jurk et Gar’Haz. Mélinda s’écroula sur le corps sans vie de sa gardienne, pleurant à chaude larmes.

« Pourquoi ? Pourquoi ? POURQUOI ???? »

Des soigneurs s’approchèrent d’elle en disant qu’ils devaient s’en occuper. Mélinda refusa de quitter le corps froid d’Ayelline. Abby et les chefs durent faire preuve d’autorité pour que l’Enac accepte de se faire soigner convenablement.

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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:22

Chapitre XVI

Mélinda était assise sur une chaise dans la cuisine, le visage pâle et terne. Elle pensait à Ayelline qui avait rejoint l’autre monde, l’abandonnant à son triste sort. Les larmes lui montèrent aux yeux, elle enfouit son visage entre ses mains et pleura une fois de plus. Comment était-ce arrivé ? Si vite… Si injustement… Les sanglots soulevaient le corps de l’adolescente en proie à la tristesse ainsi qu’à la colère. C’était tellement injuste et égoïste de la part des Dieux d’avoir rappelé l’elfe. Elle n’était que dans la fleur de l’âge. Essuyant son visage maculé de larmes, elle se leva et alla dans la cours intérieure. Elle attrapa une épée en bois et se défoula sur un mannequin de paille, insultant tous les Dieux et, en particulier, Thaä. Le chagrin rongeait son cœur encore bien jeune. Sa rage n’avait d’égale en ce monde, elle en voulait à tout et tous. Personne n’avait rien fait pour sauver son amie. Elle donna un grand coup d’épée au bonhomme de paille et hurla sa colère. Les larmes, abondante, noyaient son visage. Malgré le froid ambiant de l’hiver, elle ne faisait pas attention à ses frissons.

Depuis sa chambre, Zack regardait son ennemie fracasser son épée contre le mannequin de paille. Il souriait de façon machiavélique. L’Enac était au plus faible, il pourrait aisément la tuer et, peut-être, s’amuser avec elle avant. Il faut avouer qu’il la trouvait jolie. Il se glisserait bien en elle avant de l’étrangler. Il entendit des bruits de pas venir vers la chambre et retourna dans son lit. On frappa deux coups secs à la porte.

« Entrez ! »

Abby poussa la porte et pénétra dans la chambre demandant à son fils comment il se sentait ce matin-là. Le Prince soupira et tira la couverture sur lui.

« Je vais bien, Mère. Mieux que l’Enac en tout cas.
- Oui, la perte de son amie l’a anéantie… Pauvre petite… »

Le mzékils fit un sourire faussement désolé et prit son petit-déjeuner sans le moindre mot. Hùlikcz venait lui rendre visite l’après-midi et l’informait sur la Résistance ainsi que Mélinda. Le petit espion semblait, cependant, avoir des remords à faire ce qu’il faisait. Mais Zack n’en avait que faire, l’elfin lui devait la vie. Abby quitta la chambre et s’en alla vaquer à ses occupations. Se retrouvant seul, le Prince se leva et retourna à la fenêtre épier Mélinda. La tahora était à genoux devant le mannequin, pleurant de plus belle. Les poings ancré dans la neige, elle se laissait aller à sa douleur. Zack avait interdiction de quitter sa chambre mais il avait envie de contrevenir à cet ordre pour aller voir l’Enac de plus près. Il regarda ses habits pliés sur une chaise et décida de s’habiller. Une fois fait, il ouvrit en toute discrétion la porte et dévala les escaliers menant en bas. Aussi discret qu’une souris, il alla dans la cours où Mélinda était assise par terre, recroquevillée sur elle-même. S’approchant à pas de velours, le Prince posa une main sur l’épaule de l’adolescente. Elle tourna un visage triste et en larme vers son ennemi et lui dit d’une voix lasse :

« Tu viens te repaître du spectacle ?
- Non, je viens pour que nous nous entrainions ensemble… Tu es une guerrière, tu ne devrais pas te laisser ainsi abattre. C’est dur de perdre quelqu’un mais c’est la loi des guerres. Allez, lèves-toi et montre-moi ce que tu as dans le ventre. »

Il lui jeta une épée en bois et en prit une pour lui. Se mettant en garde, il lui fit signe d’attaquer. L’Enac, un peu retournée, se leva et se prépara à jouer de l’épée avec le Prince. Elle lança une estocade que le jeune mzékils esquiva sans problème.

« Concentre-toi, nom des Dieux ! »

Elle essuya du revers de la main ses yeux gonflée par les pleurs et se mit en garde. Le Prince attaqua et elle para magnifiquement. Ils jouèrent ainsi de l’épée pendant quelques heures dans le froid hivernal. Mélinda en oublia presque la mort d’Ayelline. Elle devait continuer pour l’elfe et pour tous ces gens opprimés par le Dieu-Empereur. Elle devait être forte et déterminée. S’améliorer un peu plus. Apprendre de nouvelles choses. Abby arriva alors et engueula Zack, elle lui rappela que, pour sa sécurité, il ne devait pas sortir de sa chambre. La tahora jeta un œil à Mélinda et lui dit de rentrer aussi. Ainsi les deux ennemis pénétrèrent dans la demeure, la tête basse. Keira regarda Zack avec mépris et elle annonça à Mélinda :

« Kaï’Jad est dans la cuisine, elle veut te voir. »

L’adolescente hocha la tête et se rendit dans la salle de repas. L’aracnor, qui avait l’air furieuse, regarda l’Enac et inclina légèrement la tête. Elle invita Mélinda à s’asseoir et à l’écouter.

« Nous avons repoussé l’Empire pour cette fois mais avons perdu beaucoup d’arcaëlliens. Tu dois devenir plus forte et raller à notre cause plus de gens. C’est pourquoi nous t’avons trouvé des précepteurs dans l’art de la politique et de l’Histoire. Le combat c’est bien mais tu dois apprendre à communiquer correctement et connaître ton passé pour ériger le futur. Alors, à partir de demain, tes maîtres viendront ici pour quelques heures et t’enseigneront leur art. Je t’invite à être attentive. Elle se leva et ramassa son écharpe. Elle ajouta : Sois prudente avec Zack… Il est ton ennemi, ne l’oublie pas. »

Quittant la pièce, la chef d la Résistance laissa Mélinda à ses sombres pensées. Comment pouvait-elle croire que la politique l’intéressait ? La jeune tahora soupira et posa son front contre ses bras qui était sur la table. Elle ferma les yeux et essaya de se remémorer les gestes du Prince. Après tout, cela lui serait utile si elle devait le combattre. Mais… Elle le trouvait attirant et séduisant malgré le fait qu’il était sans doute aussi mesquin et mauvais que son père.

La nuit était tombée depuis deux heures. Assise sur le rebord de la fenêtre, le regard fixé sur les étoiles, Mélinda réfléchissait. Ayelline était morte mais pas elle. Il devait y avoir une raison à cela. Peut-être était-elle réellement destinée à sauver le monde du joug de Morloc. Un soupir souleva sa poitrine. Elle ne voulait pas être cette maudite Elue des Dieux. Elle pesta contre Thaä qui l'avait choisit quand soudain une voix s’éleva derrière elle.

« Eh bien, Mélinda, tu doutes de moi ? »

L’adolescente se retourna et se retrouva face à une arcaëllienne aux cheveux noirs et blancs et aux yeux gris. Elle avait une aile noire et une blanche. Comprenant que c’était Thaä, elle s’agenouilla. La divinité eut un petit rire cristallin et doux.

« Tu doutes de mon choix, fille des Dieux ?
- Je… C’est que….
- Allons, allons… Tu passes ton temps à nous insulter. Sais-tu que nous en avons maudit pour moins que ça ?
- Désolée… La mort d’Ayelline… La mort de mes parents…
- Cela te fait grandir, c’est tout. La mort fait partie du cycle de la vie. Elle est inéluctable. Mais, si tu veux les rejoindre… Se déplaçant à une vitesse fulgurante, Thaä se retrouva devant Mélinda, la tenant à la gorge. Ça peut s’arranger… Même si ta mort n’est pas encore dans nos dessins. Alors, fillette, acceptes-tu ton destin ?
- Je… Ai-je le choix ?
- On a toujours le choix jeune fille. Répondit Thaä en lâchant le cou de la tahora. Keira avait le choix d’abandonner ou de se battre. Elle a choisi de mourir en donnant la vie à ses jumeaux. Une grande perte, j’avoue. Mais c’était son choix.
- Alors… Je peux ne pas être l’Enac ?
- Non mais tu peux ne pas accomplir ton destin et laisser le monde être détruit par mes soins. Si tu abandonnes, je détruirais toute vie en ce monde pour en construire un autre. Que dis-tu d’une pluie de feu ? Ce serait joli ! »

Mélinda baissa la tête. Si elle refusait d’accomplir sa destinée, Thaä prévoyait d’anéantir la vie. Elle n’avait pas le choix contrairement aux dire de la Divinité. La Déesse disparut dans un nuage de fumée bleue. Toujours à genoux, se massant la gorge, l’Enac finit par se lever et aller se coucher. Elle accomplirait cette stupide prophétie mais jamais elle n’accepterait la couronne.

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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:22

Chapitre XVII

Les mois passaient et s’écoulaient au rythme du temps. Les beaux jours étaient revenus mais la peine de Mélinda ne diminuait pas. Ayelline lui manquait. Cependant elle avait le sentiment de s’être fait un nouvel allié en Zack. Ce dernier passait beaucoup de temps avec la tahora à faire des exercices d’épéiste. Entre ses cours de politique et d’Histoire, un peu de détente en combattant n’était que bienvenue pour l’Enac. L’adolescente avait également le droit de sortir en compagnie de Keira dans les rues d’Hytraz. Elle en profitait pour chercher ses frères et sa sœur. Mais elle faisait choux blanc. Elle se demandait où était passé ses cadets et s’ils allaient bien. Elle espéra qu’ils n’aient pas été faits esclaves.

Pendant ce temps, Morloc se faisait du sang noir. Il savait que la tahora prenait en puissance et lui, il était là à l’attendre. Alors qu’un de ses conseillers lui faisait part d’un plan, il se leva et quitta la salle du trône, plus furieux que jamais. Des têtes allaient tomber. Le Dieu-Empereur alpaga une esclave et lui intima de le suivre. La pauvre bougresse, apeurée, obéit laissant son travail de côté. Le mzékils l’observa de ses yeux rouges et lui ordonna de le déshabiller puis de se dévêtir. A contre cœur, la jeune tahora s’exécuta. Morloc attrapa la jeune esclave par les épaules et la lança sur le lit à baldaquins. La pauvre petite se mit à pleurer suppliant son souverain de ne pas lui faire de mal. Le Dieu-Empereur se mit à rire et déclara :

« Tu m’appartiens tout comme ta vie. »

Il se jeta sur elle et sans plus de cérémonie il enfonça son pénis entre les jambes de la pauvre tahora qui hurla de douleur. Lui prenait du plaisir mais pour la tahora de quinze ans c’était pire que tout. Elle sentait le sang couler de sa fleur mais cela n’empêchait pas Morloc de la prendre avec une violence inouïe. Les mains du souverain d’Arcaëlle se fermèrent sur le cou de la petite qui couina de surprise et de peur.

« Voilà ce que subira l’Enac quand j’aurais mis la main dessus ! »

Déclara-t-il en resserrant son étreinte. La tahora se débattit un moment puis, ses yeux sans vie se fixèrent sur le visage de son meurtrier. Morloc continua à faire des va et vient avant de se retirer et d’aller mettre ses vêtement.

Zack regardait Mélinda à travers la fenêtre de sa chambre. Kaï’Jad était en train de lui faire la morale. Il n’entendait pas ce que disait l’aracnor mais il sentait qu’elle n’était pas contente. Hùlikcz était dans la chambre du Prince et lui demanda :

« Tu l’aime ?
- Qui ?
- Mélinda pardi…
- C’est mon ennemie de sang, comment pourrais-je l’aimer ?
- T’énerve pas, c’était juste une question… Mais des fois j’ai ce sentiment que tu la veux…
- Tu es stupide. La seule chose que je désire c’est sa mort ! »

L’elfin ne dit plus rien et se contenta de boire le thé qu’Abby leur avait apporté. Le Prince se mentait à lui-même. Il désirait plus que tout s’allonger près de Mélinda et lui faire l’amour jusqu’à ce qu’elle perde la raison. Mais elle, elle ce n’était qu’une guerrière.

« Tu as entendu parler de ce groupuscule qui monte en puissance ?
- Hm ?
- Les Hayert’Vaäl. Ils considèrent Özan comme le seul Dieu valable.
- Ceux sont des fous alors. Je m’inquiète plus des lykosims, ces foutus démocrates. Ils veulent renverser les choses et faire de l’Empire une grande Damert’Ban. Une espèce de démocratie où tout un chacun aura son mot à dire… Cela fait peur. Comme si le peuple pouvait décider ce qui est bon pour lui ! »

Hùlikcz ne dit rien, il trouvait la Damert’Ban intéressante. Le peuple serait peut-être moins opprimé… Comment savoir que quelque chose est mauvais sans l’avoir testé avant ? Le jeune elfin soupira et garda le silence. Zack quitta la fenêtre, Kaï’Jad était partie.

« Tu vas où, Zack ?
- M’entraîner ! »

Il avait beau être reconnu comme un prisonnier de guerre, il se voyait plus comme un invité forcé. Une fois dans la cours, qui était joliment fleurie de rose de toutes les couleurs, il regarda Mélinda et lui proposa, malgré la sombre mine de la tahora, de s’entraîner. Elle accepta de bon cœur, voyant là un moyen de se défouler. Elle attrapa les épées de bois et en jeta une à Zack qui la réceptionna sans mal. Ils se mirent en garde et le combat commença. L’Enac voyait en Zack un pair. Il était tous les deux de bons combattants et commençait à connaître les faiblesses de l’autre. Parfois leur entrainement se passait dans les airs. Zack était un très bon épéiste, Mélinda voyait bien qu’il avait eu les meilleurs professeurs dans ce domaine. La seule chose qui la dérangeait, c’est lorsqu’elle le regardait dans les yeux. Elle y lisait une passion naissante. Mais pour elle, il était toujours son ennemi de sang. Même s’ils partageaient la même ancêtre.

Mélinda était dans sa chambre, assise sur le rebord de la fenêtre, comme la nuit où Thaä était venu lui annoncer la fin du monde imminente. Elle regardait le ciel dégagé où la lune ronde brillait de mille feux. On frappa alors à sa porte.

« Entrez ! »

Cria-t-elle. Dans l’ouverture de la porte se trouvait Zack. Il la regardait avec envie et désir. Elle lui demanda ce qu’il voulait.

« Je te veux toi…
- On est ennemi, Zack.
- Le sort en a peut-être décidé ainsi, mais mon cœur me parle de toi à chaque seconde.
- Va-t-en…
- Non, je te veux. De gré ou de force je t’aurais.
- Tu es fou…
- Fou de toi, oui.
- Fiche le camp ! D’un bond, elle s’était levée.
- Partage ta couche avec moi… Murmura Zack en s’approchant de Mélinda.
- Dégage ! »

Il l’enlaça et embrassa son cou puis remonta vers les lèvres fines de la tahora. Cette dernière essaya d’échapper à l’étreinte du Prince mais n’y parvint pas. Elle s’abandonna à lui dans un baiser passionné. Doucement, ils se dirigèrent vers le lit ôtant les vêtements de l’autre. Le jeune mzékils allongea la jeune tahora. Ils étaient aussi nus que des nourrissons venant de naître. Il effleura le corps de Mélinda du bout de ses lèvres faisant frissonner de plaisir cette dernière. La nuit fut torride et pleine de douceur. Zack susurrait de tendres mots à Mélinda qui lui mordillait le lobe de l’oreille droite. Ils finirent par s’endormir l’un contre l’autre. Etait-ce le début d’une idylle ?

Le lendemain matin, Abby poussa un petit cri de souris en les voyant lovés l’un contre l’autre dans le lit de Mélinda. Elle quitta la chambre, quelque peu gênée. L’Enac se leva et ramassa ses vêtements alors que Zack lui demandait de rester dans le lit.

« On a fait une connerie, Zack. On ne devrait pas s’unir ainsi. Je dois… Je dois tuer ton père.
- Et alors ?
- Alors, ça fait de nous des ennemis.
- Non, au contraire. Je hais mon père, c’est un monstre !
- Zack…
- Ecoutes, Mélinda, nous pouvons devenir les meilleurs souverains qu’Arcaëlle est connu. Meilleurs que Keira !
- Tu dis n’importe quoi….
- Absolument pas ! »

Elle quitta la pièce alors que Zack s’habillait et la suivait dans le couloir. Il attrapa sa main et l’obligea à se retourner et là, il l’embrassa. Le repoussant, l’Enac partit vers la cuisine.

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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:23

Chapitre XVIII

La guerre approchait doucement mais sûrement. Les troupes de l’Empire se préparaient tout comme celles de la Résistance. Mélinda redoublait d’efforts dans ses apprentissages divers et variés. Elle était devenue plus qu’un simple fanion que les Résistants agitaient pour effrayer Morloc. Elle avait sa place au conseil de guerre et se montrait très mature. Depuis son aventure avec Zack, elle évitait le jeune arcaëllien autant que possible, elle ne voulait pas lui donner de faux espoirs. Mais le Prince s’accrochait, attendant Mélinda au moindre coin de la demeure d’Abby. Il lui proposait des entrainements, de discuter et de faire connaissance. L’Enac l’envoyait promener à chaque fois. Mais Zack continuait d’espérer.

Le temps passa et l’heure approchait, Mélinda s’était remise de la mort d’Ayelline même si l’elfe lui manquait. Assise sur le banc dans la cour, elle regardait les fleurs. Zack s’approcha d’elle et lui demanda s’il pouvait s’asseoir près d’elle. Elle lui fit un signe de la main pour dire qu’il le pouvait et le jeune arcaëllien prit place. Il avait la mine morose et pâle. L’adolescente lui sourit timidement et lui demanda ce qu’il avait, ce à quoi le Prince répondit :

« Je vais me battre à tes côtés, contre mon propre père… Je vis un cruel dilemme. Je ne sais plus où donner de la tête, et… Et c’est compliqué de ne pas savoir si ce que l’on fait est juste. J’ai grandi dans un palais pendant que tu t’entraînais dès le plus jeune âge. Je ne sais pas si je suis digne de servir près de toi…
- Dis pas de connerie, Zack. C’est honorable ton revirement de situation. Tu aurais pu me tuer et rendre hommage à ton père plus d’une fois et au lieu de ça tu as….. Enfin bref… Tu vois quoi. Je t’aime bien tu sais mais nous sommes trop différents. Toi tu es un Prince et moi une simple guerrière née pour tuer le Dieu-Empereur qui est ton père. Comment pourrais-je te regarder après avoir fait ça ?
- Je comprends… Mais…
- Tu veux qu’on s’entraine ? »

Le Prince se leva et alla chercher les épées en bois. Il en jeta une à Mélinda et se mit en position de combat. Il souriait de toutes ses dents, heureux de pouvoir s’amuser un peu avec sa camarade d’armes. Même si ses sentiments étaient là, il ne pouvait aller contre Mélinda. Ses arguments étaient bien trop justes. Ils s’entrainèrent pendant plusieurs heures jusqu’à ce qu’ils n’y voient plus rien. Déposant leurs armes factices, ils se rendirent à la salle à manger où Abby était déjà. Elle avait la mine sombre et le regard terne.

« Mère, que se passe-t-il ?
- Keira a fugué… Elle est partie, très certainement, pour Kaïl…
- Depuis combien de temps est-elle partie ?
- je…. Je ne sais pas Zack. »

Abby se mit à pleurer sourdement. Sa petite fille d’à peine vingt ans allait se faire tuer si elle était capturée. Mélinda, incapable de parler, s’assit sur une chaise et regarda la tahora pleurer les larmes de son corps. Le corps d’Abby était parcouru par des soubresauts douloureux.

« Demain je vais voir le conseil, il est temps de lancer une offensive ! »
Déclara Mélinda, sûre d’elle. Abby releva sa tête qui était enfouit entre ses mains et eut l’air choquée. Lancer l’offensive maintenant ? Elle hocha la tête, approuvant la décision de la jeune tahora. Le repas fut pris dans un silence incroyable et tous allèrent au lit sans un mot. Le lendemain, Mélinda se leva aux aurores et sortit de l’habitation d’Abby seule. Elle prit la direction du quartier général de la Résistance et demanda une audience qui lui fut accordé quelques heures plus tard. Le conseil, représenté par cinq arcaëlliens d’âge mûr, était assis autour d’une table ronde. Mélinda se leva et déclara d’une voix assurée :

« Nous devons prendre les armes avant que Morloc soit prêt. Je propose que dans moins de trois jours les bateaux soient affrétés et prêts à partir. Nous embarquerons toutes personnes capables de se battre et de tenir une épée. Il en va de notre survie. Qu’en pensez-vous ?
- Cela me semble judicieux. Répondit un tahora du nom d’Hikare Sal’Han. Nous allons organiser cela.
- Je serais en tête du bataillon, Ajouta Mélinda.
- Comme tu le désire. Cependant, il faudra être prudent. J’ai entendu parler d’un groupe, les Hayert’Vaäl, ceux sont des adorateurs d’Özan sous les ordres d’un grand prêtre nommé Thäos, ils profiteront sûrement de l’anarchie dû à la guerre pour tenter de prendre le pouvoir. Il faudrait détacher un groupe pour les repousser.
- Faites donc ça. Kaï’Jad, je te veux avec moi.
- Bien. Je serais ton bras armé. Répondit l’aracnor.
- Parfait. Je clos cette réunion. »

Elle quitta la pièce d’une démarche assurée et fière. Elle avait déclenchée la machine, la guerre allait avoir lieu et elle devrait tuer le Dieu-Empereur.

Trois jours passèrent et bientôt, Mélinda et ses alliés embarquèrent sur un navire de grande taille. Le commandant, un mzékils aux cheveux rouges et aux yeux bleus du nom d’Antadennë, leur indiqua leur cabine. Mélinda partageait la sienne avec Kaï’Jad. Elle put remarquer que l’aracnor dormait peu, tout comme elle. Elles eurent donc de longues discutions pendant le voyage jusqu’à Alzbey, la capitale de l’Empire qui se trouvait sur le continent de Kaïl. Par chance, ils ne furent pas attaqués en mer. Pas même par des monstres marins. A croire que May’Veal, la Déesse des mers et océans, veillait sur eux.

Lorsqu’ils furent non loin des côtes de Kaïl, les bateaux s’arrêtèrent. Ils devaient attendre la nuit pour lancer l’offensive. Par chance, l’obscurité était totale car il n’y avait pas de lune ce soir-là. Les navires reprirent leur navigation vers le port principal. Ils amarrèrent en déployant des fanions marchands pour ne pas attirer l’attention des gardes. Les troupes étaient cachées dans les cales attendant le signal leur disant de lancer l’offensive. Les Dieux devaient veiller sur eux car personne ne vint inspecter les embarcations.

Lorsque minuit sonna, les soldats de la Résistance se déployèrent en silence. Ils se firent aussi discrets que possible, tuant rapidement les soldats qui pouvaient leur faire front. Le calme était tombé sur la ville et seuls les bruits de botte des Résistants brisaient cette paix. Les Dieux devait être avec eux car ils ne rencontrèrent aucune brigade jusqu’au palais. Du moins ils pensaient qu’il allait réussir sans avoir de résistance. Mais ils se trompaient. Les troupes étaient là, encerclant le Palais Impérial. Le Dieu-Empereur s’était assuré une sécurité nuit et jour depuis des semaines voir des mois. Il n’y avait que le minimum de soldats dans la ville soit une soixantaine par contre, devant les remparts, il semblait être des milliers. Mélinda, sur son cheval, déglutit avec difficulté. Ça n’allait pas être aisé d’arriver à tuer Morloc avec toutes ces personnes en arme.

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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:23

Chapitre XIX

Mélinda avait le cœur qui battait à tout rompre, elle avait les mains moite et commençait à s’inquiétait. Les soldats de l’Empire étaient plus nombreux que ceux de la Résistance. Tout le monde s’était stoppé net en voyant les troupes Impérial prête à défendre corps et âme leur souverain. L’Enac soupira et se tourna vers Kaï’Jad lui demandant du regard ce qu’ils devaient faire. L’aracnor sembla réfléchir puis sauta au bas de sa selle et se transforma en une araignée de deux mètres de diamètres de couleur noire avec de longues pattes fines mais puissantes. Il fallait sonner la charge. Levant le poing, l’adolescente poussa un cri digne des meilleurs guerriers d’antan. Il y eut un écho dans les troupes et les soldats se mirent à courir vers les gardes de l’Empire qui ne bougèrent pas d’un poil. Une nuée de flèches fut tirée depuis le mur d’enceinte du palais, quelques Résistants furent tuer et beaucoup furent blessés plus ou moins grièvement. Mais, plein d’espoir, ils continuèrent à se ruer sur le palais. Bientôt les boucliers se heurtèrent à ceux des soldats de l’Empire et les épées s’entrechoquèrent. La jeune tahora aux yeux vairons était aussi furieuse qu’une lionne défendant ses petits. Elle se battait hardiment comme si le sort du monde en dépendait, ce qui était le cas. Beaucoup périr dans les deux camps jusqu’à l’arrivée du Dieu-Empereur en personne. Il était debout sur l’une des tours, les ailes étendues. Il cria alors :

« Enac, viens à moi et tes petits camarades vivrons et je ne leur tiendrais pas rigueur de leur acte déloyal. Refuse de me rejoindre et vous mourrez tous dans des souffrances telles que vous souhaiterez ne jamais avoir vu le jour. Mes troupes vont se retirer le temps que tu réfléchisses. Je te laisse dix minutes pour faire ton choix. Deviens mon esclave ou vois tes amis disparaitre ! »

Il replia ses ailes, ajusta sa couronne et s’en alla. Les soldats du Dieu-Empereur rentrèrent dans la cour du palais, laissant les Résistants soigner leurs blessés et pleurer leurs morts. Kaï’Jad repris forme arcaëllienne et on lui apporta des vêtements. Sur les rues pavées il y avait du sang, des membres coupés et des têtes. Il devait rester trois-cent personnes de la Résistance tout au plus. Mélinda avait la tête basse, trop était morts pour elle à commencer par ses parents. Une larme perla de son œil bleu, elle l’essuya avec rage. Elle ne devait pas flancher, pas maintenant, pas si près du but. L’aracnor et chef de la Résistance s’approcha d’elle et lui posa une main sur l’épaule gauche.

« Que comptes-tu faire ?
- Je… Je vais me rendre. Je… Je ne… Je ne veux plus de mort pour moi ! »

Kaï’Jad baissa la tête, elle savait que la gamine était butée et que lorsqu’elle avait une idée en tête, rien ne pouvait l’arrêter. Les Résistants encore valide formèrent un cercle autour de Mélinda, attendant ses ordres. La jeune arcaëllienne aux ailes blanches releva la tête et dit :

« Le livre de la vie qui est écrit pour nous par les Dieux est incertain. Ce soir, vous avez vaillamment combattu. Je suis fière de vous compter parmi mes amis. Mais… Mais je dois me livrer afin de vous sauver. Il y eut des murmures mécontents, Ne soyez pas triste, là est mon destin et que Gar’Haz m’en soit témoin, je mourrais avec honneur s’il en a décidé ainsi. Je ne suis pas une grande bavarde mais ce soir j’aimerais adresser une prière pour nos sœurs et frères morts au combat. Que Jurk, épouse de Gar’Haz, leur tienne la main jusqu’à l’Autre Rive. Qu’ils rejoignent le cercle de Ge-Ban comme guerriers farouches et hardis. Que les Dieux aient pitié de nous et nous gardent du malheur. Maintenant, si vous le voulez bien, je vais aller voir Morloc et lui botter le cul ! »

Il y eut une ovation assourdissante. Mélinda se dirigea vers la grande porte menant au palais sous les hourras de ses gens. Deux gardes Impériaux l’attendaient, arme en main. Ils lui confisquèrent son épée et ses dagues. Puis, dans un silence lugubre, l’Elue des Dieux fut conduite vers la salle du trône où Morloc l’attendait. Elle marcha d’un pas fière et sûr. Même sans arme, elle pouvait le vaincre, s’était là son destin. Et si les Divinités l’abandonnaient maintenant, alors le monde courrait à sa perte. Les trois arcaëlliens arrivèrent dans une vaste salle où, au fond, trônait le siège Impérial. Dessus était assis Morloc l’œil hagard et mauvais. Il sourit de façon sournoise en voyant l’adolescente et dit :

« Alors, c’est toi qui doit m’effrayer et me vaincre ? Ha ha ! Une enfant ? Tu n’es même pas adulte, t’as même pas de seins ! Mais… Je me ferais une joie de te dépuceler. Est-ce un frisson qui vient de te parcourir ? Haha ! Approche mon enfant ! Jure-moi fidélité et tous tes petits camarades ne périront pas en vain ! Comprends-tu ?
- Je comprends mais ne me soumettrais pas. Je suis l’Elue des Dieux, la guerrière du peuple ! Et… Elle étendit le bras droit, brandissant le poing, Tu vas mourir ! »

Rapide comme m’éclair, elle parvint à faire tomber le garde qui tenait son épée et elle la récupéra. Morloc, furieux, se leva et dégaina son arme. Pestant contre l’Enac, il descendit les trois marches menant à son trône. Ils tournèrent un moment, s’épiant, se jaugeant. Puis, lançant la première attaque, Mélinda bondit sur Morloc. Le Dieu-Empereur esquiva l’attaque d’un mouvement ample, ils se retrouvèrent dos à dos. Se retourna avec rapidité, la tahora se jeta une fois encore sur son ainé et ennemi. Ce dernier se mit à rire en esquivant à nouveau et abattit le plat de son épée sur les fesses de Mélinda.

« Tu n’es pas très douée pour une guerrière.
- Je ne fais que m’échauffer ! »

Elle tendit la main vers le plafond et une myriade d’éclair s’abattirent dans la salle touchant toutes personnes présente sauf Mélinda. Certains furent tués sur le coup mais pas le Dieu-Empereur qui avait brandit son bouclier au-dessus de sa tête. Un bouclier absorbant le fluide. Un vieil artéfact qu’on lui avait offert. Pestant, l’adolescente laissa tomber son bras le long de son corps. La magie serait inefficace contre lui. Elle l’avait compris. Souriant de façon malsaine, le Dieu-Empereur attaqua Mélinda qui para de justesse le coup d’épée destiné à son flanc gauche. Elle repoussa le mzékils dont les ailes noires battaient l’air. S’en suivit un combat épique où chacun donna et reçu des coups. Bientôt, Morloc fut acculé contre un mur sans bouclier et sans épée. Mélinda était dans un piteux état, son arcade droite était ouverte, son flanc gauche saignait abondamment et elle avait de nombreuses entailles sur tout le corps. Elle prit du recul, préparant son épée et l’enfonça au plus profond du ventre du Dieu-Empereur. L’arme ressortie dans le dos du souverain. Ecarquillant les yeux, il posa ses mains sur les épaules de Mélinda.

« Co… Comment ?
- Je suis l’Enac, celle qui sauve le monde de ton joug partial et injuste ! Je suis la guerrière du peuple. L’Elue des Dieux ! Et toi, tu meurs ici et maintenant. »

Glissant contre la paroi murale, Morloc s’écroula, du sang aux commissures des lèvres.
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Message(#) Sujet: Re: Arcaëlle (flood on) Mar 2 Aoû - 7:24

Chapitre XX

Le Dieu-Empereur se vidait de son sang petit à petit, tuant du regard l’Enac qui était à genoux près de lui. Elle était essoufflée et à bout de force. Elle remarqua alors qu’il y avait un grand vacarme dans les couloirs. Elle tenta de se lever mais échoua lamentablement, ses jambe était trop fatiguée pour la porter. Morloc émit un gargouillis, essayant sûrement de parler. Tournant la tête vers lui, elle le vis fermer les yeux à intervalles régulières. Sa respiration était saccadée et l’épée dépassait de son abdomen. Il fallait qu’elle l’achève et maintenant. L’adolescente se traina jusqu’à son ennemi et posa ses mains sur le cou épais du vil souverain. Elle commença à le stranguler pendant qu’il bougeait uniquement les jambes. Les yeux du maître d’Arcaëlle se révulsèrent au bout de quelques minutes. Puis il cessa de respirer. Cette fois son compte était bon, il était mort. Mélinda pria Gar’Haz, le Dieu des Enfers, de ne pas lui ouvrir les portes de son Royaume. C’est alors qu’elle sentie une présence dans son dos. Elle se retourna et se retrouva face à un être aux ailes disparates. Une blanche et une noire. Mélinda sue immédiatement que c’était Thaä, elle inclina la tête et ferma les yeux. La Divinité s’approcha du corps sans vie de Morloc et dit :
« Tu as accompli une partie de ma volonté. Maintenant, monte sur le trône et dirige Arcaëlle avec sagesse et bienveillance. Je te surveillerais.
- Je ne veux pas être Impératrice… Je…
- Tu es née pour ça, enfant élue des Dieux. Maintenant, fais-toi soigner et annonce la bonne nouvelle au peuple. »

Thaä disparut dans une volute de fumée bleue. Mélinda se laissa aller en arrière et s’assit. Une nuée de Résistants entrèrent dans la salle du trône et se figèrent sur place. Il y eut des murmures puis des hourras et des ovations. L’Enac avait vaincue leur tyran. Bientôt la nouvelle se répandit dans les rangs et il y eut des cris de soulagements. Une guérisseuse, Serena Hïtuelle, s’approcha de Mélinda et s’accroupit à côté d’elle. Elle observa en silence les blessures de la guerrière et commença à la soigner avec douceur. Serena était une vieille elfe de trois-cent-deux ans. Elle maîtrisait parfaitement le fluide aän, la magie du soin. Après quelques instants, l’Elue des Dieux se sentit bien mieux, certaine de ses plaies était trop profonde pour ne subir qu’aän. L’elfe sortit donc de quoi la recoudre. Kaï’Jad s’était approché de la dépouille de Morloc et la touchait du bout du pied pour vérifier qu’il était bel et bien mort. Une fois sûre d’elle, elle se tourna vers Mélinda et lui dit d’une voix fière :

« Beau boulot !
- J’ai tué quelqu’un, je ne vois pas en quoi c’est beau… Répliqua-t-elle amèrement.
- C’était un monstre, tu n’as fait que ton devoir. Tu as accomplie ton destin. Maintenant, il faut te mettre au pouvoir.
- Je ne veux pas du pouvoir. Mettez Zack. Il a été éduqué dans cette optique, non ?
- Oui mais… C’est un Mzékils’Han. Il faut une Tahora’Han sur le trône, comme ça aurait dû le rester il y a un peu plus de deux-cent ans.
- Je ne me sens pas l’âme d’une dirigeante…
- Cela viendra avec le temps, et tu ne seras pas seule, il y aura les conseillers.
- Les cinq chefs de la Résistance je paris.
- Tu y vois une objection, Altesse ?
- Non… Et ne m’appelle pas altesse ! »

Kaï’Jad se mit à rire doucement. Elle pensa que Mélinda se ferait une raison sur son destin. La salle du trône fut évacuée et les survivants de l’Empire furent faits prisonniers. Notamment les dix conseillers de Morloc. Les esclaves furent libérés et les soldats Impériaux rendirent les armes. C’était fini. Kaï’Jad envoya des mécènes à travers tout Arcaëlle pour annoncer la mort de Morloc et le début du règne de Mélinda Tahora’Han.

Six mois était passés depuis la mort de Morloc, personne n’avait revu le Prince Zack et son ami. Ils avaient tout bonnement disparu. Mélinda était dans une des chambres du palais avec Abby. Cette dernière ajustait la robe que portait la nouvelle souveraine de l’Empire. La robe était finement ouvragée et était en soie rouge. Malgré les mètres de tissus, la jeune guerrière se sentait aussi nue qu’un bébé venant de naître. Elle devait se présenter au peuple le matin même et l’après-midi il y aurait des festivités. Mélinda soupira, elle ne se sentait toujours pas prête à régner sur le monde d’Arcaëlle même si elle avait la bénédiction des Dieux et du peuple. Les grands de ce monde s’étaient presque tous rangé à son côté. Ceux qui s’étaient farouchement opposé à son règne était en prison.

« Et voilà, tu es toute belle, Majesté. Murmura Abby avec émotion.
- Je voudrais qu’Ayelline soit là… Ainsi que Zack.
- L’aimes-tu ?
- J’aime sa compagnie.
- On le retrouvera, ne t’en fais pas. Maintenant il faut y aller. »

Descendant de l’estrade où elle était, Mélinda marcha lentement dans les couloirs. Elle avait bien plus peur que lors de ses multiples batailles. Elle avait connu l’arène, vu périr ses parents. Et tout cela lui semblait bien loin. Aujourd’hui elle avait vingt-deux ans et était bientôt couronnée Impératrice. Elle arriva au bas des marches et tous s’inclinèrent sur son passage. Elle n’aimait pas ces manières. Elle songea qu’elle s’y habituerait sûrement. Ils traversèrent la cour intérieure pour aller au temple qui se trouvait là. Un temple de Thaä. Il y avait une myriade d’arcaëlliens présents pour sa nomination au poste d’Impératrice. Les gens essayaient de la toucher mais ses gardes du corps les repoussaient avec douceur. Elle entendit une fillette crier :

« Vous êtes mon héroïne, Enac ! »

Cela la fit sourire doucement. Enac… Elle serait à jamais celle qui a été élue par les Dieux. Cela ne la dérangeait plus autant qu’avant. Elle arriva devant l’entrée du temple et pénétra dans ce dernier. Une Haute Prêtresse et un Haut Prêtre étaient près de l’autel. Mélinda s’agenouilla devant, le cœur battant la chamade.

« Mes sœurs, mes frères. Entonna la Prêtresse, Nous sommes ici pour donner tout pouvoirs sur le monde à l’Enac, Mélinda Tahora’Han. Elle sera le soleil de nos vies et la lune de nos nuits. Altesse, acceptez-vous la responsabilité qui vous incombe ?
- Je l’accepte et l’honorerais.
- Vous êtes désormais la mère de tout Arcaëlle. Enonça la Haute Prêtresse en déposant la couronne sur la tête de Mélinda. Que votre vie soit longue et belle. »

Mélinda se releva sous des ovations et des cris de joie. Elle salua le peuple et les hauts dignitaires présents.

Le bal se déroulait dans une gaieté ambiante, les conversations allaient bon train. Mélinda était assise sur le trône. Elle était désormais la souveraine d’Arcaëlle. L’unique maîtresse du Monde. Au-dessus d’elle il n’y avait que les Dieux. Un oiseau de mille et une couleurs vint se poser sur son épaule et chanta trois notes joyeuses avant de disparaitre dans un nuage bleu. Thaä était venu la bénir en personne.

Assise sur le bord de son lit en sous-vêtement, Mélinda souriait. Elle était maintenant l’Impératrice et cela était une lourde charge. Elle se jura de libérer tous les opprimés et de baisser les taxes. Ses cinq conseillers, les anciens chefs de la Résistance, était son soutien. Elle s’allongea, ferma les yeux et s’endormie. Demain commencerait sa régence.

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